Voici le communiqué des prisonnier.ères le 1 juin 2020 :

“Nous sommes les prisonniers du centre de rétention Mesnil-Amelot. Hommes, femmes, tous les bâtiments : ici on est solidaires !

Car on se sent vraiment en prison.

Car ils nous traitent comme des chiens, ils nous parlent comme à des chiens.

Car en France ça n’existe pas la double peine alors qu’ici c’est est vraiment une 2e peine.

Car le centre c’est pire que la prison et qu’on préfère retourner en prison que de rester ici.

Car ici on mange pas bien et que dans la nourriture il y a des calmants.

Car on dort le ventre vide parce qu’on ne peut pas sortir même un morceau de pain de la cantine.

Car ici la nourriture c’est l’entreprise GEPSA qui a un long contrat avec le CRA et que même en prison c’est pas GEPSA.

Car chaque jour on se fait fouiller les cellules.

Car chaque jour on se fait agresser par les surveillants pour un morceau de pain de trop ou une carte oubliée.

Car on en a marre de la saleté et les agressions des policiers.

Car on paye des avocats très cher pour rien.

Car quand on demande à manger halal ils nous servent du porc.

Car ils agressent des personnes qui en ont encore des traces sur le visages et sur le corps.

Car on est coincé là alors qu’il y a pas d’avion.

Car la police ne respecte pas la santé des personnes, l’une d’entre nous est tombée ce matin parce qu’elle n’avait pas reçu son traitement.

Car on a porté plainte tous et toutes ensemble solidairement et qu’on a reçu aucune réponse, que personne nous écoute.

Pour toutes ces raisons on a fait plusieurs fois la grève de la faim ces dernières semaines mais sans solution. Ils nous disent : « même si on vous voit mourir devant nous on va rien faire. »

On peut pas rester ici si c’est pour vivre comme ça ! On veut la liberté !”

Hier matin (lundi 1 juin) les équipes de flics étaient encore plus nombreuses et encore plus agressives que d’habitude, un mouvement collectif a eu lieu et a réussi pour protéger un prisonnier de l’isolement.

Un prisonnier en lutte raconte :

“Ce matin il y avait 3 fois plus de policiers que d’habitude au CRA sans explication. Ils parlaient encore plus mal que d’habitude sans explication. Impossible de circuler même pour aller chercher des affaires au coffre sans explication.

L’un d’entre nous pour une histoire de carte oubliée s’est fait agresser par la police. Après ils ont essayé de le mettre à l’isolement. Nous tous on a crié, on a essayé de monter le ton. Ici on est solidaires entre nous et on a réussi à empêcher que la police le ramène au quartier d’isolement. On est resté devant, on a bloqué la porte et on a dit « soit nous tous, soit personne ». On a menacé de sortir les matelas et de dormir toute la nuit dehors. A la fin ils ont fini par le laisser tranquille.

On sait ce qu’il se passe dehors et les manifestations pour les droits des sans-papiers, maintenant vous savez que dedans ça bouge aussi. On a appris par la télé ce qui se passe aux États-Unis, on est solidaire de ça aussi car on connaît leurs conditions, on vit la même chose.”

Contre les violences des keufs, contre GEPSA et les boîtes collabos, contre l’enfermement : Liberté et papiers pour tout.e.s maintenant !

Enfermé.e.s ou pas,

la solidarité est une arme

Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s


Article publié le 03 Juin 2020 sur Paris-luttes.info