Juin 6, 2016
Par Paris Luttes
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Deux textes du site de chronique A-contrario, sur l’usage de certains outils d’internet par des groupes alternatifs et/ou militants.

Insupportable Facebook : petit guide d’autodéfense et de protection d’autrui

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Facebook est omniprésent, omniscient, omnichiant. La présence de vos liens Facebook sur vos stickers, flyers, jaquettes, forums et même dans vos mails est insupportable. Toutes ces mentions fonctionnent comme autant d’impacts publicitaires pour cette marque américaine, multinationale de la vente de données personnelles, source illimitée d’informations pour toutes les polices du monde, et parasite social qui transforme les internautes en clientèle zombie du like.

Reprenons.

Ce que signifie être actif sur Facebook, poumon du système publicitaire et outil de fichage policier

Facebook est à la fois le poumon du système publicitaire sur internet et une source de renseignements fabuleuse pour tous les services de police de la planète.

Facebook est en effet une immense source de carburant pour le système publicitaire. Faut-il répéter que le système publicitaire est un système fasciste ? Oui, de toute évidence il le faut.

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La grande illusion du crowdfunding : zéro service fourni, données personnelles aspirées… Vive la souscription libre !

En 2014, Archives de la Zone Mondiale avait mis en place une souscription afin de financer la sortie de « Sprint » des Ludwig von 88.

Ce sont des souscriptions classiques : pour participer au financement de ces projets, vous n’avez pas à vous inscrire sur un quelconque site parasitaire qui va exploiter vos données personnelles et prendre une commission au passage.

Souscrire, c’est soutenir. Et soutenir, c’est cool

Mais alors que de plus en plus de labels, d’éditeurs et de groupes succombent à ce chant des sirènes modernes qu’est la consommation bling-bling, troquant le rapport humain (le bouche-à-oreille et les mails aux amis, entre autres) contre de l’échange technique parasité par des entreprises avides de données personnelles et encaissant la caillasse en dépit d’un service inexistant, il existe heureusement des structures intègres qui rejettent ce système. Et nous devons les soutenir.

Pour rappel, quand on veut sortir un disque ou publier un livre, et qu’on a pas les ronds nécessaires, il existe grosso modo deux solutions :

-* Soit on cherche des co-producteurs (c’est la tournée des micro-labels, il y en a parfois un nombre impressionnant),

-* Soit on lance une souscription.

Fondamentalement, ces deux options reposent sur une simple interaction humaine entre celui qui a besoin de thune et celui qui va en apporter : on aime le projet, on donne de l’argent, et on récupère le (ou les) disque(s) ou livre(s) une fois qu’ils sont sortis.

J’entends déjà hurler le chœur des consommateurs aveuglés par l’infantilisation généralisée dont ils sont les victimes consentantes : « Keuwaaa ??? Il existerait donc des interactions humaines qui ne génèrent aucun fichier client, qui n’alimenteraient aucune base de données ? Mais c’est fou, ça ! Nous, quand on aime, on like, on touite, on +1. Et quand on conseille un film, on like, on touite, on « +1″. On se poke, on se hangoute… »

ll y a toujours un site, un réseau « social », une entreprise pour nous proposer un « outil », connecté sur un gros fichier et qui offre d’accomplir ce que l’on pourrait en fait mener à bien via des coups de téléphone, des sms, ou des mails, un appel mis en ligne directement sur un site personnel (voire un déplacement dans le bureau d’à côté…).

Non mais ne paniquez-pas. Je sais, c’est rude : en 2016, concevoir des interactions humaines qui ne seraient pas fichées, c’est un choc. Je vois déjà la sueur perler de votre front, mais vous pouvez l’essuyer et calmer vos palpitations, on ne va pas vous priver de vos repères : les prestataires de service qui proposent des outils connectés à des gros fichiers prêts à recevoir les données personnelles de gens qui souhaitent soutenir tel ou tel projet, ça existe et vous les utilisez, vous pourrez donc continuer à offrir vos données pour qu’elles soient revendues. On appelle ça le crowdfunding.

[…]

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