DĂ©cembre 14, 2020
Par Le Monde Libertaire
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MĂ©tro, boulot, dodo,
J’ai tout dĂ©boulonnĂ©
Suicidés sous les rails,
Chair fumeuse
Et puis j’ai sorti un fantîme de ma poche
Une pensée éclair, invisible
J’ai dĂ©collĂ© les affiches des murs.
Et j’ai Ă©crit sur les pancartes des visages anonymes « Bonjour »
Chacun m’a tendu une Ă©chelle lumineuse.
J’étais en suie, en suie de rĂ©signation.
L’autre jour, il y avait un jeune homme
qui parlait tout haut dans le bus
Ça sortait n’importe comment dans sa tĂȘte,
Il était en plein délire et son délire nous concernait nous les voyageurs muets.
Nous avons hochĂ© de la tĂȘte en nous rendant compte que nous faisions tous la mĂȘme chose. Ça ne faisait pas un pli.
Parlez donc les murs, venez nous rejoindre,
Parlez donc les morts, venez nous rejoindre,
Apprenez-nous Ă  ĂȘtre heureux !
Une petite dame qui avait une histoire en escalier,
soudain l’a sortie de son visage
et devant moi son cƓur s’est transformĂ© en oiseau
Alors j’ai arrachĂ© une plume Ă  l’oiseau.
J’ai dit à la plume
Accompagne l’homme en dĂ©lire, qu’il puisse s’écrire
Bon dieu, aussi avec le cƓur des autres
Qu’il puisse s’écrire avec toutes nos pensĂ©es ensablĂ©es d’un moment partagĂ© ensemble.
Et la trace qu’a laissĂ©e l’homme en dĂ©lire dans nos tĂȘtes, c’était comme une fulgurante traĂźnĂ©e de soleil dans notre ciel nuageux.
Ce n’était en somme qu’un zeste de notre propre chair qui s’inquiĂ©tait de nos rĂȘves.

Eze le 14 DĂ©cembre 2020
Evelyne TrĂąn




Source: Monde-libertaire.fr