Février 4, 2021
Par Le Numéro Zéro
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La lutte contre les injustices est faite de joies, de peines, de générosité, de dons. Et parfois de drames. Des hommes et des femmes s’engagent entièrement, totalement pour les autres. C’était le cas de David. Le jeune homme de 28 ans est décédé dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 janvier, à Saint-Étienne, alors qu’il essayait d’ouvrir un bâtiment vide. David voulait réquisitionner l’immeuble pour mettre à l’abri des personnes démunies, aider les plus faibles, les sans-droits. Sauver des vies dans un contexte de crise sociale sans précédent.

David est mort parce que la société laisse des hommes et des femmes à la rue.

La lutte contre les injustices est faite de joies, de peines, de générosité, de dons. Et parfois de drames. Des hommes et des femmes s’engagent entièrement, totalement pour les autres. C’était le cas de David. Le jeune homme de 28 ans est décédé dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 janvier, à Saint-Étienne, alors qu’il essayait d’ouvrir un bâtiment vide. David voulait réquisitionner l’immeuble pour mettre à l’abri des personnes démunies, aider les plus faibles, les sans-droits. Sauver des vies dans un contexte de crise sociale sans précédent.

David faisait partie de ces Justes, qui ne peuvent accepter de voir des familles dormir dans la rue. Il était de toutes les luttes sociales. D’ailleurs, il avait déjà été arrêté pour avoir réquisitionné un immeuble en juin dernier, et devait être jugé pour cela. David est de ceux qui avaient donné un toit à des sans abris, des sans-papiers, et ouvert une vaste Maison des Peuples à Saint-Étienne.

Aucune de ces actions de réquisitions n’est sans risque. Il faut escalader un bâtiment, éviter la milice, explorer, sécuriser … Cette nuit là, le toit, vétuste, sur lequel il se trouvait, s’est effondré. David est mort parce que la société laisse des hommes et des femmes à la rue. David s’engageait totalement, mais il aimait aussi la musique, les concerts, les teufs. Il avait lui même un groupe de musique et aimait faire la fête. Il aimait la vie. Ses amis nous disent qu’il était aussi fier de ses origines bretonnes, et qu’il était venu soutenir la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Ce 1er février, David devait passer au tribunal parce que la justice préfère condamner des personnes solidaires que la violence sociale et policière. Il n’y a pas eu de procès. Mais le rassemblement devant le tribunal de Saint-Étienne, prévu à cette occasion, a été maintenu, et s’est transformé en hommage. Comme samedi, des dizaines de personnes se sont retrouvées pour penser à lui, déployer des banderoles, pleurer ensemble.

Pour ses proches, et celles et ceux qui partageaient sa soif ardente de justice, David laisse un vide immense. Mais il restera toujours vivant dans leurs combats.

Un poème lu par son ami Claustinto :

Il y a des gens sur les toits Parce qu’il faut monter jusque là

Pour trouver de quoi se donner le droit

De se sortir de l’injustice

De l’impuissance et du froid

Il y a des gens sur les toits

Qui cherchent Dans les recoins des villes

De quoi accueillir et parler

Et s’entendre et prendre des forces

Rire pleurer et être entendu.e.s

De quoi sortir de la vie tous les jours

Coincé.e.s entre la honte et la colère vide

Il y a des gens sur les toits

Pour qui c’est évident

Qu’il faut se battre

Et prendre Ce qu’on ne veut pas nous donner

Que ça a toujours été comme ça

Et que ça le restera

Tant que tout le monde ne sera pas sur les toits

Il y a des gens sur les toits

Et des gens dans les rues

Des gens dans les usines

Dans les cités dans les forêts

Et les intimités

Qui se battent et qui tombent et qui se relèvent

Et qui parfois

Ne se relèvent pas

Il y a des gens sur les toits

Qui nous font de grands signes avec les bras

Pour nous dire venez si vous avez froid

De la vie Qu’on nous force à vivre

Il y a d’autres endroits

D’autres façons de se dire

Des façons de ne plus subir

Il y a des toits D’où on voit bien plus loin que soi

Il y a des gens sur les toits

Qui nous font de grands signes avec les bras

Pour nous dire bonjour

Et au revoir À la fois

En complément…




Source: Lenumerozero.info