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La pancarte de l’universitĂ© clouĂ©e par-dessus l’univers : quand mĂȘme pas Ă  s’y mĂ©prendre
 On attend d’autres rĂ©ponses. Je suis toujours aussi stupĂ©fait quand je vois des gĂ©nĂ©alogies du modernisme suivre Rimbaud comme des canetons. Pour bien mystifier l’esprit d’un marteau-piqueur, il faut garder le clou du spectacle secret.

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Rimbaud va avoir 13 ans quand papa Baudelaire meurt, laissant, Ă  garder dans ses prĂ©cieuses italiques, un lĂšgue reluisant pour jeter les gĂ©nĂ©rations futures en extase : la fascination de la modernitĂ©. Les dents serrĂ©es, le poĂšte adolescent mĂąchouille une rĂ©bellion.

Et alors du contrecarrĂ© dans la main perturbe la mĂ©tĂ©o du sacrĂ©, ça s’agite, c’est fou, on dirait qu’il va pleuvoir de l’électricitĂ©. On finit par lire dans Une Saison en enfer :

Il faut ĂȘtre absolument moderne.

MĂȘme si la phrase vaut cher dans le catalogue des collectionneurs, tu penses que c’est sĂ©rieux ?

Quand Rimbaud balance ça en 1873, ça fait quoi ? – vingt ans ? – qu’on se pĂšte les bretelles en citant Baudelaire, le poĂšte de la vie moderne, qu’on minaude en singeant le grand damnĂ©, beau tĂ©nĂ©breux des poĂ©sies parnassiennes
 – Ah certes Rimbaud est sans doute appelĂ© par Baudelaire, les poĂštes maudits se reconnaissent, mais il peut bien le taquiner un peu aussi



Et surtout : se faire dĂ©tracteur des autres groupies, suiveux croques-morts Ă  la posture littĂ©raire, c’est-Ă -dire tout le groupe guindĂ©, peint par Henri Fantin-Latour, cercle des initiĂ©s que Verlaine lui a ouvert et que Rimbaud, « acariĂątre et mĂ©chant Â», a aimĂ© provoquer pour faire honte Ă  son ami et le faire frĂ©mir en mĂȘme temps d’une joyeuse dĂ©linquance sacrilĂšge. Ce mĂȘme Verlaine par qui le jeune itinĂ©rant a pu squatter l’appartement du PoĂšte du Parnasse Monsieur ThĂ©odor de Banville – avant que n’arrive la police parce qu’il pissait par la fenĂȘtre sur Paris !

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Des mots ternes déjà pour faire moderne.

Le romantisme magnifie l’hugolien PoĂšte Voyant et l’albatros sublime, et ça inspire beaucoup les poĂštes de sept ans, mĂȘme lorsqu’il en prend le contre-pied. Fallait goĂ»ter Ă  cette gloire et aller se moquer des mondanitĂ©s littĂ©raires pour se dĂ©poussiĂ©rer des mots de gloire qui gardent la vie dans son plastique d’emballage.

Des mots qui sonnent bien : des Ardennes Ă  Aden
 Comme un Marcel Duchamps coquin qui cacherait sa vie sous un jeu de mot. Mais Duchamps a quittĂ© l’art pour jouer avec la gloire (une manipulation)
 Rimbaud a quittĂ© l’art parce que la gloire qu’il souhaitait n’était pas de ce monde (une dĂ©ception). Ils se touchent nĂ©anmoins quelque part : Marcel Duchamps se moque en posant un urinoir au musĂ©e, et Rimbaud rĂ©pond Ă  la moquerie dadaĂŻste en allant pisser dedans ! Puis leur chemin se sĂ©parent : Duchamps est satisfait pendant que Rimbaud ne se satisfait de rien. MĂȘme l’impertinence lasse. Il lui faut plus. DĂ©passer le symbole, le langage, le mĂ©dia, pour toucher Ă  la vie. « Une rĂ©alitĂ© rugueuse Ă  Ă©treindre Â»â€Š Puis trimballer sa vie dans la poussiĂšre. Des Ardennes Ă  Aden. S’user les pieds jusqu’au genou. AmputĂ© du corps comme de sa poĂ©sie. Verlaine a dit : « L’homme aux semelles de vent. Â» Encore des mots, du vent qui prend des airs


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Vigny, Coppée, Lecomte de Lisle, tous ont qualifié leur poésie de moderne.

Le jeune poĂšte rĂ©pond : « Je trouvais dĂ©risoires les cĂ©lĂ©britĂ©s de la la poĂ©sie moderne. Â»

Quand l’épithĂšte apparaĂźt, comme une « barbarie moderne Â», c’est gĂ©nĂ©ralement sur un mode pĂ©joratif, dans une formulation dubitative, mon cher Watson
 Dubitative
 C’est drĂŽle que peu en fassent mention.

