Déclaration du président de l’association des journalistes de Hong Kong (HKJA)

Chris Yeung a déclaré à RTHK qu’il était “assez effrayant” que la police ait monté un dossier autour d’un certain nombre d’articles de journaux, dont certains remontent à 2019 – avant même la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale. “Les autorités avaient assuré à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas d’effet rétroactif de la loi, mais dans la pratique, ou dans l’application de la loi, il semble que ce ne soit que des mots vides de sens“, a-t-il déclaré.

Chris Yeung a ajouté que les derniers développements vont sans aucun doute jeter un froid sur l’ensemble de la société et exacerber l’autocensure dans le secteur de l’information. “Le fait que la police ait saisi et fouillé le matériel des journalistes … n’a pas permis de protéger le matériel journalistique. Cela aura un effet dissuasif non seulement sur les médias, mais aussi sur le public qui ne se sentira pas en sécurité et ne sera pas à l’aise pour parler aux médias.”

Le dirigeant de l’Association des journalistes a également suggéré que le Secrétaire à la sécurité, John Lee, tentait d’intimider les lecteurs/trices et les abonné.es du journal en les incitant à couper les liens avec les personnes venant d’être suspectées d’atteinte à la sécurité nationale. John Lee a déclaré que celles et ceux qui ne le faisaient pas “le regretteraient“. “Cette déclaration aux contours imprécis du secrétaire à la sécurité vise à renforcer la peur, non seulement au sein de l’Apple Daily, mais aussi parmi les autres médias et le public dans son ensemble. Ce n’est pas non plus une formulation juridique… Que voulait-il dire ? Est-ce que le fait d’acheter un exemplaire du journal ou de faire un don au journal en signe de soutien sera considéré comme une collusion avec quelqu’un ayant violé la loi ? C’est de l’intimidation“, a déclaré Yeung.

Chris Yeung s’est dit très préoccupé par le sort d’autres médias qui auraient pu publier des histoires ou des articles de même nature dans le passé. “En théorie, ils pourraient aussi subir un traitement similaire. La seule inconnue est de savoir quand la police ou le département de la sécurité nationale trouveront une autre cible“, a-t-il déclaré.

Le journaliste chevronné a déclaré que son association chercherait à clarifier avec la police ce qui constitue exactement une violation de la loi, mais a admis que son organisation ne pouvait pas faire grand-chose. “En réalité, la loi sur la sécurité nationale elle-même et les autres règles pertinentes ont donné trop de pouvoirs, presque incontrôlés, aux forces de l’ordre. L’absence de freins et de contrepoids, ne peut que conduire à des abus et mettre en danger les libertés des personnes“.

Traduction : Union syndicale Solidaires




Source: Laboursolidarity.org