Aujourd’hui, 13 décembre, en réponse à l’appel du Conseil de coordination des organisations culturelles, les enseignant·es ont organisé des rassemblements dans tout le pays, après deux jours de grève et de sit-in dans les écoles, pour faire valoir leurs revendications. Ces rassemblements et manifestations ont eu lieu à Téhéran devant le parlement islamique et dans les centres provinciaux, et dans les villes et villages, devant les départements de l’éducation.

Les grèves et sit-in des enseignant·es de ces deux derniers jours, qui ont eu lieu dans 150 villes, ont été suivis de rassemblements massifs et glorieux dans différentes villes aujourd’hui. Selon les rapports, des rassemblements ont eu lieu jusqu’à présent dans 27 provinces et dans plus de 60 villes, dont : Téhéran, Karaj, Qom, Yazd,Tabriz, Ispahan, Genaveh, Bandar Abbas, Saqez, Marivan, Bukan, Yasuj, Dehdasht, Kilk, Ahvaz, Izeh, Andimeshk, Behbahan, Ramhormoz, Karkheh, Shiraz, Noorabad Mamasani, Alam Rudasht, Khorramabad, Azna, Doroud, Babol, Sari, Rasht, Shahrekord, Lordegan, Ardabil, Zanjan, Urmia, Semnan, Kerman, Qazvin, Mashhad, Golpayegan, Gorgan, Amol, Hamedan, Malayer, Arak, Takestan, Bijar, Kermanshah, Siran, Gachsaran, et Noorabad Lorestan.

Les enseignant·es présent·es aux rassemblements de ce jour ont scandé « si nos problèmes ne sont pas résolus, les écoles seront fermées ». Ils et elles ont ainsi souligné leur résolution de poursuivre les rassemblements et les luttes. De grandes foules d’enseignant·es ont pris part aux rassemblements de protestation de la journée dans différentes villes. Par exemple, des milliers de personnes ont participé au rassemblement de Shiraz, et à Téhéran, un rassemblement plus important que précédemment a eu lieu. À Téhéran, les forces de sécurité ont tenté de disperser un rassemblement d’enseignant·es, mais ont été repoussées par la résistance des enseignant·es et les slogans qu’ils ont scandés à leur encontre, et le rassemblement a continué.

À Mashhad, outre les enseignant·es employé·es et retraité·es, les retraité·es des services de la route, de la santé, des chemins de fer, de l’agriculture, du sang et des banques ont également participé. À Nurabad, Lorestan, un grand nombre d’enseignant·es se sont rassemblé·es et ont défilé. À Shiraz, la foule était très nombreuse et des milliers de personnes ont participé aux slogans « enseignant·es debout pour éliminer la discrimination », « libérer les enseignant·es emprisonnés ». Une atmosphère enthousiaste de protestation a régné dans tous les rassemblements d’enseignant·es.

À Saqqez, au Kurdistan, une grande foule d’enseignant·es s’est rassemblée devant le bâtiment de l’éducation en scandant « Nous sommes tous Amanj » et a protesté contre le passage à tabac de l’enseignant protestataire Amanj Amini et la répression du gouvernement.

La principale revendication de ces rassemblements est la mise en œuvre complète du classement des emplois pour les enseignant·es employés, l’égalité des salaires pour les enseignant·es employé·es et la libération des enseignant·es emprisonné·es. Le parlement islamique doit se prononcer demain sur les salaires et l’emploi des enseignant·es et les enseignant·es ont prévenu que s’il ne répond pas à leurs demandes, les écoles seront fermées dans les prochains jours pour une durée indéterminée.

Les protestations généralisées des enseignant·es ont attiré l’attention de toute la société. Les banderoles des étudiant·es en soutien aux revendications et aux luttes des enseignant·es ont été significatives lors de ce cycle de protestations. Les nouvelles des protestations ont été largement rapportées par divers groupes de médias sociaux. Le Conseil pour l’organisation des protestations des travailleurs contractuels du pétrole a également annoncé son soutien aux revendications et aux luttes des enseignant·es. L’arrestation de Rasoul Badaghi, membre du conseil d’administration du syndicat des enseignant·es d’Islamshahr, le 11 décembre, a suscité de nombreuses protestations. Des organisations d’enseignant·es de différentes villes ont exprimé leur dégoût face à son arrestation et l’ont condamnée.

Le Conseil de coordination des syndicats de la culture a également déclaré dans un communiqué que les enseignant·es ne se laisseront pas intimider par ces arrestations et ces attaques.

Au niveau mondial, quatre syndicats, l’Organisation centrale suédoise des travailleurs, LO, le Syndicat suédois des travailleurs du transport, le Syndicat suédois de la métallurgie, l’Union municipale (municipalités) et le Syndicat national suédois des enseignant·es, ont condamné l’arrestation de Rasoul Badaqi.

« Nous sommes ici aujourd’hui pour avertir le parlement que si le projet de loi d’évaluation est mis en place et approuvé tel quel, et que la péréquation des paiements des retraités n’est pas mise en œuvre, nous continuerons nos protestations généralisées. Si le gouvernement et les institutions de sécurité pensent que l’arrestation de M. Rasoul Bodaghi, le représentant du Conseil de coordination, le procès de M. Jafar Ebrahimi, l’inspecteur du Conseil de coordination des enseignant·es, le passage à tabac de M. Amanj Amini, et l’emprisonnement de M. Mohammad Reza Ramezanzadeh, M. Ismail Abdi et M. Mehdi Conquerors peuvent arrêter nos luttes et nos revendications, ils se trompent complètement. »

Dans sa résolution, le conseil de coordination souligne également l’unité globale des enseignant·es et avertit le parlement que si le plan de classement des emplois et d’égalité des salaires n’est pas pleinement mis en œuvre, les protestations des enseignant·es se poursuivront de manière plus intensive dans tout le pays.




Source: Laboursolidarity.org