A la suite de l’incendie de l’usine de Lubrizol à Rouen, les préfectures de Seine-Maritime, de la Somme, de l’Oise et de l’Aisne ont pris des arrêtés pour suspendre la mise sur le marché des productions végétales et animales à compter du 26 septembre. Des milliers d’hectares sont concernés : en Seine-Maritime, 112 communes sont touchées, 39 dans la Somme, 40 dans l’Oise et 14 dans l’Aisne.

Ainsi, depuis le 26 septembre, le lait collecté issu d’élevages dont les vaches étaient au pâturage, les œufs des élevages de plein air pondus, le miel collecté et les poissons d’élevage produits dans la zone concernée depuis cette date sont consignés « sous la responsabilité de l’exploitant ». Et ce, indiquent les arrêtés, « jusqu’à obtention de garanties sanitaires sur les productions, sur la base de contrôles officiels et d’une évaluation du risque sanitaire ».

Ces arrêtés précisent qu’après la levée des mesures de consignation, « la mise sur le marché s’effectuera sous la responsabilité de l’exploitant qui devra vérifier au besoin par des auto-contrôles la conformité sanitaire de ses produits ». Ces auto-contrôles sont irréalisables, compte tenu de la complexité des produits (par exemple, le di-alkyl dithiophosphate de zinc !), dont la liste complète n’est même pas connue. Et il est inadmissible etscandaleuxd’envisager que leur coût soit supporté par les producteurs et productrices.

La préfecture de Seine-Maritime a déclenché, dès le 26 septembre, le dispositif d’activité partielle pour les entreprises touchées. Elles pourront bénéficier d’une indemnisation prise en charge partiellement par l’État. En attendant que l’enquête détermine les causes et les responsabilités dans cet incendie, l’État doit aussi prendre en charge immédiatement les conséquences de cet incendie sur les productions et ne pas abandonner les paysans et paysannes.

Enfin, il est indispensable que tous les paysannes et paysans installé-es dans les zones touchées puissent bénéficier de l’intégralité des informations connues des services de l’État. Nous attendons donc du Ministre, qui se rend enfin sur place aujourd’hui, de tout mettre en œuvre afin de ne pas pénaliser le monde paysan qui se trouve aussi être une activité économique, et d’être le garant d’une parfaite transparence et circulation de l’information.

La Confédération paysanne examinera dans les prochains jours toutes les options juridiques possibles afin d’apporter un soutien aux paysans et paysannes concernées.


Article publié le 01 Oct 2019 sur Solidaires.org