FĂ©vrier 12, 2021
Par Demain Le Grand Soir
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Alors qu’une rĂ©union est prĂ©vue ce mercredi sur l’influenza aviaire avec le Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, le MODEF et la ConfĂ©dĂ©ration paysanne sont trĂšs inquiets pour l’avenir de l’élevage plein air traditionnel.

Communiqué de presse Paris, le 10 février 2021

En effet, le 4 fĂ©vrier lors du Conseil d’administration du CIFOG, le plein air a Ă©tĂ© sans cesse dĂ©signĂ© comme responsable de la crise par les grands opĂ©rateurs Ă©conomiques de l’interprofession, sans que ceux-ci ne remettent en question leurs propres choix. Il est Ă©vident aujourd’hui que la hausse exponentielle de la production a crĂ©Ă© un terreau fertile pour le virus et que les engagements consignĂ©s dans le Pacte de 2017 n’ont pas Ă©tĂ© tenus.

Sans surprise, l’interprofession souhaite supprimer la possibilitĂ© donnĂ©e par une dĂ©rogation d’élever des canards en plein-air pendant la pĂ©riode Ă  risque (pendant les migrations hivernales de la faune sauvage). De plus le CIFOG souhaite rendre obligatoire la claustration des animaux pendant cette pĂ©riode, et mĂȘme conditionner la possibilitĂ© de

remettre en place, à la capacité de claustrer.

Une telle dĂ©cision, pour les petits Ă©levages qui en bĂ©nĂ©ficient, est incomprĂ©hensible : elle est inefficace d’un point de vue sanitaire, puisque de l’avis mĂȘme de l’ANSES (1), voir un oiseau sauvage se poser sur un parcours est extrĂȘmement rare. De plus, les Ă©leveurs et les leveuses seraient contraints Ă  de lourds investissements pour mettre en place des bĂątiments sans que ceux-ci ne prouvent leur efficacitĂ©. Cela constituerait aussi une tromperie pour le consommateur qui pensait manger des produits issus de canards ou de volailles « Ă©levĂ©s en plein air Â» et donc de qualitĂ© supĂ©rieure alors que les animaux auraient Ă©voluĂ© dans des bĂątiments fermĂ©s. Enfin, claustrer des animaux, n’est pas sans rĂ©percussion sur le bien-ĂȘtre animal mais aussi sur la qualitĂ© du produit proposĂ©.

Tout le monde s’accorde sur l’importance de rĂ©duire la densitĂ© d’animaux dans certaines zones. Le MODEF et la ConfĂ©dĂ©ration paysanne affirment qu’une telle transition ne doit pas se faire au dĂ©triment des producteurs. Nous n’accepterons pas que cette Ă©pidĂ©mie de grippe aviaire devienne le prĂ©texte Ă  un plan social dissimulĂ©.

Nous demandons donc que la dĂ©rogation permettant de maintenir 3200 canards en extĂ©rieur en pĂ©riode Ă  risque ne soit rĂ©servĂ©e qu’aux petits producteurs ayant 3200 animaux au total, ce qui contribuerait Ă  limiter la densitĂ© du nombre de canards en pĂ©riode Ă  risque. D’autres solutions Ă  Ă©tudier sĂ©rieusement seraient la rĂ©duction des transports via un « zoning Â» comme cela aurait dĂ©jĂ  dĂ» ĂȘtre fait, la fin de la construction d’immenses bĂątiments d’élevage industriel et le plafonnement du nombre d’animaux Ă©levĂ©s dans ce type d’élevage qui ne sont que des bombes biologiques dĂšs que le virus s’introduit.

Forts du soutien des citoyens et citoyennes – plus de 54.000 ont dĂ©jĂ  signĂ© la pĂ©tition (2) « Pour l’élevage de volailles plein air toute l’annĂ©e Â» – nous demandons aux pouvoirs publics de tenir compte de nos demandes afin de sauvegarder un tissu rural, aujourd’hui menacĂ© par la concentration Ă  outrance des Ă©levages.




Source: Demainlegrandsoir.org