Août 22, 2022
Par Campagne BDS France
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Voici la réponse envoyée par Hassane Mezine, réalisateur du documentaire sur Frantz Fanon « Fanon yesterday, today » (« Fanon hier, aujourd’hui), au directeur du festival ATESIB!, festival du film africain de Tel Aviv. Dans cette réponse, le documentariste insiste sur la nécessité de ne pas blanchir par l’art et normaliser le régime d’apartheid israélien, et réitère son soutien au boycott culturel et au mouvement BDS.

Date d’origine : 22/08/2022

Il m’est très difficile de refuser de participer à un festival de cinéma africain. Je sais combien il est important de montrer les réalités africaines, de montrer les enjeux et les histoires de l’Afrique à travers le cinéma qui est un outil fantastique, qui peut être très éclairant et éducatif.

J’ai projeté mon film au cours des quatre dernières années dans plusieurs festivals de films africains tels que l’AFF New York, le Washington African Diaspora International Film Festival, AFF New Zealand, Encounters en Afrique du Sud, FESPACO à Ouagadougou, Panafrican Film Festival Los Angeles, Cinemafrica à Stockholm, Africa in Motion Film Festival à Edinbourgh…et c’est avec un regret sincère que je dois vous informer que je n’enverrai pas une copie de mon documentaire « Fanon hier, aujourd’hui » à l’ATESIB ! African Film Festival à Tel Aviv, car il est soutenu par les institutions culturelles israéliennes officielles.

Je soutiens pleinement le mouvement BDS et j’aurais fait de même avec tout régime d’Apartheid en Afrique du Sud ou ailleurs. A mon avis, l’État sioniste d’Israël fait partie de la famille impérialiste et n’est pas un ami de l’Afrique. Surtout à l’heure où quelques Etats du Gobal South normalisent avec le régime raciste d’Israël au détriment de leur propre peuple.
Pas de compromis !

Je veux juste terminer ce message avec les mots du grand leader panafricain, internationaliste et anti-impérialiste Thomas Sankara :
 » Je parle avec indignation en pensant aux Palestiniens, que l’humanité la plus inhumaine a remplacé par un autre peuple, un peuple qui, hier encore, était lui-même martyrisé. Je pense au vaillant peuple palestinien, à ces familles qui ont été éclatées et séparées et qui errent à travers le monde à la recherche d’un asile. Courageux, déterminés, stoïques et infatigables, les Palestiniens nous rappellent à tous la nécessité et l’obligation morale de respecter les droits d’un peuple. Avec leurs frères juifs, ils sont antisionistes. « 

Thomas SANKARA, Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 4 octobre 1984.

A propos de BDS et du boycott culturel

Des responsables du gouvernement israélien ont résumé la manière dont Israël instrumentalise la culture pour dissimuler ses graves violations du droit international. « Nous considérons la culture comme un outil de hasbara [propagande] de premier ordre », a admis un fonctionnaire, « et je ne fais pas de différence entre hasbara et culture. »

Les institutions culturelles israéliennes font partie intégrante de l’échafaudage idéologique et institutionnel du régime israélien d’occupation, de colonialisme de peuplement et d’apartheid contre le peuple palestinien. Ces institutions sont clairement impliquées, par leur silence ou leur participation active, dans le soutien, la justification et le blanchiment de l’occupation israélienne et du déni systématique des droits des Palestiniens.

Lorsque des artistes internationaux se produisent dans des lieux et institutions culturels israéliens, ils contribuent à créer la fausse impression qu’Israël est un pays « normal » comme les autres. La majorité absolue des écrivains, artistes et centres culturels palestiniens ont approuvé le boycott culturel d’Israël, et il y a un nombre croissant d’Israéliens anticolonialistes qui soutiennent le BDS, y compris le boycott culturel d’Israël.

Cordialement,

Hassane MEZINE,
Réalisateur de « Fanon hier, aujourd’hui »




Source: Bdsfrance.org