Mars 27, 2021
Par Contrepoints (QC)
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Nous ne voulons pas de ce monde qu’ils essaient de nous vendre !

 

La pandĂ©mie que nous traversons nous prĂ©carise tou·te·s et met en Ă©vidence des injustices graves. La relance souhaitĂ©e par les dirigeant.e.s est une relance qui ne s’adresse pas Ă  nous. Elle ne s’adresse pas aux artistes et autres personnes qui ne gĂ©nĂšrent pas assez de profit pour mĂ©riter d’exister. Elle ne s’adresse pas aux les travailleur.euses du sexe, dont l’existence mĂȘme est criminalisĂ©e. Cette relance ignore les personnes en situation de handicap, les marginalisé·e·s, celleux avec des problĂšmes de santĂ© mentale. La relance dont ils parlent, elle est pour les pĂ©troliĂšres, pour les Bombardiers, pour les tizami·e·s comme Guzzo, mais elle n’est pas pour nous. Laisser les gouvernements nous sauver de la crise qu’ils ont eux et elles mĂȘme crĂ©Ă©es Ă  travers les coupures en santĂ©, Ă  travers leurs vies de « snowbirds Â», serait accepter la mort. Ce que nous devons relancer, ce n’est pas l’économie, mais les luttes pour nos droits et la fin de l’exploitation capitaliste.

Le projet de reconstruction Ă©conomique mise sur un univers technologique tachĂ© d’inĂ©galitĂ©s et basĂ© sur une exploitation capitaliste sale. Le renforcement des frontiĂšres et les abus des instances d’immigration, qui au soit-disant Canada sont illĂ©gitimes, ont pour mission de prĂ©server ces inĂ©galitĂ©s. Pendant qu’au Nord on se vaccine, on oublie celleux qui nous habillent dans les usines de Gildan en HaĂŻti. On oublie que chaque confĂ©rence zoom dĂ©pend du travail dans les mines d’Afrique et d’AmĂ©rique du Sud. Ces mĂȘmes pays qui pourraient ne pas voir de vaccin avant le dĂ©but de la prochaine pandĂ©mie. Les mots de remerciement et les paroles vides de ces politicien·e·s ne redonneront pas la vie aux « petrochallengers Â» haĂŻtien·ne·s tué·e·s par des forces de police formĂ©es par le Canada, ne redonnera pas leur yeux aux manifestant·e·s chilien·ne·s blessé·e·s par des armes canadiennes. Il faudra bien plus pour redonner la vie Ă  RaphaĂ«l « Napa Â» AndrĂ©, Ă  Joyce Echaquan, et Ă  toutes les personnes autochtones tuĂ©es ici et ailleurs.

Les injustices au niveau mondial se multiplient. Les personnes migrantes qui ont eu la « chance Â» de venir ici meurent dans nos hĂŽpitaux et nos entrepĂŽts. Les rues des quartiers les plus pauvres sont vides, la police Ă©tant toujours en recherche de ses prochaines victimes. Les Premiers Peuples sont humiliĂ©s, agressĂ©s et tuĂ©s par les instances gouvernementales, pilotĂ©es par les compagnies extractivistes. Et dans tout ce chaos, on nous impose l’obĂ©issance, le silence, l’aveuglement face Ă  tout ce qui se passe autour de nous.

Ne nous laisson pas faire ! Refusons de nous entre-policer sur nos comportements, car vivre dans un monde rĂ©gi par des lois racistes, coloniales, LGBTQIA2S+phobes constitue un dĂ©fi en soit. Ce sont ces mĂȘmes lois qui nourrissent les inĂ©galitĂ©s de genre et qui donnent toujours raison aux plus privilĂ©gié·e·s et aux hĂ©ritiĂšr·e·s bourgeois·e·s : ne les lĂ©gitimons pas en nous les imposant Ă  nous mĂȘmes ! Nous sommes en colĂšre face Ă  la disparition des aides financiĂšres, de nos emplois, de leur prĂ©carisation ou encore Ă  l’imposition d’un couvre feu basĂ© sur aucune preuve scientifique reconnue. Ce n’est qu’une excuse pour lĂ©gitimer le contrĂŽle et la rĂ©pression Ă©tatique. Cet argument sanitaire ne tient pas la route quand on voit qu’il n’est pas appliquĂ© partout. Le gouvernement Legault montre encore une fois son vrai visage en protĂ©geant l’économie au dĂ©triment des vies. Refusons cet avenir imaginĂ© par des multimilliardaires, qui dĂ©tournent notre attention par la peur tandis qu’ils profitent de l’exploitation des personnes les plus dĂ©munies.

Ces milliardaires, ce sont eux qui sont les premiers pollueurs et les derniers Ă  en subir les consĂ©quences. Ce sont leurs grosses corporations qui continuent d’exploiter le travail des migrant·e·s et de pratiquer l’extractivisme en territoires autochtones, au nom d’une croissance Ă©conomique hypocrite dite « verte Â» ou encore de « dĂ©veloppement durable Â». En effet, tout le monde sait que la crise environnementale est un enjeu majeur et que celle-ci affectera en premier lieu les populations marginalisĂ©es. Pour elleux, c’est le statu quo Ă  tout prix, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Ce qui est encore pire, aucune solution concrĂšte n’est apportĂ©e et les listes d’attentes pour les soins sont encore pires qu’elles Ă©taient avant la pandĂ©mie. Les mĂ©dias ont profitĂ© de l’opportunitĂ© pour vendre des nouvelles anxiogĂšnes sur le virus, Ă©clipsant notamment les luttes en cours pour la dĂ©fense des territoires. Ces luttes sont vivantes, et nous allons le leur rappeler.

Nous sommes tou·te·s perçu·e·s comme une masse de travail vide et remplaçable, mais tout n’est pas perdu. Ensemble, prĂȘt·e·s Ă  nous battre, nous sommes bien plus fort·e·s et bien plus nombreu·x·ses. Refusons cet avenir « ubĂ©risĂ© Â» et bĂątissons un monde d’entraide et d’équitĂ©. Pour y arriver, nous devrons lutter par tous les moyens, et cela passe nĂ©cessairement par la reprise de la rue.

On se revoit le premier mai, Ă  16h, au parc Jarry (coin Gary-Carter et St-Laurent) !




Source: Contrepoints.media