En décembre 2018 l’entreprise Transcanada a obtenu une injonction judiciaire lui autorisant l’accès au territoire Unist’ot’en, dans le cadre de la construction d’un nouveau pipeline. Ce dernier est censé permettre l’acheminement de gaz liquide, produit par le moyen de la fracturation hydrolique, depuis la frontière de l’Alberta, à Dawson Creek, jusqu’à la côté pacifique, 670 km plus à l’ouest. Le gaz pourra ainsi traverser toute la Colombie Britanique pour être exporté vers l’Asie. En effet le gouvernement Trudeau juge que la production de gaz canadienne est encore trop dépendante de son voisin américain, et souhaite promouvoir son transport au delà de l’océan. C’est encore ainsi qu’il a justifié avant l’été l’expansion d’un autre pipeline, le Trans Mountain, reliant les sables bitumineux de l’Alberta à Vancouver.


Pour revenir au projet de Coastal GasLink, les concepteurs du projet affirment que :

Depuis que nous avons annoncé le projet en juin 2012, notre équipe a eu plus de 15 000 interactions et engagements avec des groupes autochtones. Grâce à ces engagements, nous sommes en mesure d’écouter leurs points de vue, d’intégrer leurs retours si possible et de prendre soin des paysages sensibles et des zones culturelles et historiques importantes le long du parcours. Il est essentiel que ces zones soient identifiées, respectées et protégées afin que le projet puisse être conçu, construit et exploité de manière sûre et respectueuse de l’environnement.

Ils prétendent avoir signé des accords avec 20 « First nations », dont la nation Wet’suwet’en.

C’est justement à la lutte de la nation Wet’suwet’en que ce documentaire (dont est paru pour l’instant cet extrait de 20 min, sous-titré en français) est consacré. Ce peuple n’a jamais cédé son territoire au Canada, ni renoncé à l’usage de celui-ci. Cette nation, suivant sa propre loi, est composé de cinq clans, eux-mêmes divisés en différentes maisons. Il est principalement question ici de la maison Unist’ot’en du clan Gileyhu, qui est responsable du territoire Talbits kwa, dont le pont enneigé qui apparait sur l’affiche du film est le principal point d’accès.

Cette lutte résonne évidemment avec la lutte du clan de Standing Rock, de la nation Sioux, qui dans le Dakota du Sud, lutta vaillamment contre la construction du Dakota Access Pipeline en 2016-2017.

« En cette ère de « réconciliation », les terres autochtones sont encore et toujours accaparées sous la menace des armes.

INVASION est un nouveau film sur le camp de l’Unist’ot’en, le point de contrôle de Gidimt’en et plus largement la nation Wet’suwet’ qui défient le gouvernement canadien et les entreprises qui perpétuent la violence coloniale contre les peuples autochtones.

** Film complet à venir en 2020 **

Le camp de l’Unist’ot’en est un phare de la résistance depuis près de 10 ans. C’est un espace de guérison pour les peuples autochtones et un exemple actif de décolonisation. L’injonction judiciaire obtenue par TC Energy (anciennement TransCanada) / Coastal GasLink et la violence qui en a découlé (tant en terme de destruction de l’environnement que le non-respect des droits de la personne) ont ​​été dévastateurs, mais cette lutte est loin d’être terminée. »


Article publié le 11 Nov 2019 sur Lundi.am