Y a-t-il une plus-value Ă  ce que « l’ecclĂ©siaste Â» soit « moderne Â» ?! Non bien sĂ»r, c’est de l’ironie
 C’est toujours de la provocation
 Faut voir l’article FrĂ©dĂ©ric Thomas nommĂ© Ă  partir d’une phrase de Rimbaud « Je serai libre d’aller mystiquement, ou vulgairement, ou savamment Â» pour voir combien il Ă©tait intellectuellement impliquĂ© avec son ami Andrieu dans une critique du progrĂšs. Qu’est-ce qu’il chercha en voulant dresser l’Histoire Splendide du monde ? PlutĂŽt en prendre le contre-pied, par ses ratĂ©es, ses leurres, sa dynamique rĂ©gressive, « dĂ©vidĂ©e de ses prĂ©tentions progressistes Â», dans un « bazar moral Â»â€Š

VoilĂ  pour le parti-pris politique. Et qu’est-ce qui attire l’écrivain ? « La vieillerie poĂ©tique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe. Â»

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« Il faut ĂȘtre absolument moderne Â» comme on disait aussi en 1968, « Il est interdit d’interdire Â», « L’imagination au pouvoir Â», « Je ne veux pas perdre ma vie Ă  la gagner Â», pendant que les hippies disaient : « Imagine all people living together living life in peace Â», ou comme ultime frondaison utopiste : « Faites l’amour pas la guerre Â»â€Š Et encore aujourd’hui dans nos CÉGEP, quel Ă©tudiant ne ressentira pas l’appel sublime Ă  ĂȘtre « moderne Â» ?… Ces sublimes banalitĂ©s attendent leur poĂšte pour ĂȘtre rĂ©actualisĂ©es et dorment dans nos silences de pieux croyants, rĂȘvent la dilatation poĂ©tique des slogans. La tentation des slogans qui naissent comme cri puis se rigidifient dans le fond de l’oreille contre l’os crĂąnien.

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Travaux scolaires gaspillant du papier, souches encore vibrantes, le vibrato assassinĂ© dans la gorge des bĂ»cherons qui piochent dans la littĂ©rature, on les entend encore fredonner que Rimbaud prĂŽne la modernitĂ©. Heureusement, d’autres commentateurs sportifs ont aperçu la triche. La porte est ouverte mais il faut encore l’enfoncer
 C’est toujours Ă  recommencer, pulsion sale pulsion et rĂ©pulsion !

Le pire de ces mauvais Ă©tudiant fut italien, lecteur de Rimbaud : une belle marionnette pour Marinetti et son « Manifeste du futurisme Â»â€Š Faire de la ventriloquie futuriste avec Rimbaud ? Bah
 Le Voyant est oracle, le goĂ»t des illuminations le porte vers le futur, la vision prophĂ©tique, oui, tiens, pourquoi pas
 – si on ne pense pas qu’il y a double-jeu, et que l’anglais rĂ©fĂšre davantage Ă  des enluminures un peu vieillottes
 AprĂšs tout, c’est encore une question d’italique : le titre « Les Illuminations Â» Ă©tant bel et bien en italique


Mais bon, admettons qu’il y aurait un semblant de miette de goĂ»t pour le le moderne en lui, une projection futuriste lui dĂ©ployant l’évidence d’un pont Ă  projeter, « armĂ© d’une ardente patience nous entrerons dans les splendides villes Â», c’est seulement parce qu’il ne se reconnaĂźt aucun antĂ©cĂ©dent
 Il se revendique un peu de ses ancĂȘtres Gaulois Ă  la cervelle Ă©troite, barbares et ineptes
 Son retranchement
 Sans s’y attacher
 DessouchĂ© et entretenant la nostalgie de la souche, pourri, il revient Ă  Roche chez sa mĂšre pour se rendre compte que non : aussi bien aller mourir ailleurs


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Il y a un labyrinthe d’égouts sans issue sous Charleville, oĂč vivent les Charbovari et leur charbon avariĂ© dans le cul des bovins : ça peut donner envie de modernité  Oui, prenons Charleville, le ‘grand’ village voisin du bled au petit Arthur (Roche), dans les Ardennes, faisons-en dans nos imaginaires littĂ©raires un site archĂ©ologique sur un grand plateau que dĂ©place une immense grue pour le mettre dans un musĂ©e antĂ©-moderne.

