Novembre 6, 2020
Par Attaque
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Round Robin / vendredi 30 octobre 2020

Ces temps-ci, nous assistons Ă  un durcissement de la rĂ©pression, favorisĂ© par l’urgence sanitaire liĂ©e au Covid-19, et par consĂ©quence Ă  une attaque contre toutes les formes de conflictualitĂ©, dont le mouvement anarchiste. Des centaines de compagnons et de compagnonnes passent et passeront bientĂŽt en procĂšs, Ă  la suite de plusieurs opĂ©rations rĂ©pressives, menĂ©es par diffĂ©rents Parquets : Scripta Manent, Panico, Ritrovo, Bialystok, Lince, Renata, Prometeo, procĂšs pour les faits du Brennero, procĂšs pour l’attaque de la Lega de TrĂ©vise.

On dirait que ce sont la Confindustria [le Medef italien ; NdAtt.], la direction de l’antiterrorisme et de l’anti-mafia qui gouvernent, lorsque l’État se focalise sur l’effacement de la pratique de l’action directe et mĂȘme de la pensĂ©e subversive. Du coup, faire le lien entre les Ă©pidĂ©mies et le pillage capitaliste de la planĂšte devient une prĂ©misse du « terrorisme Â», et toute forme de mobilisation peut devenir une « association de malfaiteurs ». Quand le conflit prend la force de la rĂ©volte (comme cela est arrivĂ© en mars, dans les prisons) la rĂ©ponse de l’État rappelle l’époque de Dalla Chiesa* : descentes de matons et Carabinieri armĂ©s, tabassages systĂ©matiques et un vrai massacre, avec la mort de 15 prisonniers.

L’Administration PĂ©nitentiaire disperse et isole les rĂ©volutionnaires et les rebelles dans les diffĂ©rents cercles du systĂšme carcĂ©ral, empĂȘche tout contact avec l’extĂ©rieur, ainsi que la prĂ©sence en personne des inculpĂ©s aux procĂšs, par la visioconfĂ©rence. Mais, en plus, elle Ă©tend Ă  tous les prisonniers certaines mĂ©thodes carcĂ©rales qui sont caractĂ©ristiques du rĂ©gime 41bis**, surtout la rĂ©duction des parloirs, effectuĂ©s avec des sĂ©parateurs en plexiglas, la censure du courrier, les cellules fermĂ©es. De leur cĂŽtĂ©, les diffĂ©rents Parquets reconstituent l’histoire du mouvement anarchiste en faisant la diffĂ©rence entre des pratiques rĂ©volutionnaires « acceptables Â» et d’autres « terroristes Â».

C’est la faiblesse des luttes qui fait la force de la domination. Un systĂšme qui ne produit rien d’autre que des catastrophes sociales, Ă©conomiques et environnementales, se fonde sur la peur et utilise, chaque jour un peu plus, un langage de guerre.

Nous proposons donc deux semaines de mobilisation, du 9 au 24 novembre.

En solidarité avec les compagnons et les compagnonnes qui passent en procÚs.
Contre la diffĂ©rentiation et l’isolement carcĂ©ral.
Pour se souvenir des morts dans les prisons.
Pour répondre aux nouveaux confinements et au couvre-feu.

Pour que le flambeau de la rĂ©volte ne s’éteigne jamais et que de nouvelles mains soient toujours prĂȘtes Ă  le saisir. Dans une Ă©poque incertaine, pour nous, mais aussi pour les patrons, la seule certitude est que rĂ©sister et contre-attaquer est quelque chose de juste.

Des anarchistes

9 – 24 novembre.
Deux semaine de mobilisation en solidarité avec les anarchistes qui passent en procÚs.
Contre la prison.
Pour la libĂ©ration de tou.te.s les prisonnier.e.s !

Notes d’Attaque :
* Carlo Alberto Dalla Chiesa, gĂ©nĂ©ral des Carabinieri, a eu un rĂŽle central dans la guerre menĂ©e par l’État contre les groupes rĂ©volutionnaires armĂ©s, dans les annĂ©es 70, par exemple avec le recours Ă  la torture, Ă  un circuit pĂ©nitentiaire spĂ©cial et Ă  l’utilisation des repentis.
** RĂ©gime carcĂ©ral « spĂ©cial », caractĂ©risĂ© par une trĂšs haute surveillance ; il a Ă©tĂ© crĂ©e par l’État dans les annĂ©es 90, dans sa guerre contre les mafias et puis Ă©largi au « terrorisme », c.a.d. aux groupes rĂ©volutionnaires. Le/la prisonnier.e reste dans sa cellule, seul.e, pendant 22 heures, peut voir au maximum deux personnes lors de la promenade, les parloirs se font avec une vitre de sĂ©paration, la censure du courrier est systĂ©matique, comme la limitation des livres et d’autres objets qu’on peut garder en cellule.




Source: Attaque.noblogs.org