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publié
le mardi 16 juin 2020 Ă  15:56 |

Hommage : MAURICE RAJSFUS




« IL Y A ENTRE LA POLICE ET MOI UN VIEUX COMPTE QUI NE SERA JAMAIS RÉGLÉ.» MAURICE RAJSFUS, 1928-2020

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Salut et hommage Ă  Maurice

« Si tu leur rĂ©ponds, il y a outrage. Si tu rĂ©sistes, il y a rĂ©bellion. Si tu prends la foule Ă  tĂ©moin, il y a incitation Ă  l’émeute. » VoilĂ  comment Maurice Rajsfus arrivait, en une seule formule fulgurante, Ă  dĂ©crire l’impunitĂ© et la toute puissance policiĂšre. Il est dĂ©cĂ©dĂ© le 13 juin2020, aprĂšs une vie entiĂšre de combats.

Maurice Rajsfus est un rescapĂ© de la Shoah, sa famille est arrĂȘtĂ©e et dĂ©portĂ©e par des policiers français lors de la rafle du Vel-d’Hiv. Il a 14 ans, ses parents ne reviendront jamais.  « Les policiers français ont volĂ© des annĂ©es de vie Ă  mes parents. Tous ont participĂ© aux rafles quand ils Ă©taient requis. Pratiquement pas un seul n’a dĂ©missionnĂ© . Si la police française ne s’était pas mise aux ordres , jamais il n’y aurait eu autant de dĂ©gĂąts. Il y a eu 250 000 dĂ©portĂ©s de France, dont 76 000 juifs, les autres Ă©tant , pour l’essentiel, des communistes et des gaullistes 
 »

Il ne pardonnera jamais Ă  la police sa collaboration. Ni ses violences passĂ©es et prĂ©sentes. Autodidacte, il devient historien des violences policiĂšres, qu’il recense Ă  partir de 1968 et ce pendant prĂšs de cinquante ans, notamment au travers du bulletin « Que fait la police ? ».

« Infatigable militant antiraciste et antifasciste », il sera de tous les combats, pour les peuples algĂ©rien et palestinien, contre l’extrĂȘme droite, contre les violences policiĂšres en banlieue, pour les libertĂ©s. Il fonde «l’Observatoire des libertĂ©s publiques»  en 1994, suite au meurtre du jeune MakomĂ© dans un commissariat du 18e arrondissement de Paris.

Jusqu’à son dernier souffle, il a soutenu les familles de victimes des violences d’État. Il laisse derriĂšre lui plusieurs dĂ©cennies de travail d’archive et plusieurs livres. Il est dĂ©cĂ©dĂ© au moment oĂč les luttes contre les violences policiĂšres trouvent un nouveau souffle. Il avait confiĂ© il y a quelques annĂ©es « Si j’avais un vƓu Ă  formuler aprĂšs ma mort, c’est que mes cendres soient rĂ©pandues le long des murs de la prĂ©fecture de police Ă  Paris, le lieu du crime de la rafle du 16 mai 1942 et aussi du 17 octobre 1961.

                                                            .          Il reste vivant dans nos luttes        .

Son site internet :  http://quefaitlapolice.samizdat.net/


Article publié le 16 Juin 2020 sur Nantes.indymedia.org