Octobre 27, 2020
Par Sans Nom
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[Comme c’est souvent le cas lorsqu’éclate ce genre de situation de rue qui nous prend Ă  l’improviste, beaucoup se demanderont mais qui sont ces Ă©meutiers qui protestent contre le couvre-feu en tentant de les rentrer dans de petites cases, plutĂŽt que de se demander qu’est-ce que nous pouvons faire, nous, avec nos idĂ©es, pratiques et perspectives qui ne se limitent pas Ă  ce nouveau tour de vis du pouvoir. Non seulement Ă  l’intĂ©rieur (ou pas) de ces protestations, mais aussi Ă  cĂŽtĂ© ou en dehors d’elles ?
Du cĂŽtĂ© des porte-parole de l’État, les journaux italiens ont par exemple choisi de mettre en avant ce matin 27 octobre selon les villes un petit cĂŽtĂ© gilet jaune hexagonal des manifestations des dĂ©buts pour son cĂŽtĂ© trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšne et l’aspect « guerilla urbaine Â», pointant par exemple Ă  Turin aussi bien les ultras rivaux des deux clubs (Juventus et le Torino), que des groupes de jeunes vandales immigrĂ©s, des complotistes variĂ©s ou des petits commerçants : il faut dire que le saccage et parfois le pillage des boutiques de luxe de la via Roma (Apple store, Gucci, Geox, etc.) et dans de nombreuses autres rues adjacentes par 600 Ă©meutiers a par exemple donnĂ© du fil Ă  retordre aux forces anti-Ă©meute jusque tard dans la nuit. A Milan idem, oĂč c’est notamment le trĂšs commerçant corso Buenos Aires qui a Ă©tĂ© parcouru en scandant « LibertĂ©, LibertĂ© » puis la zone de Stazione Centrale, et oĂč un grand journal du nord s’est fait plaisir Ă  pointer « le groupe [de 300 manifestants] formĂ© Ă  la fois d’italiens et d’étrangers, de quelques militants de Forza Nuova [groupe d’extrĂȘme-droite] mais aussi d’anarchistes Â». Cela promet de belles polĂ©miques en perspective * qu’on a dĂ©jĂ  connues ici dans les fameux milieux limitants, entre caricaturalement investir ce genre de manifs pour en chasser les fachos (y compris avec des pratiques qu’ils partagent plus difficilement) et offrir d’autres possibilitĂ©s, ou les dĂ©serter en saisissant l’occasion que les flics soient bien occupĂ©s lĂ  pour agir ailleurs et autrement, et sur d’autres types de cibles que les flics, le mobilier urbain ou les vitrines.
A Turin comme Ă  Milan, il y a aussi eu des tentatives d’attaque des siĂšges de RĂ©gion (ces rassemblements commencent souvent sur de grandes places quelques heures avant le couvre-feu, avant de partir en sauvage) , et Ă  Naples des centaines de jeunes qui ont Ă  nouveau affrontĂ© les flics de façon mobile et montĂ© des barricades de matĂ©riel urbain. Enfin, prĂ©cisons qu’il y eu des rassemblements sans cortĂšges sauvages dans d’autres villes que Turin, Milan et Naples, parfois Ă  l’initiative des rĂ©seaux d’extrĂȘme-droite mais pas que, comme Pescara, Vicenza, Perugia, Genova, Foggia, Pesaro, Trieste, Bologna, Firenze, Lecce (avec des slogans comme « Mieux vaut le risque de mourir de Covid que la certitude mourir de faim Â»), Campobasso, etc. Les chiffes officiels de ce matin donnent au moins 5 arrĂȘtĂ©s Ă  Turin (dont deux pour le pillage du Gucci), et 28 Ă  Milan.

* On pourra par exemple (re)lire le Recueil de textes anarchistes à propos du mouvement des gilets jaunes, 24 p., août 2019]


Nouveaux incidents lors de manifestations anti-restrictions en Italie
AFP, 26 octobre 2020 (extrait)

La fermeture des restaurants et des bars à partir de 18 heures et de tous les théùtres, cinémas et salles de sport pendant un mois a suscité colÚre et inquiétude dans un pays déjà trÚs durement affecté par deux mois de confinement au printemps et qui doit connaßtre cette année sa plus grave récession économique depuis la Seconde Guerre mondiale.

AprÚs des rassemblements déjà mouvementés ce week-end dans plusieurs villes de la péninsule, les manifestations se sont poursuivies lundi avec leur cortÚge de violences dans le nord et le sud de la botte.

À Milan, capitale de la Lombardie (nord), rĂ©gion enregistrant le plus grand nombre de contaminations, plusieurs centaines de manifestants affrontaient lundi soir les policiers anti-Ă©meute dans le centre lundi soir. Des tramways ont Ă©tĂ© vandalisĂ©s, des poubelles incendiĂ©es, des deux-roues renversĂ©s et quelques vitrines caillassĂ©es, selon les images diffusĂ©es en direct par des mĂ©dias italiens.

Les forces de l’ordre rĂ©pondaient aux jets de bouteilles en verre, de fumigĂšnes et de cocktails Molotov par des tirs de lacrymogĂšne. Des incidents similaires ont Ă©clatĂ© dans la ville voisine de Turin oĂč plusieurs manifestants ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, selon la police.

À Naples, la grande ville du sud, plusieurs milliers de personnes ont rĂ©clamĂ© la dĂ©mission du prĂ©sident de la rĂ©gion Campanie avant de se disperser. Des affrontements sporadiques entre jeunes manifestants masquĂ©s et la police se poursuivaient cependant dans la soirĂ©e.




Source: Sansnom.noblogs.org