Les vieux Assis sont lĂ , personnages dĂ©sormais Ă©ternels, nouĂ©s Ă  leur chaise comme des arbres dans une clĂŽture. Des hauts-parleurs diffusent des bruits d’outil dans une fabrique fermĂ©e depuis longtemps. La machine Ă  faire du bruit entre deux cavitĂ©s insonorisĂ©es pour faire oublier la poĂ©sie insolente. Il est joli, notre petit musĂ©e. C’était comme ça dans le temps. La modernitĂ© chronomĂštre jusqu’à zĂ©ro puis recommence un nouveau dĂ©compte inutile, mais ça nous rappelle l’ennui et qu’il a voulu fuguer. Il l’a fait. Plusieurs allers-retours. La modernitĂ© tourne en rond en dĂ©faisant Ă  gauche ce qu’elle fait Ă  droite. Mais au moins ça bouge. Alors question : avec une sympathie pour les pauvres Ă  l’église, la cathĂ©drale Notre-Dame de MontrĂ©al en sons & lumiĂšres, c’était son idĂ©e ? Pensait-il qu’il fallait installer un moteur Ă  rĂ©action Ă  la Sainte-Vierge pour son Assomption au ciel ?

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La vie est une poussĂ©e scandaleuse dans l’univers que l’homĂ©ostasie tend Ă  contrer
 La langue de bois, le politiquement correct, la communication non-violente, la programmation neuro-linguistique, la publicitĂ©, les romans de gare, la poĂ©sie gouvernementale des dĂ©pliants, tout ce qui veut encaver du langage rigide dans le cerveau.

Comment se manifeste la vie quand des caractĂšres de l’alphabĂȘte se forment sur fond blanc ?

La vie c’est la voix. Une Saison en enfer, c’est le recueil que tu as envie de beugler Ă  ta fenĂȘtre. Comme Flaubert postillonnant Ă  tout Paris : « C’était Ă  MĂ©gara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar Â» ! On a fait toute une affaire de la langue de Flaubert qu’on accusait de ne pas Ă©crire avec correction. Un dictionnaire Ă  la place du coeur et une grammaire Ă  la place des oreilles, chantons ensemble –

 Â« Le sens est dans les mots – trahi ho ! trahi ho !

le sens est dans les mots – trahi ho ! trahi ho ! Â»

Et la voix ? La musique ? – pfffff
.

Il faut absolument que la ponctuation devienne invisible (il paraĂźt).

Un jour, un Ă©diteur — dont je ne veux putrĂ©fier le nom ici — s’est exclamĂ© :

« Ă€ quoi servent les parenthĂšses puisque Ă  l’oral elles ne paraissent pas. Â»â€Š Ouch ! Ça fait mal


Il voulait passer mon texte au malaxeur. Nous avions notamment une dissension Ă  propos du point-virgule, qu’il voulait faire disparaĂźtre. Quand on pense Ă  Paul Valery qui voulait inventer des nouvelles ponctuations pour rĂ©pondre Ă  la richesse des nuances Ă©motives/intonatives, pousser la disparition d’un signe de ponctuation ne reprĂ©sente point un pas en avant. Je pense aussi Ă  Baudelaire, qui saute dans le train, aller chez l’éditeur pour y rectifier une virgule avant l’impression imminente ! Tout ça parce qu’un poĂšte veut faire entendre sa voix par sa rythmique, et que les signes de ponctuation, parenthĂšses et italiques inclusivement, en sont les marques. Mais aujourd’hui, nous avons le tic de la langue blanche de Camus. La phrase Ă  point. LinĂ©aire. Atone. Neutre. Ça c’est moderne !

Pitié sur la mémoire de cet éditeur qui ne veut pas entendre les petites voix qui chuchotent dans les parenthÚses.

Ein zwei drei pic-et-pic un texte en braille !


Et s’il ne distingue pas non plus les italiques, un tel Ă©diteur croit qu’il faut ĂȘtre absolument moderne !

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« Moderne Â»â€Š

Le mot nu ment.

« Plus de mots Â»

Il n’en veut plus.

S’extasie-t-on en ouvrant un dictionnaire ou est-ce qu’il faut une machine-Ă -boule faire sonner tout ça ? — Oui, ça arrive, une hiĂ©rophanie du hasard pour un mot jetĂ© sur la table, mais on ne parle pas de la trouvaille pendant 147 ans ! Est-ce que le mot « moderne Â» est si splendide dans sa dĂ©gaine ?! Est-ce qu’un mot est beau ? Un mot isolĂ©, tout-nu, sans passĂ© ni futur, est-ce qu’il a un sens ? Comment est-ce que les poĂštes s’y prennent pour qu’un mot rĂ©sonne ? Ils poussent un autre mot aprĂšs le premier, puis un autre. Ça pousse. Puis ça ligature, comme ça, une constellation dans une nuit noire oĂč n’importe quelle Ă©toile du champs lexical aurait pu en faire partie ou non.

