La direction essaie d’obtenir le consentement de syndicats jaunes pour faire passer des ruptures conventionnelles collectives sur les différents sites. La CGT refuse la combine et veut rassembler pour résister.

Le 17 septembre aura été une modeste journée d’action nationale, mais elle a pu avoir du relief dans des localités où des luttes commencent à monter contre les licenciements. C’est le cas à Segré (Maine-et-Loire), où 86 emplois sur 689 sont menacés à Paulstra, usine du groupe Hutchinson, équipementier automobile spécialisé dans le caoutchouc.

Au niveau national, le but d’Hutchinson, filiale de Total, est de profiter de la crise du coronavirus pour restructurer et licencier entre 800 et 1 000 salarié·es dans ses 25 usines en France. Le tout malgré les millions et les milliards de bénéfices réalisés depuis de nombreuses années par ces groupes, malgré les millions d’aides de l’État acquises, et après avoir refusé le chômage partiel pour pouvoir continuer à verser des dividendes sans crainte de les voir contestés…

La direction générale mise sur des ruptures conventionnelles collectives (RCC) et, pour commencer, cherche à gagner le consentement des syndicats jaunes au niveau du groupe avant de faire signer les RCC dans les différentes structures juridiques du groupe (SNC Paulstra, SNC Le Joint Français, SNC Hutchinson, SA Hutchinson…). La CFDT, la CGC ont déjà donné leur accord, et FO est en train de basculer, quoiqu’elle prétende le contraire. Seule la CGT – qui est heureusement suffisamment majoritaire pour tout bloquer – refuse.

Depuis juillet, une coordination CGT du groupe Hutchinson s’est montée, réunissant les syndicats implantés dans 19 des 25 usines. Des revendications ont été établies pour défendre le maintien de l’activité sur le long terme, et permettre aux salarié·es qui veulent partir de pouvoir le faire sans nuire aux salarié·es qui veulent rester. Parmi celles-ci on trouve notamment une réduction du temps de travail pour toutes et tous à 32 heures avec maintien du salaire, retraite anticipée pour les postes en équipe et reconnaissance de la pénibilité, ou encore fixation d’un pourcentage maximum d’intérimaires par usine pour obliger à embaucher en CDI.

Interpeller la population

À Segré, étant donné que les suppressions d’emplois toucheraient de manière plus large l’économie locale, des démarches ont déjà été faites pour interpeller les élu·es et la population.

Le 17 septembre, le syndicat CGT de Paulstra a appelé à débrayer pour aller au rassemblement intersyndical sur un rond-point stratégique de la ville. Diff de tracts pendant environ une heure, suivi d’une marche jusqu’à l’usine, puis prise de parole. Plusieurs dizaines de salarié·es de l’usine étaient présent·es, ainsi qu’une délégation de la CGT d’une usine du même groupe à Château-Gontier, et quelques autres de l’UL-CGT du Segréen, ainsi que du PCF.

Une délégation de l’UCL Angers venue en soutien a reçu un très bon accueil. Discussions intéressantes avec plusieurs grévistes sur le rond-point. Voyant le drapeau rouge et noir, plusieurs manifestantes et manifestants sont d’ailleurs spontanément venus saluer (quand ils connaissaient déjà) ou se renseigner sur l’UCL et ses propositions. On reviendra sur cette lutte.

Guillaume (UCL Angers)


Article publié le 11 Oct 2020 sur Unioncommunistelibertaire.org