Vendredi soir, dans le quartier Havre-Caumartin à Paris, plusieurs dizaines de militant·e·s antifascistes se sont rassemblé·e·s pour rendre hommage au jeune antifasciste Clément Méric, tué par des militants d’extrême droite il y a sept ans à cet endroit (pour en savoir plus, voir le site du Comité pour Clément). Après avoir déposé quelques fleurs et craqué quelques fumigènes, la petite foule s’est recueillie en silence, sous les yeux des badauds qui, parfois, demandaient ce qui se passait.

Photo : La Horde

Photo : La Horde

Photo : La Horde

À Lyon, des camarades de la GALE ont réalisé une fresque :

À l’étranger aussi, comme à Bruxelles ou à Pinneberg (Allemagne), des actions à sa mémoire ont été organisées.

À Bruxelles

L’action antifasciste Paris-banlieue et Solidaires, le syndicat dont faisait partie Clément, ont publié des textes pour lui rendre hommage (à lire ici et ), ainsi que le collectif gersois antifasciste, dont voici le communiqué :

Le 5 juin 2013, Clément Méric, militant antifasciste, mourait à Paris sous les coups de militants néo-nazis. Le procès en appel de ses meurtriers a été repoussé deux fois, cette année, suite au mouvement social contre la réforme des retraites, puis à la pandémie de Covid-19.

Nous ne pourrons pas organiser cette année d’hommage à sa mémoire, en raison des limitations de regroupement imposés. Mais Clément est présent dans nos pensées et dans nos cœurs et son engagement demeure un exemple pour nous.

L’extrême droite est au pouvoir dans de nombreux pays : au Brésil avec Bolsonaro, en Autriche avec le chancelier Kurz, en Hongrie avec Orban. Leurs points communs : la criminalisation d’une partie de la population, le racisme, les attaques contre les droits des femmes, l’homophobie, l’usage de la violence paramilitaire, la haine des valeurs progressistes, l’aggravation des politiques anti-sociales et anti-environnementales.

En France, les gouvernements successifs ont une grande responsabilité dans la montée du FNRN, en passe de remporter des villes importantes au deuxième tour des élections municipales. Macron, à travers ses politiques liberticides, anti-migrants, antisociales et libérales, continue de paver la voie à Le Pen.

Aux États-Unis, la mobilisation contre les crimes racistes s’amplifie, suite à la mort de George Floyd, étouffé par des policiers lors de son interpellation. Ce drame marquera peut-être la fin de l’impunité, car ces policiers sont inculpés de meurtre. En France – où les mêmes techniques d’immobilisation sont employées par la police – de récentes manifestations demandent justice pour Adama Traoré, lui aussi mort d’étouffement, en 2016, lors d’un contrôle. Adama est le symbole des autres personnes mortes dans des conditions similaires, et dont les dossiers ont été classés sans suite.

Nous appelons toutes les forces, toutes les personnes qui partagent les valeurs de solidarité, d’égalité et de liberté à se rassembler contre le danger fasciste et à faire vivre Clément dans les luttes.

Membres du Collectif gersois antifasciste : Organisations engagées contre le fascisme : Alternative libertaire du Gers, Centre régional des Enseignants en Occitan (CREO 32), CGT Educ’action 32, Ensemble 32, Gauche Anticapitaliste 32, Groupe Grand Armagnac Insoumis, Nouveau Parti Anticapitaliste 32,Parti communiste 32, Parti de gauche du Gers, République et Socialisme, Union syndicale Solidaires 32 Ainsi que des femmes et des hommes engagé(e)s contre le fascisme.


Article publié le 08 Juin 2020 sur Lahorde.samizdat.net