« J’ai tendu des cordes de clocher Ă  clocher ; des guirlandes de fenĂȘtre Ă  fenĂȘtre ; des chaĂźnes d’étoile Ă  Ă©toile ; et je danse. Â»

La Voix d’OrphĂ©e parle joliment de cette Illumination d’ailleurs


Le mot apparaüt dans une phrase, la phrase est dans un texte, le texte est dans son contexte –

le texte est dans son contexte maridon dondĂ© !

le texte est dans son contexte maridon dondĂ© !

Tout ça jazz le rythme d’un imaginaire. La charcuterie littĂ©raire s’amourache trop souvent d’entre-filets pour s’en apprĂȘter un plat Ă  sa sauce. On oublie que le bƓuf vivant n’a pas de lignes pointillĂ©es sur la peau.

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Meschonnic a bien fait de noter la formulation impersonnelle de notre slogan, IL FAUT qui est un « en-dehors du sujet Â». Trace d’une interfĂ©rence, une pollution de l’ñme, du wifi pour une fricassĂ©e de neurones. Tout le « autre Â» qui nous tripote les pensĂ©es. Le poĂšte et sa disparition Ă©locutoire – Ă©lectrocutoire ! Courts-circuits dans le cerveau ! Jonctions fuckĂ©es ! Toutes les voix ensemble ! Oracle ! Le Voyant parle, c’est la pulsion de dire
 Peu importe quoi. Peu importe ce qu’il dit, il ne se possĂšde pas, « si le cuivre s’éveille clairon Â», « on me pense Â»â€Š

Puis vlan ! Un autre slogan rimbaldien :

« Je est un autre. Â»

Shiva, avec tous ses avatars, est un cas lourd de schizophrĂ©nie Ă  personalitĂ©s multiples… Pareil, l’adolescent exilĂ© de Roche – and roll – pierre qui roule se cherche. Le Petit Poucet rĂȘveur cĂŽtoie l’anarchiste qui s’en va Ă  la Commune de Paris pour le plaisir de se rĂ©volter avec le mystique, le savant, le vulgaire, et toutes les autres icĂŽnes dans sa tĂȘte qui s’en vont s’entretuer entre elles sur les barricades. Rimbaud, c’est le Shiva de la poĂ©sie française qui crĂ©e et dĂ©truit avec ses bolasses de feu dans un Ă©ternel mouvement de vie.

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« Non, non, Ă  prĂ©sent, je me rĂ©volte ! Â»

RĂ©voltes et voltes-faces, il attaque il mord ; il se repent
 Il se repend et se dĂ©prend, s’évade avec le doigt d’honneur !

« Je suis cachĂ© et je ne le suis pas Â»â€Š

Une chose et son contraire, une poĂ©sie qui tranche Ă  chaque phrase sur la prĂ©cĂ©dente et crĂ©e des gouffres entre. Du sens s’y gĂ©nĂšre, tente de rejoindre les distances, en vain. C’est du sens perdu. C’est farfelu. Il appelle Dieu puis –

« Un crime, vite, que je tombe au nĂ©ant ! Â»

Une rythmique achoppĂ©e, une voix qui s’entortille, dit et dĂ©dit les Ă©dits qu’il dĂ©die au diable quand il dit le contraire du contraire du contraire sans se rĂ©tracter, qui rajoute, qui rajoute, ra, ra, ra. Les Ă©clairs de l’eurĂȘka et de l’ecclĂ©siaste sont rĂ©futĂ©s par un rĂąlement de paresse, puis — « Non ! Non ! À prĂ©sent je me rĂ©volte contre la mort ! Â» puis ĂŽ regret, « l’éternitĂ© ne serait-elle pas perdue ? Â» Ça viraille d’un bord puis de l’autre, vire de d’ssour puis pogne le champs ! Son esprit lui-mĂȘme l’interrompt et diantre, ça fait beaucoup de confusion parmi les voix !

« La science, la nouvelle noblesse ! Le progrĂšs. Â»

Ce n’est pas lui qui parle, on le parle, puis il se reprend, il raille sa phrase prĂ©cĂ©dente qui Ă©tait d’une autre voix, jusqu’à ce qu’il s’emporte et rĂ©alise qu’il venait encore d’ĂȘtre possĂ©dĂ© par un autre ventriloque, un conquĂ©rant brutal retour de pays exotiques qui tombe Ă  pic, « on ne part pas Â», rĂ©pond-t-on quelque part dans la chorale rimbaldienne. Allers-retours de dĂ©lire.

