Janvier 14, 2021
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Ces dernières semaines des manifestations partout en France ont rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes contre le projet de loi dit «  sécurité globale  ». On y a vu ici et là des tentatives diverses, heureusement infructueuses, de l’extrême droite pour tenter de s’insérer dans ces rassemblements. Décryptage d’une stratégie.

De façon récurrente ces dernières années, l’extrême droite a tenté d’infiltrer nombre de manifestations massives de plusieurs manières.

La première est de s’assumer plus ou moins ouvertement pour faire valoir leurs idées confusionnistes  : elle appelle à une convergence des manifestant·es se revendiquant «  antisystème  » tout en niant les rapports de dominations dans notre société. Le confusionnisme s’appuie sur des problèmes souvent réels, mais simplifie leurs causes à travers des rhétoriques complotistes qui détournent des perspectives de luttes matérielles.

Plus insidieux, ces groupuscules tentent aussi de s’immiscer dans les manifestations pour se fondre dans la mobilisation. Récemment, un groupuscule d’extrême droite, Vengeance patriote, s’est affiché sur les réseaux sociaux auprès de trois militant·es (Alice Coffin, Assa Traoré et un militant libertaire). Leur stratégie est simple  : montrer qu’ils sont présents et peuvent intégrer des cortèges sans être reconnus et/ou dégagés. Dans le cas contraire, ils jouent la carte de la victimisation : « Voyez ce sont eux les extrémistes, les sectaires  ». Cela leur permet aussi de se dédouaner de toute action violente commise ultérieurement par leurs membres.

Cependant, quand ils en ont la possibilité, les groupes d’extrême droite optent pour la confrontation directe. Se rassemblant en bande reprenant généralement les codes des «  hooligans  » ils viennent directement se confronter au mouvement social, pour intimider et casser celui-ci par la violence.

Vengeance patriote fait des selfies

Si ils trouvent sur leur chemin de nombreux militant·es antifascistes, cela se fait au prix de la mise en danger physique de ces mêmes militant·es. Nous y avons fait face récemment à Paris, à Strasbourg, à Lyon et à Caen. Même si les fachos n’attaquent pas toujours, le but de se rassembler autour des manifestations est aussi d’intimider les participant·es et de montrer leur «  force  ». Elle s’inscrit dans la même logique que la répression policière  : instaurer la peur auprès des manifestant·es pour décourager les mobilisations.

L’extrême droite ne cherche qu’à étouffer la contestation sociale. Elle n’est pas opposée aux lois liberticides, n’a que faire du fait qu’elles renforcent la répression contre les classes populaires  : l’extrême droite y est même favorable, elle a approuvé toutes les dernières lois répressives et sécuritaires.

Il est donc vital de ne pas tomber dans leur piège. Il est nécessaire d’être vigilant·es et de ne pas leur laisser de l’espace dans nos mobilisations. Pour ce faire, nous nous devons de mettre en avant la nécessité des classes populaires de s’auto-organiser pour défendre leurs intérêts de classe.

Commission antifasciste de l’UCL




Source: Unioncommunistelibertaire.org