DĂ©cembre 3, 2020
Par Attaque
147 visites


Inferno Urbano / samedi 28 novembre 2020

Dans cette Ă©poque dystopique, faite de pandĂ©mies, de virus et de plein de monde enfermĂ© chez soi, le verdict de la Cour d’appel de Turin pour le procĂšs « Scripta Manent » n’est rien d’autre qu’une autre piĂšce dans le puzzle rĂ©pressif de la nouvelle dictature.

Une sociĂ©tĂ©, qu’ils aiment appeler « 2.0 Â», oĂč un « ministĂšre de la VĂ©ritĂ© Â» revisite et modifie tout Ă©vĂ©nement historique, chaque jour et constamment, de façon que celui-ci puisse s’adapter aux goĂ»ts du « Big Brother Â» et confirmer ses thĂšses .
Un « ministĂšre de l’Amour Â», composĂ© de virologues et d’infectiologues prĂ©sents plus sur les plateaux tĂ©lĂ© et dans la presse que dans les hĂŽpitaux, est en train d’annihiler les rapports sociaux et sentimentaux, par la terreur inoculĂ©e chaque jour par journaux et tĂ©lĂ© ; ce sont les mĂȘmes qui sont en train de crĂ©er un nouveau langage, une « novlangue Â», oĂč toute forme de pensĂ©e diffĂ©rente, contraire ou adverse est taxĂ©e de « terrorisme Â», mais aussi de « nĂ©gationnisme [le mot est utilisĂ©, dans le jargon des journaflics italiens, pour dĂ©finir ceux qui nient l’existence de l’épidĂ©mie de Covid-19 ; NdAtt.] ou complotisme » (pour pouvoir s’en moquer). Et, encore, une « police de la pensĂ©e » composĂ©e de balances qui regardent de leurs fenĂȘtres marchent dans les rues armĂ©s de leurs tĂ©lĂ©phones, prĂȘts Ă  filmer toute action quotidienne ; puis, un nouveau dĂ©lit, psychologique, le « crime de pensĂ©e », qui tend Ă  dĂ©truire mĂȘme les rapports familiaux, parce que « sache que si ton papy meurt c’est ta faute, parce que t’es allĂ© boire une biĂšre avec tes potes ».

Je pourrais continuer avec ce qui semble un roman (1984, de George Orwell), mais cela suffit pour comprendre le contexte historique oĂč tombe un jugement comme celui pour le procĂšs Scripta Manent, et malheureusement d’autres jugements du mĂȘme genre arriveront dans les prochains mois.
Je ne vais pas dĂ©monter ici les « preuves irrĂ©futables Â» du Proc’, simplement parce que, heureusement, je ne fais pas son mĂ©tier, mais je pense que l’« amnĂ©sique de Turin Â» s’en fout d’avoir raison sur le fait que nous faisons partie ou pas de la FĂ©dĂ©ration Anarchiste Informelle.
Ce qu’intĂ©resse le Procu’ est d’obtenir une condamnation dĂ©finitive Ă  perpĂ©tuitĂ© pour la SolidaritĂ© et la ComplicitĂ© anarchistes.
Il a obtenu ces condamnations par un procĂšs qui n’aurait mĂȘme pas dĂ» exister, pour nous qui avons Ă©tĂ© acquittĂ©s en premiĂšre instance, parce qu’il a fait la demande de pourvoi en appel avec trois jours de retard sur le dernier dĂ©lai.
Moi, j’ai Ă©tĂ© surveillĂ© par un trojan dans mon ordinateur pendant 6 ans et lui, personne ne contrĂŽle mĂȘme pas ses courriels pour vois s’il y a, mĂȘme dans la corbeille, le mail qui aurait attestĂ© de ce retard.
Je ne suis pas en train de faire du victimisme, mais de raconter ce qui s’est passĂ© ; je le reproche, surtout, Ă  un minable qui se vante d’avoir luttĂ© contre la ‘ndrangheta, mais qui utilise les mĂȘmes mĂ©thodes de faux papiers et obtient notre procĂšs en appel grĂące Ă  ses « amitiĂ©s et affinitĂ©s », c’est Ă  dire, dans le jargon mafieux, du « pistonnage » (ce sont les juges eux-mĂȘmes qui le disent). Ce n’est pas un hasard si les juges eux-mĂȘmes ont mis en Ă©vidence les intention rĂ©elles du Proc’, avec une condamnation Ă  20 ans pour Alfredo et une Ă  16 ans pour Anna, sans aucune preuve quant aux actions dont les deux compagnons sont inculpĂ©s. Les autres condamnations, dont les plus hautes sont celles Ă  2 ans et 6 mois, pour moi et Stefano Fosco, en plus d’ĂȘtre l’éniĂšme attaque Ă  la contre-information, dĂ©montrent clairement le but du minable dont je parlais : isoler les compagnons dĂ©tenus en condamnant ceux qui se sont toujours montrĂ©s complices et solidaires avec eux.