MĂȘme toi – curĂ© – tu auras ta voix ! Dans les comĂ©dies de la soif, MOI rĂ©pond aux grands-parents, Ă  l’Esprit, aux amis, qui tous ont voix en lui. Le poĂšte est un confluent de voix. Âge d’or :

« Quelqu’une des voix

Toujours angélique

– Il s’agit de moi, –

Vertement s’explique. Â»

Ça parle Ă  dieu ! Ça parle au diable ! Ça parle dans toutes les directions, une voix, la mienne, maintenant dit : « dans une Ăąme et un corps Â» Manquez pas les italiques encore une fois ! C’est la fin d’Une Saison en enfer. Le poĂšte cherche la voix qui ferait taire toutes les autres, dans une Ăąme et un corps.

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Ce qui est Ă  lire, c’est sa sƓur qui en a eu la fureur du germe Ă  l’éclosion. Elle entend son frĂšre de retour de fugue, cloĂźtrĂ© en haut dans le grenier de la maison maternelle, et lĂ , sa colĂšre remonte, ses frustrations, il pleure, il sanglote, il hurle, sa chair crie le coup de feu reçu par Verlaine et sa pauvre errance. VoilĂ  les travaux prĂ©paratoires pour l’écriture d’Une Saison en enfer ! Le coup de glotte Ă  la genĂšse du Verbe ! C’est sa voix qu’on entend faire le rythme des imbroglios dans son corps, ses ambiguĂŻtĂ©s et son ardente patience


Quand quelqu’un marque l’esprit par son discours, bien souvent, les gens ne se souviennent que trĂšs peu ce qu’il a dit. Ce qui intĂ©resse Barthes et les barateurs d’émotions, ce sont les mouvements des fluides. AprĂšs ça, il peut bien dire Ă  peu prĂšs n’importe quoi
 Genre
 Bon, tu sais, des slogans-a-gogo


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Besoin de kicker dans le pare-brise pour obtenir une Ă©toile ?

Quand le sublime s’effondre dans le creux de l’ennui, un baillement avalerait le monde, le poĂšte n’attend pas la modernitĂ©, il « attend Dieu avec gourmandise Â»â€Š

Dieu, une autre de ces explosions qui Ă©clairent son abime une fois de temps en temps. Ça ou autre chose
 On peut imaginer que le Christianisme d’Une saison en enfer est un peu la voix verlainienne qui ronronne ses niaiseries. J’imagine aussi une tendance masochiste Ă  Verlaine, Ă  aimer ĂȘtre ridiculisĂ© par son animal d’ami. Sa poĂ©sie parfois miĂšvre est bafouĂ©e par le bang-bang Ă  Rimbaud. Ça me rappelle une scĂšne du film Basquiat, oĂč Andy Warhol (jouĂ© par David Bowie) dans une dĂ©marche anale va dĂ©coller un pochoir poche du mur et rĂ©vĂšle une insipiditĂ© lĂ©chĂ©e ; lĂ , Basquiat se lĂšve et va barbouiller l’insipiditĂ© en question avec un cacanne Ă  spay. Warhol dit : « You’re a genius ! Â»

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Premier prix du collĂšge, le directeur, un voyant lui aussi, dit : « Intelligent tant qu’on voudra, il finira mal. Â» Il a fait exprĂšs pour dĂ©plaire quand tout a Ă©tĂ© trop facile. « Trop de chance ! Â» Enfant bĂ©ni, il se moque de sa propre candeur avec une ironie corrosive
 Rimbaud raille la moitiĂ© du temps son propre angĂ©lisme, en permanente contradiction, aliĂ©nĂ© par des images qu’il sait ridicule, – la religion : un infantilisme de l’ñme, « l’opium du peuple Â». Son enfance fut une fĂȘte, des gloires, des fils tendus entre les Ă©toiles oĂč faire de l’équilibrisme. Les fĂ©Ă©ries du voyant sont l’objet mĂȘme de sa quĂȘte mystique mais le monde a trahi son idĂ©al. Tak : « tout ce que je puis inventer de bĂȘte, de sale, de mauvais, en action et en parole Â»â€Š « L’amour du sacrilĂšge, et, en mĂȘme temps, l’idolĂątrie moderne
 Â»

« L’idolĂątrie moderne Â»â€Š C’est Ă©crit, je n’invente rien !

RimbaldolĂątres de la modernitĂ© en solde, rĂ©veillez-vous ! C’est quand mĂȘme pas Star Wars qu’appelle sa poĂ©sie !

