“Ce soir je chiale. Notre Camarade, Henri, Gilet Jaune de Saint-Ouen et militant CGT nous a quitté. Il avait 56 ans. Son dernier combat était contre la réforme des retraites et il ne verra jamais la sienne. Il est tombé malade, intérimaire, il s’est retrouvé dans la merde financièrement.

Obligé de contracter des dettes pendant cette période pour tenir. Pour les rembourser, pendant le confinement, il s’est mis à bosser de nuit, comme un malade, pour pouvoir survivre.

Henri, il pensait tout de même qu’il y avait toujours plus en difficulté que lui, alors il trouvait toujours des plans pour récupérer de la bouffe pour les plus démunis et toute autre méthode que les pratiquants du système D comme débrouille connaissent.

Henri est parti seul, dans son petit studio de banlieue après avoir fait 216h de nuit dans le mois. Henri est mort et je pense au chant des partisans. Je pense à sa résistance face à cette horrible machine qu’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Alors ce soir je vais hurler et pleurer. Parce que l’injustice qu’il a toujours combattue a fini par le tuer. Et je chanterai :

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe

Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place,

Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes

Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Merci pour vos nombreuses marques d’affection et de soutien. Merci pour Henri. Merci aussi pour tous les Henri de France et de Navarre. Aux Petites Gens, aux Sans-Dents, à Ceux Qui Ne Sont Rien, nous sommes reconnaissants.”

Assemblée des Gilets Jaunes de Saint-Ouen, le 11 juillet 2020


Article publié le 17 Juil 2020 sur Paris-luttes.info