Je ne dirais pas que cela m’empĂȘche de dormir
Mais de savoir qu’une fraction de l’humanitĂ©
Se sent à ce point déconsidérée et mal-aimée
M’invite à penser des solutions pour en finir.

Je suis un homme profondément réformiste
J’aspire Ă  une sociĂ©tĂ© vĂ©ritablement pacifiĂ©e
Je me défie trÚs clairement de tous les exaltés
Parmi lesquels les pires sont les anarchistes.

Les modestes propositions que je verse au débat
Doivent donc ĂȘtre comprises comme un essai
Pour aboutir à un ordre social uniment policé
Et rendre grĂące Ă  la corporation du tonfa.

L’activitĂ© policiĂšre nĂ©cessite des compĂ©tences
Insuffisamment reconnues par les administrés
Qui oublient combien le racisme est une qualité
Dont tout le monde ne peut se prévaloir en France.

N’est pas imbĂ©cile, intolĂ©rant et brutal qui veut
Le tempĂ©rament nĂ©cessaire n’est pas chose innĂ©e
Une solide formation année aprÚs année
Est garante d’un professionnalisme sourcilleux.

Les flics sont méritants quand on y songe
Bigeard surinait librement les Niakoués
La grande muette cautionnait les à-cÎtés
Et le ministre de la guerre passait l’éponge.

Aujourd’hui on demande au brigadier-chef
De s’assurer que le corps des gardiens de la paix
Pratique la bavure et parfois mĂȘme la curĂ©e
Comme s’il buvait un verre de Saint-Estùphe.

Au fond, exiger une telle délicatesse
Dans le traitement des sauvageons sénégalais
De la racaille malienne et des vils burkinabés
C’est faire injure Ă  ces brutes Ă©paisses.

Il devient donc maintenant urgent
D’effectuer un geste pour les remercier
De leur peine et de tous les bienfaits
Qu’ils procurent aux honnĂȘtes gens.

On pourrait ainsi les applaudir Ă  vingt heures
Les décorer aussi le jour du quatorze juillet
Et leur fournir une prime et des indemnités
Pour leur action contre les Noirs et les Beurs.

CĂ©d


Article publié le 20 Juin 2020 sur Monde-libertaire.fr