Mars 24, 2021
Par Dijoncter
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La semaine dernière dans le Journal du Dimanche, la secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Engagement s’en est pris à deux associations d’éducation populaire. En cause ? Un débat entre la secrétaire d’État et des jeunes où ces derniers se sont montrés un peu trop indociles sur les questions de discriminations. Communiqué de Solidaires Jeunesse et Sports, en soutien à l’association et à la fédération visées !

Par ce communiqué, Solidaires Jeunesse et Sports souhaite apporter son entier soutien à l’association « La Boîte sans projet » et à la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF) après l’interview au JDD, ce dimanche 21 mars, de la Secrétaire d’Etat (SE) à la Jeunesse et à l’Engagement.

Alors que les associations et les fédérations d’Education Populaire continuent sans relâche leurs actions et leur travail d’Education Populaire auprès de la population dans des villes où les pouvoirs publics se désengagent depuis des décennies – fermant tour à tour l’ensemble des services publics de proximité – voilà que leur travail est récompensé par un torrent de critiques de la part de la SE.

D’après cette dernière, la FCSF « n’a pas été à la hauteur de ses engagements » et elle « n’a pas respecté ses valeurs », tandis que « La Boîte sans projet » est, pour elle, responsable du « glissement d’un débat prévu sur les religions à un débat portant sur les discriminations ».

Il y a quelques mois, le Préfet de Paris énonçait avec fierté « on n’est pas dans le même camp » à l’encontre de Gilets Jaunes qui manifestaient. Ici, la logique est la même, à savoir que la dénonciation courageuse des discriminations et des violences policières n’est en fait le fruit que « des ennemis de la République ». Nous assistons à un très dangereux basculement idéologique dont la loi « confortant les principes républicains » est l’exemple-type. En effet, l’Etat ne souhaite plus garantir la liberté de penser, mais tend à garantir la seule liberté de penser comme lui.

La Secrétaire d’Etat (SE) à la Jeunesse et à l’Engagement est fière, dans l’interview, d’annoncer des mesures fortes à l’encontre de l’association et de la fédération et, d’annoncer aussi sa joie de porter la loi « confortant les principes républicains ». Dans une tribune collective intitulée « Ne jouons pas avec la République », à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), cette loi est décrite ainsi : « Le pouvoir en place cherche au contraire à imposer sa vision de la République dans une approche exclusivement sécuritaire et répressive. La philosophie politique qui sous-tend cette logique s’inscrit en rupture avec l’approche démocratique de la République. Il ne s’agirait plus d’obéir aux lois et de les respecter, mais d’y adhérer sans réserve, sans esprit critique ni distance possible ».

Dans ces temps d’hommages nombreux et divers à la Commune de Paris et à sa sanglante répression, nous pouvons sans conteste affirmer que : « la République Sociale » a bien été écrasée au profit d’une république dite « de l’Ordre social ».

Par ailleurs, cette loi risque d’avoir des conséquences très importantes dans notre champ professionnel avec une distinction entre « les bonnes et les mauvaises associations » ayant comme conséquence la suppression des subventions, la mise au pas de l’éducation populaire et la caporalisation des esprits.

Face à l’autoritarisme galopant, nous souhaitons réaffirmer notre soutien et notre reconnaissance à l’ensemble du secteur associatif pour faire vivre l’idéal d’une société juste, critique et démocratique.




Source: Dijoncter.info