Juillet 18, 2022
Par Rapports De Force
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Si le printemps et l’étĂ© 2022 battent des records de chaleur, ils sont aussi marquĂ©s par une hausse de la tempĂ©rature sociale aux quatre coins du globe. En cause : une inflation galopante. Pour ses lectrices et lecteurs, Rapports de Force a prĂ©parĂ© un tour du monde des mouvements sociaux avant de vous laisser pour sa pause estivale.

L’augmentation du prix des produits alimentaires, de celui de l’essence, des salaires qui ne suivent pas, une crise Ă©conomique sociale et sanitaire qui ne cesse de s’amplifier
 Les consĂ©quences d’annĂ©es de pandĂ©mie, de la guerre d’agression russe dans le “grenier Ă  blĂ©â€ de l’Europe, des sanctions Ă©conomiques des pays de l’OTAN et des effets du rĂ©chauffement climatique sur les cultures et les infrastructures sont mondiales. Et provoquent des rĂ©actions des populations, en premier lieu dans les pays les plus durement frappĂ©s.

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Inflation et crise alimentaire

Dans les pays Ă  faible et moyen revenus, les tensions d’approvisionnement – particuliĂšrement importantes du fait de difficultĂ©s Ă  tous les niveaux de chaĂźnes conçues pour fonctionner en flux tendu – couplĂ©es aux flambĂ©e des prix des matiĂšres premiĂšres, commencent Ă  provoquer des pĂ©nuries de produits alimentaires – mais aussi de fertilisants, essentiels pour assurer les prochaines rĂ©coltes. La Banque Alimentaire Mondiale estime ainsi que depuis 2019, se sont 150 millions de personnes qui ont basculĂ©es dans la faim, portant le nombre total Ă  828 millions. Elle avertie aussi que 20 pays et rĂ©gions dĂ©jĂ  en situation d’insĂ©curitĂ© alimentaire critique pourrait voir leur situation s’aggraver d’ici septembre.

Si la hausse des prix est globale, certains pays Ă  la monnaie fragile font face Ă  de vĂ©ritable crises inflationnistes. C’est le cas au Liban, oĂč il devient difficile de trouver un commerçant qui accepte la livre, en Irak ou au Zimbabwe, confrontĂ© Ă  un taux record d’inflation Ă  130%. Mais l’alimentation n’est pas le seul problĂšme. Le prix du carburant est un enjeux majeur qui met la jeunesse dans la rue au Ghana comme au NĂ©pal, qui a Ă©tĂ© un dĂ©clencheur majeur des 18 jours de combat en Équateur et dĂ©clenchĂ© une grĂšve massive au PĂ©rou, dans le secteur du transport.

Crise sociale

La pandĂ©mie et ses effets dĂ©vastateur ont exacerbĂ© les tensions dans le monde du travail, autant qu’ils ont mis en lumiĂšre l’importance de la solidaritĂ© collective et des services publics. Avec les revendications salariales, la dĂ©fense des services public est donc sans grande surprise une revendication portĂ© par les nombreuses de grĂšves du secteur public, qui parfois paralyse un pays entier comme au Liban ou en Afrique du Sud. Au delĂ  des services public ce sont avant tout les secteurs qualifiĂ©s d’essentiels qui sont partout en premiĂšre ligne des grĂšves. Parce que ces travailleurs font parti des plus impactĂ©s par les crises sanitaire et sociale, mais aussi parce que les trĂšs importantes tensions des infrastructures et des chaĂźnes d’approvisionnement les placent en situation de force. Ainsi, la semaine derniĂšre, Joe Biden intervenait personnellement pour empĂȘcher une grĂšve du secteur ferroviaire, qui seraient en capacitĂ© de paralyser totalement les plus grands ports de la cĂŽte ouest, dĂ©jĂ  gravement saturĂ©s.

Plus de 2 millions de mineurs indiens se disent prĂȘts Ă  mettre Ă  genoux le rĂ©seau Ă©lectrique du pays, qui s’apprĂȘte Ă  rentrer dans la saison critique de la mousson. Mais cette stratĂ©gie ne se dĂ©ploie pas que par la grĂšve. Les infrastructures sont aussi la cible de choix de la plupart des mouvement sociaux Ă  travers le monde, des autoroutes du Panama aux tracteurs hollandais, en passant par les stations services pakistanaises. En Chine, c’est les banques qu’on menace d’une grĂšve des remboursement de prĂȘt immobilier, faisant trembler les marchĂ©s et rĂ©ussissant Ă  inquiĂ©ter un État policier pourtant tentaculaire. Au Mozambique ou en Iran, des manifestants osent Ă  nouveau dĂ©fier des États qui avaient matĂ© dans le sang les mobilisations prĂ©cĂ©dentes. Et si ni le degrĂ© de conflictualitĂ© ni celui de la rĂ©pression ne sont bien sĂ»r les mĂȘmes du Sri Lanka au Royaume-Uni, la tendance gĂ©nĂ©rale est au durcissement, de l’un comme de l’autre. D’autant que plusieurs de ces crises sont aussi politiques et institutionnelles. Comme en Tunisie, au Royaume Uni ou en Irak, ou encore au Kenya, dont les Ă©lections, qui doivent se tenir dans quelques jours, ont dĂ©jĂ  fait plusieurs morts au nord du pays.




Source: Rapportsdeforce.fr