France 3 / jeudi 10 septembre 2020

Seppois-le-Bas, le 6 juillet 2019

Quatorze militants du mouvement des gilets jaunes ont Ă©tĂ© mis en examen pour dĂ©gradation par incendie en bande organisĂ©e, a annoncĂ© la procureure de Mulhouse Edwige Roux-Morizot lors d’une confĂ©rence de presse ce jeudi 10 septembre. Ces douze hommes et deux femmes auraient mis le feu Ă  neuf antennes de tĂ©lĂ©phonie, dans huit communes du Haut-Rhin, entre le 5 janvier 2019 et le 23 janvier 2020. Ils ont Ă©tĂ© placĂ©s sous contrĂŽle judiciaire.

Les faits se sont dĂ©roulĂ©s dans les communes d’Altkirch, Roppentzwiller, Eteimbes, Seppois-le-Bas, Valdieu-Lutran, Traubach-le-Haut, Wittelsheim et Kingersheim. Les mis en examen, ĂągĂ©s de 22 Ă  63 ans, auraient agi selon le mĂȘme mode opĂ©ratoire pour chacune des dĂ©gradations, en aspergeant un pneu d’essence avant de l’incendier, Ă  cĂŽtĂ© du pylĂŽne.

Alexandre Jeaunaux, commandant du groupement de gendarmerie dĂ©partementale du Haut-Rhin, dĂ©crit une organisation trĂšs rigoureuse : « Les personnes se voyaient attribuer des rĂŽles prĂ©cis. Certains s’occupaient de la fourniture des moyens, notamment les pneus et les matiĂšres inflammables qui servaient Ă  mettre le feu aux pylĂŽnes, d’autres organisaient la rencontre des personnes, d’autres encore repĂ©raient les lieux et les antennes tĂ©lĂ©phoniques. On voit bien que c’est un vrai groupe qui a commis cette sĂ©rie d’infractions. Â»

Parmi les quatorze militants, certains auraient Ă©tĂ© particuliĂšrement actifs au sein du mouvement des gilets jaunes, d’autres les auraient suivis par solidaritĂ©, selon la procureure. Ils n’ont pas exprimĂ© de revendication politique claire. Le casier judiciaire de la plupart d’entre eux Ă©tait vierge au moment des faits. Ils encourent quinze ans de prison et 150.000 euros d’amende.

L’enquĂȘte a nĂ©cessitĂ© un long travail « de fourmi Â» explique la procureure, « plus d’un an et demi d’investigations Â» menĂ©es notamment par la brigade de recherches d’Altkirch. Des renforts de l’ensemble du groupement de gendarmerie dĂ©partementale du Haut-Rhin sont intervenus, dont 70 gendarmes rien que lundi 7 septembre, lorsque la majoritĂ© des auteurs prĂ©sumĂ©s ont Ă©tĂ© interpellĂ©s.
La premiĂšre mise en examen a eu lieu au mois de juillet. Les autres militants ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s au juge d’instruction mardi 8 et mercredi 9 septembre 2020, avant d’ĂȘtre mis en examen. L’information judiciaire se poursuit.

extrait de l’Essor de la Gendarmerie Nationale, aujourd’hui aussi :

[
] La justice soupçonne ces 14 Gilets jaunes d’avoir dĂ©gradĂ© 9 pylĂŽnes tĂ©lĂ©phoniques dans 8 communes du Haut-Rhin. Les enquĂȘteurs ont mis Ă  jour un mode opĂ©ratoire bien rĂŽdĂ©. Ils estiment que les mis en cause mettaient le feu aux pylĂŽnes grĂące Ă  des pneus imbibĂ©s d’essence. Les incendiaires les dĂ©posaient au pied des coffres Ă©lectriques. RĂ©sultat: plusieurs millions d’euros de prĂ©judice pour les opĂ©rateurs, et de grosses perturbations tĂ©lĂ©phoniques dans les secteurs visĂ©s. [
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Article publié le 10 Sep 2020 sur Attaque.noblogs.org