Que ce soit clair que ma condamnation ne m’étonne pas du tout, parce que depuis la premier jour oĂč j’ai dĂ©cidĂ© de lancer le site RadioAzione et la radio, en 2012, je savais trĂšs bien Ă  quoi je m’exposait. Les diffĂ©rents sabotages de la radio, comme les coupures des cĂąbles du tĂ©lĂ©phone, Ă©taient des sales messages et des menaces auxquelles j’ai toujours rĂ©pondu le sourire aux lĂšvres, parce qu’au lieu de m’apeurer, ils me dĂ©montraient combien ça leur « faisait chier Â» ce que j’écrivais et ce que je disais.
De plus, mĂȘme si la radio existait dĂ©jĂ  depuis quelques mois, j’ai lancĂ© le site RadioAzione le lendemain de l’opĂ©ration « Ardire Â», quand les deux compagnons Stefano Fosco et Elisa Di Bernardo, « coupables Â» entre autre de faire de la contre-information, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s.
Entre-temps, en plus de flics et magistrats, il fallait tenir en compte aussi de ceux qui nous indiquaient, moi et d’autres compagnons faisant de la contre-information en ligne, comme des personnes qui vivaient leur anarchisme dans leur chambre « douillette Â».
Je me suis toujours vu comme le chinois du proverbe, assis au bord de la riviĂšre, en train d’attendre le passage des cadavres de mes « ennemis Â», et je vous assure que j’en ai vu et j’en vois encore beaucoup, qui passent

J’étais bien conscient de ce que je risquais, avec certaines dĂ©clarations au procĂšs, je l’ai toujours fait en Ă©crivant au singulier. La pire chose, donc, a Ă©tĂ© d’entendre me dire qu’avec mes mots j’avais mis dans le pĂ©trin quelqu’un, non pas mes coĂŻnculpĂ©s, qui Ă©taient par de vrai dans le pĂ©trin, et pas Ă  cause de mes dĂ©clarations, mais d’autres quidam qui n’étaient mĂȘme pas nommĂ©s dans le dossier.
Ma ceci est une autre histoire. L’aspect autorĂ©fĂ©rentiel de certains anarchistes qui se voient au centre du trou du cul du monde, mais qu’en rĂ©alitĂ© n’ont jamais rien vu

J’ai avancĂ© sur mon chemin et je continuerai Ă  avancer
 peut-ĂȘtre que je reviendrai en arriĂšre, pour rĂ©cupĂ©rer quelque chose qui me servira pour avancer encore, avec plus de force, en donnant une rĂ©ponse aux condamnations qui sont tombĂ©es contre moi-mĂȘme et contre les autres compagnons.
Surtout, en essayant de faire arriver encore plus forte toute ma SOLIDARITÉ ET COMPLICITÉ aux compagnons dĂ©tenus Ă  cause de notre procĂšs et des autres.
Je le ferai aussi en recommençant Ă  Ă©crire, en particulier, Ă  Anna et Alfredo, auxquels je n’avais plus Ă©crit parce que « le facteur avait oubliĂ© mon adresse », Ă  part pour les facture et autres emmerdements, et pour Ă©viter que notre courrier finisse sur le bureau d’un minable qui l’aurait utilisĂ© pour augmenter le volume des dossier judiciaires.
Je ne leur ai plus Ă©crit, mais dans mes pensĂ©es ils ont marchĂ© Ă  mes cĂŽtĂ©s chaque jour, pendant ces annĂ©es, et ils continueront Ă  marcher avec moi jusqu’à quand ils ne pourront, enfin, le faire en tant qu’individus libres.
Une condamnation minable ne m’éloignera jamais d’eux, parce que, je le rĂ©pĂ©terai ad nauseam, ils sont et ils restent mes compagnons, mon frĂšre et ma sƓur, avec lesquels je serai toujours Solidaire et Complice !
Donc, Sparagna, je te dis : « nun te frusciĂ  ! Â» (en napolitain : « ne te fais pas d’illusions Â»)

Pour l’Insurrection, pour l’anarchie !

Gioacchino Somma




Source: Attaque.noblogs.org