« J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, dĂ©cors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littĂ©rature dĂ©modĂ©e, latin d’église, livres Ă©rotiques sans orthographes, romans de nos aĂŻeules, contes de fĂ©es, petits livres de l’enfance, opĂ©ras vieux, refrains niais, rythmes naĂŻfs. Â»

Le voilĂ  enfin sorti de son grenier oĂč il a Ă©jaculĂ© la rage de sa saison en enfer. Il se balade dans Charleville. Il aime le miteux, il se rit du grotesque comme du pompeux, mais l’innocence le touche. Il est attendri par les grands-mĂšres pieuses Ă©grainant leur chapelet. Le culte de Marie l’enchante parmi cent fĂ©Ă©ries profanes, oui, toutes ces sottes crĂ©dulitĂ©s ! Qu’on lui permette un peu de contradiction, sacrement ! Et parmi les dĂ©votions sacrilĂšges avec lesquelles il jongle avant de les jeter dans le fossĂ©, la science, « la nouvelle noblesse Â» ! Et la modernitĂ©, est-ce bien mieux que la science ? Ces « remĂšdes de bonnes femmes et les chansons populaires arrangĂ©es Â»â€Š La Sainte Foi ou une autre, « â€™Ă  la science, et en avant !’ crie l’ecclĂ©siaste moderne Â».

Angelots pastels de nos vieilles Ă©glises, Rimbaud garde une pitiĂ© touchĂ©e sous sa caboche aux spikes de punk, mais c’est une ironie blasphĂ©matoire qui donne un accent altĂ©rĂ© en italiques Ă  ce slogan creux : Il faut ĂȘtre absolument moderne
 – Puis la phrase d’aprĂšs (je rĂ©pĂšte : la phrase juste aprĂšs le slogan) ça dit : « point de cantique Â» Oui, cette modernitĂ© est un nouveau cantique. En voulez-vous plus ou ça overkill dĂ©jĂ  assez ? Comment est-ce qu’on pourrait encore croire qu’il y croit ?!

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En quoi pourrait-il bien croire ? Ou bien : en quoi se permettrait-il de croire sans se moquer de lui-mĂȘme ?

Quand Verlaine lui confesse sa conversion Ă  Dieu, ça aura pris trois heures Ă  l’iconoclaste pour faire abjurer au trĂšs-cher capricieux ses prĂ©ciositĂ©s solennelles et que les pauvres diables lĂšvent leur verre aux pires pitreries ! À la « Vierge folle Â» ! Quoi faire d’autre avec un ami qui s’amuse Ă  faire le Pierrot Ă©pouvantable se lamentant de la derniĂšre neige en une mĂ©lancolie canonique ? Delahaye, ami d’errance de Rimbaud, Ă©crit :

« Verlaine est arrivĂ© l’autre jour, un chapelet aux pinces
 Trois heures aprĂšs on avait reniĂ© son dieu et fait saigner les 98 plais de N.S. Â»

Qu’est-ce qui n’échappe pas Ă  sa raillerie ?

Bien sĂ»r, il arrive que le rire se pĂšte les palettes, avec des dĂ©rĂ©lictions plantĂ©es sur le chemin de son errance comme des mines anti-personnelles. Mais un volte-face et le poĂšte circassien se remet debout. Quand son ivrogne d’ami lui tire dessus avec un revolver, Rimbaud s’en va se faire vendeur d’armes en Afrique. Pourquoi pas ? Le feu par le feu !

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« Quel mensonge dois-je tenir ? Â»

Raillerie, sarcasme, ironie, sous quoi se cache une gravité.

En quoi croire, nous, lecteurs, quand il dit le contraire de ce qu’il pense ? Quelle voix est la bonne ? Faudrait peut-ĂȘtre chercher une « modernitĂ© absolue Â» de ce cĂŽtĂ©-lĂ  : la duplicitĂ©, et, visionnaire sur le plan politique, le dĂ©but d’une Ăšre de mensonge de masse ? Et est-ce le traficotage des Ă©motions qui l’éloigna de la littĂ©rature, jamais contemporaine du sentiment brut ? L’art poĂ©tique maniĂ©rĂ© verlainien qu’il a accompli et ĂŒber-accompli dans les Vers Nouveaux, il n’aurait pas pu le rĂ©pĂ©ter sans se foutre de lui-mĂȘme
 Singe de soi-mĂȘme


