Novembre 11, 2021
Par Rennes Info
64 visites

La coordination anticapitaliste rennaise vous propose le 13 novembre une première soirée
« débat-cantine », 10 rue des Trente, à Rennes, ouverte à toutes et tous. Ces soirées ont vocation à être organisées de
manière régulière.

Après un repas organisé par le Réseau de Ravitaillement des Luttes à partir de 19 h, nous vous
proposons donc une discussion à 20 h 30 sur le thème suivant :

Etat d’urgence sanitaire, dérive autoritaire du pouvoir… La gauche radicale et les mouvements sociaux dans l’impasse ?

On peut en effet s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’émergence de la pandémie de Covid 19, intimement liée à l’exploitation et à la dévastation par le capitalisme des écosystèmes et à la mondialisation des échanges marchands, n’a pas donné lieu à un mouvement de contestation des logiques d’ensemble qui l’ont favorisée.

De la même manière, les logiques austéritaires inspirées du new public management appliquées aux hôpitaux, aux politiques de santé et à la recherche publique, n’ont pas été fondamentalement remises en cause par des mobilisations massives à l’initiative de la gauche syndicale et politique, que l’on pourrait pu escompter.

Enfin, la banalisation des atteintes aux libertés publiques, la systématisation d’un état d’urgence aux multiples avatars (confinements, couvre-feu, interdictions de manifester, pass sanitaire…) n’a pas fait l’objet d’une dénonciation ferme, continue, unifiée et déterminée du mouvement social. Au contraire, la différence d’approche vis-à-vis des manifestations plus ou moins spontanées d’opposition à la politique sanitaire de Macron, la timidité des réactions, l’incapacité de mobiliser autour de nous, le repli sur soi sur fond d’assèchement de la vie démocratique, témoignent d’une fracturation de notre camp. Toutes ces difficultés ont contribué à renforcer l’extrême-droite et à remettre le gouvernement en selle.

Analyser les difficultés de la gauche à répondre à cette crise peut également nous conduire à nous interroger sur la manière dont nous concevons notre engagement militant. Faut-il nous concentrer sur des revendications immédiates qui nous semblent audibles par nos collègues, dans notre milieu, en fonction d’un agenda déterminé par l’évolution de la pandémie et les décisions de Macron ? Faut-il au contraire privilégier une approche plus globale qui nous amène à formuler un rejet radical de l’ensemble de sa politique, y compris quand certaines mesures paraissent fondées du point de vue de la « gestion rationnelle », au risque de perdre en capacité de mobilisation et de paraître « déconnecté.e.s » ? Faut-il nous entraîner à penser et à nous poser comme de potentiels « meilleurs gestionnaires » de la crise que le gouvernement ? Toute politique, même radicale, anticapitaliste et révolutionnaire, n’a t-elle pas aussi des réponses immédiates à apporter, même sans avoir les moyens de les mettre en œuvre sur le moment ?

Il serait bien sûr réducteur d’envisager ces problèmes sous le seul prisme de la crise sanitaire : il est indispensable de les penser en lien avec les questions cruciales de la période (montée des idées réactionnaires, péril écologique et climatique…) Il est ainsi urgent de nous pencher sur la nature des liens entre les politiques sanitaires, sécuritaires et le tournant autoritaire (sinon fasciste ?) du néolibéralisme. A travers l’exemple de cette crise, c’est enfin à une réflexion commune que nous invitons sur la nécessité, malgré les difficultés, de renforcer les liens entre le syndicalisme de lutte, les organisations politiques anticapitalistes, les collectifs formels et informels engagés dans une forme de résistance contre la fuite en avant du pouvoir.

Finalement, quelles leçons tirer de cette séquence politique et comment envisager de reprendre ensemble l’offensive ?




Source: Rennes-info.org