La République d’Iran célébrait cette année les 40 ans de sa « révolution ». Célébration passée plutôt inaperçue, du fait de la contestation sociale qui gronde dans le pays. La population est exténuée des privations et de la misère qui s’étend aujourd’hui même aux classes moyennes. Ceci est du certainement à la reprise de l’embargo US contre le régime, mais la corruption généralisée qui règne à tous les échelons de l’administration et du pouvoir est responsable du détournement des richesses pour une petite caste de privilégiés, notamment religieux. La jeunesse – 39% de la population à moins de 25 ans – est quant à elle fatiguée des entraves à sa liberté (obligation du voile, non-mixité des genres dans les espaces publics, censure des musiques, films, livres, …) imposée par le strict régime islamique.

Le régime des Mollahs est conscient que l’accentuation de ces tensions internes et externes pourrait remettre en jeu son existence même. Aussi cherche-t-il à tout prix à obtenir une cohésion nationale, que tous les iraniens fassent corps autour du système et de son idéologie islamique radicale. Toutes celles et tous ceux qui menacent cette cohésion nationale et remettent en question l’idéologie dominante du système iranien

sont vues comme des dangers dont le régime doit absolument se débarrasser. Ils servent également d’exemple pour le reste de population, pour qu’elle voit ce qui leur en coûterait si jamais ils osaient contester ne serait-ce qu’un petit peu le système.

Ainsi depuis plusieurs mois les mesures d’intimidation et de répression s’abattent elles impitoyablement sur les athées, les humanistes et les anarchistes en Iran. Ainsi le premier mai dernier à l’occasion d’une manifestation non autorisée pour la défense des travailleurs, 50 jeunes activistes dont Neda NAJI, Marzieh AMIRI, Anisha ASADOLLAHI et Atefeh RANGRIZ, sont detneus arbitrairement. Dans la prison, , Neda NAJI et Atefeh RANGRIZ ont été battues le 6 juillet 2019 pour leur refus de porter de voile islamique (tchador / hijab). Les syndicalistes du Syndicat de la sucrerie Haft Zappeh Sugar Cane (notamment Esmail BAKHASHI ) et de l’aciérie Ahvaz Steel ont également été emprisonnés suites aux grèves de fin 2018 et son passés en procès le 3 juillet dernier (dans l’indifférence générale de la gauche et l’extrême gauche occidentale soit dit en passant). Le juge leur a dit que les slogans « pain, liberté, autogestion » étaient des slogans communistes qui n’avaient pas lieu d’être en Iran. Les journalistes indépendant (tel Sepideh GHOLIAN) qui couvrent les manifestations des travailleurs ont également été emprisonnés.

Enfin notre compagnon Soheil Arabi, un blogueur âgé de 34 ans, prisonnier politique

anarcho-syndicaliste, est toujours en prison, ainsi que sa mère qui a été arrêté le 22 juillet et mise au secret pour essayer de l’intimider alors qu’elle protestait silencieusement dans la rue depuis plusieurs mois à la manière des Mères de la Place de mai en Argentine. Ce qui est nouveau c’est que le régime s’attaque désormais non seulement aux activistes mais aussi à leur famille et entourage, pour intimider et dissuader tout forme de solidarité.

Aujourd’hui ce sont plus de 200 femmes qui sont emprisonnées en Iran pour leur refus des discriminations de genre.

Nos compagnons des Anarchistes d’Iran et d’Afghanistan, qui regroupent des anarchistes exilés ou non, et dans ce dernier cas agissant dans la clandestinité, ont lancé un appel aux anarchistes du monde entier pour se solidariser avec les anarchistes, les athées et les humanistes d’Iran. La CNT-AIT a entendu cet appel. Nous avons déjà organisé un rassemblement symbolique le 17 août, journée de solidarité internationale de solidarité avec Soheil ARABI. D’autres actions sont prévues pour le futur. Si vous souhaitez vous joindre à la campagne de solidarité avec les anarchistes d’Iran, merci de contacter le Syndicat de Montauban qui coordonne la campagne.


Article publié le 09 Oct 2019 sur Cntaittoulouse.lautre.net