Le site Agitation autonome publie la traduction d’un second article sur Hong Kong, comprenant une chronologie des Ă©vĂšnements et une interview d’un collectif anarchiste local.

« La lutte Ă  Hong Kong s’est polarisĂ©e Ă  l’échelle internationale. Certaines thĂ©ories du complot sont dĂ©terminĂ©es Ă  considĂ©rer toute forme de protestation contre le gouvernement chinois comme le fruit d’une machination orchestrĂ©e par les États-Unis, comme s’il Ă©tait impossible pour les acteurs et actrices de la rĂ©volte de suivre leur propre agenda politique, indĂ©pendamment de calculs impĂ©rialistes. D’autres soutiennent le mouvement sans se prĂ©occuper des mythes nationalistes et nĂ©olibĂ©raux qui perdurent en son sein.

Les Ă©vĂšnements Ă  Hong Kong montrent comment un mouvement peut rejeter activement la lĂ©gitimitĂ© d’un gouvernement, ses lois et sa police tout en conservant une foi naĂŻve en d’autres gouvernements, d’autres lois et d’autres polices. Aussi longtemps que cette foi perdurera, le cycle est condamnĂ© Ă  se rĂ©pĂ©ter. Pourtant, les derniers mois d’insurrection Ă  Hong Kong peuvent nous aider Ă  imaginer ce Ă  quoi ressemblerait une lutte contre toutes les formes de capitalisme, de nationalisme et d’État Ă  l’échelle mondiale – et nous aider Ă  identifier les obstacles qui nous sĂ©parent de l’émergence d’une telle lutte.

Historique des Ă©vĂšnements

Vous pouvez trouver un historique plus dĂ©taillĂ© ici. Si vous ĂȘtes dĂ©jĂ  familier avec les Ă©vĂšnements des trois derniers mois, passez directement Ă  l’interview plus bas.

Juin 2019

Au printemps 2019, le gouvernement de Hong Kong introduit un projet de loi autorisant l’extradition de personnes arrĂȘtĂ©es vers d’autres pays, dont la Chine continentale. Une manifestation massive et pacifique contre le projet de loi a lieu le 9 juin, attirant des millions de personnes. La semaine suivante, des internautes, sur le forum en ligne LIHKG, proposent que le mouvement emploie des tactiques de protestation Ă©conomique — par exemple, le retrait collectif des comptes Ă©pargne et la grĂšve gĂ©nĂ©rale. Ceci n’apparaĂźtra que bien plus tard.

Le 12 juin, alors qu’une rĂ©union est prĂ©vue au Conseil lĂ©gislatif Ă  propos du projet de loi sur l’extradition, les protestataires et la police s’affrontent autour du siĂšge gouvernemental et de la tour CITIC. La rĂ©union est suspendue. Les policiers tirent plus de 150 munitions de gaz lacrymogĂšne et des balles de caoutchouc sur les manifestants et manifestantes, blessant de nombreuses personnes ; ils en arrĂȘtĂšrent cinq, au motif d’émeute.

Alors que le gouvernement annonce le 15 juin que le projet de loi doit ĂȘtre suspendu, un manifestant fait une chute mortelle plus tard dans la journĂ©e. Dans le testament qu’il a laissĂ©, il appelait au « retrait complet du projet de loi sur l’extradition, la rĂ©tractation du chef d’accusation d’émeute, la libĂ©ration inconditionnelle des Ă©tudiants blessĂ©s, la dĂ©mission de Carrie Lam Â». À compter de ce jour, la plupart de ces revendications sont adoptĂ©es au sein de la lutte. Deux millions de personnes participent aux manifestations du lendemain, le 16 juin. Â»


Article publié le 06 Oct 2019 sur Paris-luttes.info