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Pas de thĂ©ories svp. Il ne croyait pas devoir l’écrire en prĂ©face de son livre. Ça lui semblait Ă©vident, AprĂšs avoir autant dĂ©lirĂ©, rĂ©pudiĂ© sa thĂ©orie du voyant et dĂ©menti le poulet extatique, croyait-il vraiment nĂ©cessaire de dire qu’il ne fallait rien prendre au sĂ©rieux ? Un mouvement atavique de wannabe littĂ©rateur l’a poussĂ© Ă  auto-publier Une Saison en enfer, puis un second mouvement Ă  tout abandonner. Un adorateur de la PoĂ©sie lui dit devant l’ÉternitĂ© avec une voix chevrotante : « Dis, Arthur, avec ton talent, tu aurais pu conquĂ©rir le monde
 Â» Et le rĂ©voltĂ© de rĂ©pondre : « M’en fiche. Â» Papa dit : « Arthur, je t’ordonne de tondre le gazon aujourd’hui. Â» Et le p’tit con de distinguer la maison parentale semblable aux mille autres identiques sur la rue de banlieue en traçant le A-cerclĂ© de l’anarchie avec la tondeuse dans le gazon. Pas de thĂ©orie svp. Il n’a rien Ă  contrecrisser des thĂ©ories sur l’anarchie. Il veut pĂ©ter les murs de l’autoritĂ© autour de lui, c’est tout. Puis enfin dĂ©capiter l’ultime autoritĂ© : il fera de la religion une science pour dĂ©mentir Dieu et ne plus rĂ©server le terme qu’aux bulletins sportifs et leurs « dieux du stade Â».

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C’était un futĂ© du collĂšge. Assez pour sous-entendre le troisiĂšme degrĂ© du quatriĂšme sens d’une modernitĂ© qui suroit Ă  elle-mĂȘme dans sa rĂ©itĂ©ration perpĂ©tuelle – ! – mais est-ce une prĂ©occupation immĂ©diate pour lui ? La poĂ©sie, c’est parce qu’elle est large qu’on la lit, pas parce qu’elle pose un propos cohĂ©rent. Et s’il y a pensĂ©, au troisiĂšme degrĂ© du quatriĂšme sens d’une modernitĂ© qui sursoit Ă  elle-mĂȘme dans sa rĂ©itĂ©ration perpĂ©tuelle (« absolument Â»), ce serait peut-ĂȘtre la raison pour laquelle il aurait finalement dĂ©cidĂ© de tout abandonner. Allait-il Ă©couler sa camelote sur le dos large d’une poĂ©sie trĂšs large ?
 Ne suis-je pas moi-mĂȘme en train d’utiliser un livre de Rimbaud pour mettre le feu Ă  l’universitĂ© ?!

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À Paul BĂ©langer, le poĂšte du plus qu’Incertain

et à Maro Maro, enfant bñtard d’un fantîme

et d’un coup de vent, un genre Rimbaud

auto-saboté avant de le devenir,

« Parmi l’énumĂ©ration nombreuse des droits de l’homme que la sagesse du XIXe siĂšcle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont Ă©tĂ© oubliĂ©s, qui sont le droit de se contredire et le droit de s’en aller. Â»

– Charles Baudelaire

Une lecture n’épuise pas le poĂšme, mais avec les dĂ©cennies qui passent, ça peut quand mĂȘme le fatiguer un petit peu


Meschonnic a supposĂ© que Rimbaud en arrive Ă  une « acceptation, amĂšre, du monde moderne Â», car – vrai ! il est las, l’exil africain approche – la fin d’Une Saison en enfer est Ă©cƓurĂ©e


Mot dĂ©jĂ  vieillissant
 Moderne
 Pour ĂȘtre moderne – absolument – il faut rejeter le moderne d’hier
 L’absolu ! – qui se cherche au-delĂ  de lui-mĂȘme
 On pourrait dire ça, en effet, mais ce serait encore jouer le jeu de la rationalitĂ©, quand, au fond, Rimbaud s’en fiche


« Acceptation Â» ? Bah
 Il n’accepte pas tant que ça ; il est las et s’en fiche.

La dĂ©raison commence Ă  lui frire le cervelet, oui pompom, ça peut arriver quand « le PoĂšte se fait voyant par un long, immense et raisonnĂ© dĂ©rĂšglement de tous les sens Â», comme il l’écrit Ă  Demeny, quand la dĂ©raison organise le raisonnĂ© dĂ©rĂšglement


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Il appelle le moderne. C’est sĂ»r, ça s’écrit devant lui
 Un voyant lit le futur
 Un peu, oui
 Sans y croire, mais il doit bien ressentir un appel
 Alors ? L’ambiguĂŻtĂ© ! Doutes, double-sens, carrefours de labyrinthe
 L’ambiguĂŻtĂ© ! Un moteur de fascination. L’ambiguĂŻtĂ© ! LĂ  oĂč ça fait du nƓud, quand ça se dĂ©cide pas
 L’ambiguĂŻtĂ© ! Qui met les contraire en intelligence (intelligence ?! Mot mort, comme morte est la sensibilitĂ© qu’on enterre gĂ©nĂ©ralement sous ce mot.) L’ai-je dit ? : L’ambiguĂŻtĂ© ! VĂ©ritĂ© absolue martyrisĂ©e, fragmentĂ©e, des vĂ©ritĂ©s entretiennent entre elles des relations, des complĂ©tudes parfois, souvent des tensions, faisceaux, croisements, collisions, oh que c’est intĂ©ressant ! « Je rĂ©servais la traduction. Â» Le sens n’est pas originel, mais vient aprĂšs, ça dĂ©pend juste du mouvement de la main et le vent que ça fait en Ă©crivant.

