Le collectif Sövkipeu interpelle le maire lors de l’inauguration de l’esplanade Simone Veil.


Ce jeudi 9 mai, le maire orchestrait une inauguration prestigieuse et coûteuse. La mascarade avait soigneusement été mise en scène, un peu de devoir de mémoire, un soupçon d’ode à la joie, un brin d’Halleluja et une bonne rasade de forces de l’ordre. Le tout devait être siroté avec la délectation hypocrite des humanistes de bazar et grignoté élégamment avec le sourire en coin de l’infatigable autosatisfaction.

Rendre hommage à Simone Veil, immortaliser le nom de cette femme courageuse, qui s’y opposerait ?

Mais le plus bel hommage fut sans doute l’action inattendue du collectif Sövkipeu : tandis qu’ Arnaud Robinet récitait d’une voix monacale un discours poussif et convenu devant un parterre de fidèles résolument béats, une dizaine de pancartes furent brandies et tenues à bout de bras. « Un toit, un droit », « réquisitions », « la solidarité n’est pas un crime », « honte à vous »…

Toujours sous la menace d’une expulsion d’un foyer réquisitionné en urgence, les défenseurs des droits des demandeurs d’asile ont saisi cette occasion, non pour gâcher une fête , encore moins pour entacher la mémoire honorable de cette femme politique, mais pour affirmer que le combat en matière de droits humains ne saurait se contenter de commémorer un passé, Simone Veil ne se conjugue qu’au présent et il y a fort à parier qu’elle aurait su éviter le cénacle des adeptes du gargarisme verbal pour rejoindre les rangs de ceux qui luttent pour un accueil digne et indispensable.

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Article publié le 11 Mai 2019 sur Reimsmediaslibres.info