Dans le même temps des luttes ont lieu dans les prisons de Marseille, Lyon et Toulouse. Dans au moins une de ces prisons des départs de feux ont lieu en plus de grève de la faim collective.

A Toulouse une prisonnière serait tombé malade, du covid19. Au lieu de libérer tous le monde et de fermer au plus vite cette prison puor sans papier, la préfecture décide de confiner les prisonnières dans leurs batiments, leurs interdisant même l’accès à la promenade. Tous les prisonniers ont décidés de se mettre en grève de la faim pendant au moins deux jours pour exiger leurs libérations et des soins adaptés pour les prisonnières possiblement malade.

Pour le moment aucune préfecture n’a décidé de répondre aux prisonnier.e.s en lutte. Alors les prisonniers de Nimes ont fait sortir un premier communiqué réclament leurs libertés et la fermeture de tous les centres de rétentions.

« Il faut fermer les centres maintenant »

« Y a beaucoup de gens qui ont un passeport en activité, qui ont déjà purgé leurs peines et qui restent enfermé entre ces quatre murs parce que les frontières sont fermées. Et cela pourquoi ? Parce que les frontières sont fermées. Donc on va encore y rester plusieurs mois. Les repas sont infecte, les lieux sales et infestes de tous genre d’insectes qui nous piquent la nuit. Y a des gens qui sont en couple des femmes et ont des enfants qui vivent en France depuis plusieurs années. Y en a qui travaillaient et qui avaient un logement mais hélas faute de papiers ils se retrouvent ici pour une durée inconnue. Et sous prétexte qu’on n’a pas de papiers on est traité comme des moins que riens. Y a six jours on a fait une grève de la faim ils s’en foutent comme de l’an 40. Les keufs nous disaient que ça servaient à rien et certains ont rigolé.

Comme tout êtres humains on réclame notre droit ainsi qu’un arrêt de notre privation de liberté. D’après les responsables d’ici on peut rester trois mois.

Les prisonniers des CRA de Toulouse Lyon et Marseille ont eux aussi ras le bol et ils ont décidé de lutter aussi, certains par le feu ou la grève de la faim.

On a l’impression de devenir fou à tourner ainsi toute la journée, nous n’avons plus d’argent pour acheter du tabac et des cigarettes ce qui amplifient le stress et la pression. Franchement en prison nous étions mieux, on se dépannait en tabac. Ici pour se faire raser ou se couper les cheveux on est presque obligé de mendier.

Ici ils nous refusent les téléphones avec photo pour éviter qu’on puisse montrer l’etat des lieux. Et ils osent parler d’égalité.

C’est comme l’association qu’il y a ici, forum refugié. Au lieu de nous encourager ils nous disent on a tout fait, au sens où ce que vous faites ne servira à rien.

L’autre jours y a un policier qui au petit déjeuner et qui nous a dit « plus vite sale bicot ». Je me suis retourné mais je n’ai pas pu voir lequel c’était ça.

Y en a plein qui sont dégoutés et qui veulent juste repartir.

Depuis 5 jours qu’on fait la grève de la faim on n’a toujours pas vu de médecin ou d’infirmier pour vérifier notre état de santé.

Nous prisonniers de Nimes nous revendiquons :

  • Rétablissement des parloirs
  • On nous a enfermé sans raison, nous exigeons notre remise en liberté immédiate !
  • Nourriture décente
  • Changement d’équipe de policiers, avec des policiers qui ne sont pas raciste
  • Possibilité de cantiner en centre de rétention
  • La possibilité de laver nous-même nos bâtiments et la promenade
  • La possibilité de se protéger face au covid19 avec du matériel et des soins.

Article publié le 18 Août 2020 sur Lepressoir-info.org