Encore : l’ambiguĂŻtĂ© !

Confus ? Il donne Ă  lire les contraires, c’est le FarfeluĂŻsme le plus complet. Ô chaman de l’absurde rĂ©organisĂ© en intelligence, quand tu fais tes galipettes avec le cristal multiface, – fraĂźche cavalcade d’idĂ©es drĂŽles qui brĂ»lent, cheminĂ©es ronflantes, – j’ai du bon tabac tu n’en auras pas ! – je me sens comme si j’avais fumĂ© de la drogue.

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VoilĂ  un biscuit chinois pour toi, Arthur Rimbaud :

« Tu aurais pu devenir prix Nobel si tu t’étais bottĂ© le cul ! Â»

Faut, faudrait, y aurait fallu… Il faut ĂȘtre moderne, mais il s’en est foutu, ou, en tout cas, il n’a pas transigĂ© lorsqu’il aurait fallu ĂȘtre sage.

Le « moderne Â» Ă  la fin du XIXe, c’est le capitalisme le plus exĂ©crable avec le remords enseveli dans les mines Ă  charbon, l’exploitation des exploitĂ©s. Non, pas des employĂ©s, ni des salariĂ©s, ni des associĂ©s : des exploitĂ©s. En face, c’est la rĂ©ponse communiste ou anarchiste, la rĂ©volte des travailleurs
 La fougue de Rimbaud va naturellement du cĂŽtĂ© des travailleurs
 « Je serai travailleur [mais
] Travailler maintenant ? Jamais, jamais, je suis en grĂšve Â»

Encore une inconsĂ©quence de cet harangueur de cirque
 Aussi bien chĂŽmer la Saint-Lundi puis les autres jours aussi ! Alors ni l’un ni l’autre.

Pourtant, cette vĂ©ritĂ© en guise de drapeau hissĂ© Ă  la fin d’Une saison avec une « rĂ©alitĂ© rugueuse Ă  Ă©treindre Â» le pousse Ă  prendre son existence en main comme une auto-flagellation. Il a donc Ă©tĂ© « dĂ©bardeur dans les ports, soldat hollandais, chef de chantiers dans les fournaises du Proche-Orient, acheteur de cafĂ©s, marchand de colliers en verroterie, de miroirs d’un sous pour les nĂ©gresses, de joujoux, d’ombrelles, de cotonnades et de fusils pour des majestĂ©s dĂ©risoires, explorateur, chef de caravanes Â»â€Š (Fumet)

NĂ©anmoins, pour nous, le voilĂ  de nouveau en face du dĂ©sƓuvrement, pour sortir de l’Ɠuvre
 L’exil.

RenĂ© Char :

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud.

∞ |[I∏I]| âˆž

À la recherche du lieu et de la formule, j’errais d’ombre en ombre dans la Ville-LumiĂšre. Dans ce recoin de petites rues entortillĂ©es du 5e arrondissement, entre la fontaine Saint-Michel et l’appartement de ThĂ©odor de Banville que le poĂšte de dix-huit ans squattait, j’ai trouvĂ©, Ă  un prix surprenant, allĂ©chant, hululant, une magnifique Ă©dition classique de la PlĂ©iade des Ɠuvres complĂštes d’Arthur Rimbaud. LĂ , un doute, j’ai demandĂ© au libraire ce que penserait Arthur de se voir acadĂ©misĂ© dans son dos
 Il n’a pas compris c’est quoi le problĂšme. J’ai donc discutĂ© avec mon instinct et je ne l’ai pas achetĂ© ; plutĂŽt continuer Ă  travailler dans mon petit livre scrap d’une Ă©dition boboche avec des fĂŽtes, des couilles et des Q
 Un petit livre lĂ©ger pour partir loin en voyage
 On peut en arracher une page pour l’offrir Ă  quelqu’un dans un train.

∞ |[I∏I]| âˆžFIN

p.s. Pour une bibliographie, Ă©coutez là
 Ben
 Bof


p.p.s. Je m’en fous de la note finale.

p.p.p.s. Pour de plus amples farfeluĂŻsmes :

https://maelstrom.my-free.website/


Article publié le 19 Oct 2020 sur Lundi.am