Novembre 21, 2020
Par Contrepoints (QC)
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Disponible dans son ensemble ici, ce petit Herbier de la résistance, distribué lors de l’atelier d’identification des espèces du terrain vague a aussi été partagé sur facebook. Nous vous retranscrivons ci-bas le texte introductif.

Depuis les 30 dernières annés, les ruines de la Canadian Steel Fondries se dissoudent sous une flore résiliente. Décidés à s’établir, les peupliers, les bouleaux, les saules et les vinaigriers commencent tout justre à avoir l’envergure nécessaire pour nous protéger des après-mide nécessaire pour nous protéger les après-midi suffocants de l’été Montréalais. Au moment où une forêt de régénère sur une territoire  gris et desséché, la ville de Montréal et le Ministère des Trasnports prévoient l’aménagement d’une boucle autoroutière, et le prolongement de plusieurs artères. Bien que le projet a été mis en pause pour révision, les travaux dans la partie sud continuent sans relâche. La firme Ray-Mont Logistics a entrepris d’asphyxier la zone depuis 2018.

Succession écologique

Les va-et-vient de la machinerie lourde, les projets industriels et la voie ferrée ont tous participé à la destruction des communautés végétales complexes présentes au terrain-vague. Dans les années suivant la perturbation d’une communauté écologique, il s’y déroule une série de changements dans la composition d’espèces occupant le territoire.

Les premières à s’établir sont appelées les plantes pionnières. Au terrain vague, par exemple, on peut suivre le parcours de la chenille du papillon monarque se nourrissant du feuillage de l’asclépiade commune ou on peut se faire chatouiller les pieds par la couverture laineuse enrobant lesfeuilles de la grande molène. Ces plantes sont capables de croître dans des sols austères et catalysent les changements environnementaux nécessaires à l’établissement d’autres espèces.Elles aèrent, ramollissent et enrichissent le sol.

Ce cortège est suivi par d’autres plantes, des arbustes et des arbres de lumière à croissance rapide. La strate visible la plus haute du terrain vague est composée du sumac vinaigrier et du peuplier deltoïde. Celles-ci s’abreuvent de lumière et se propagent par drageons, formant ainsides îlots d’arbres qui sont, dans les faits, probablement un seul et même individu.

La succession se termine par un climax énergétique: une communauté stable dans l’espace et dans le temps. La direction des changements qui surviennent dans un écosystème est dictée par plusieurs facteurs comme le milieu, l’histoire de vie de l’écosystème et la nature des perturbations. C’est seulement en laissant le terrain vague suivre son cours qu’il sera possible de témoigner de cette communauté climactique.

Intentions

Pour nous, nommer, c’est faire exister. Le fait deprendre conscience du paysage vivant qui nous entoure nous ouvre les portes d’une réalité trop souvent obscurcie par les fumées nauséabondesdu capitalisme sauvage. À l’opposée de la nature libre, résiliente, indomptée, qui se dévoile lorsque nos sensibilités et notre attention s’aiguisent.L’importance de prendre le temps de s’arrêter et d’apprécier, de célébrer ces forces qui nous enveloppent et nous permettent au final d’exister, est malheureusement trop souvent sous-estiméeet reléguée au dernier plan. Ce savoir reste confiné aux espaces académiques et donc inaccessible à tous et toutes. Pour nous, l’idée derrière ce petit exercice d’identification est de justement de se réapproprier ces savoirs et donc de se donner les moyens collectifs de redonner vie au terrain vague dans nos propres termes, alors que celui-ci reste perçu comme un espace mort, délaissé, sans vie.

Pour lire l’ensemble de l’herbier, cliquez ici !




Source: Contrepoints.media