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C’est la douche froide pour le camp présidentiel. Si LREM et ses satellites ont réussi à éviter le scénario de cohabitation avec la NUPES qui les faisait tant cauchemarder, ils ont échoué à obtenir une majorité absolue avec leur coalition. Une première dans l’histoire de la Ve République depuis le passage au quinquennat et l’inversion du calendrier électoral en 2002 ! Bien qu’ils soit fragilisés par ce désaveu survenu si peu de temps après sa réélection, il est probable que le président Macron et son parti chercheront à concocter une tambouille avec la droite la plus traditionnelle voire l’extrême droite pour sauver leur quinquennat et barrer la route à la gauche sociale-démocrate. C’est donc reparti pour cinq ans de violences sociales et policières, de destructions écologiques, de mépris pour les revendications féministes et antiracistes. Et pour nous, cinq années de lutte où l’UCL sera présente et combative.

Pour LREM, ce n’est pas un échec mais ça n’a pas marché

Ces mauvais résultats confirment que Macron ne dispose d’aucun soutien populaire, et qu’une partie de son électorat de 2017 s’en est détournée suite à ses politiques. Il va donc devoir redoubler d’effort pour draguer chez ses soutiens les plus racistes, et les plus réactionnaires, proches de la Manif pour Tous, au service des patrons et des actionnaires. Car si LREM a d’éventuelles difficultés à composer avec le bloc de LR, bien déterminé à conserver son indépendance à l’Assemblée alors qu’il défend le même projet néolibéral, il fait peu de doute qu’ils trouveront un terrain d’entente dans leur islamophobie. Au vu du je-m’en-foutisme de LREM et du reste de la droite sur le maintien à leur poste de ministre de deux hommes accusés de viol, largement réélus, et d’un anti-metoo notoire, il est aussi clair que la « grande cause du quinquennat », l’égalité femmes/hommes, sera à nouveau largement ignorée. Mépris pour les revendications du mouvement social et l’écologie, fichage, répression, autoritarisme, voilà le menu pour les cinq années à venir. Et ce alors que l’inflation nous touche toutes et tous et malgré le renforcement de la crise climatique… Bon appétit.

L’explosion du « barrage républicain »

Conséquence des décennies de normalisation de leurs discours et pratiques politiques, le Rassemblement National, qui avait déjà connu une progression au premier tour de 5,5 points de pourcentage par rapport à 2017, obtient un nombre record de 89 députés alors qu’il n’en avait que 8 précédemment ! Le RN devient ainsi la troisième force politique à l’Assemblée Nationale, et même le premier parti d’opposition devant LFI si on isole chaque parti membre de la coalition électorale de la NUPES. Aucun doute, le « barrage républicain », dont la fragilité se faisait de plus en plus sentir depuis 2017, est mort et enterré. À force de reprendre toutes ses thématiques et ses éléments de langage, et de renvoyer dos-à-dos la gauche sociale-démocrate et l’extrême droite, LREM ainsi que tous les médias qui ont participé à sa banalisation portent une lourde responsabilité dans ce score historique du RN.

Face à cette montée dramatique de l’extrême droite, ce ne sont pas les prochaines élections qui pourront nous sauver. Seule une mobilisation sociale puissante et un travail de terrain peuvent nous permettre de l’abattre. Il faut la combattre partout où elle cherche à s’implanter, que ce soit dans nos rues ou nos lieux de travail et lui opposer un projet de société réellement émancipateur qui réponde réellement aux souffrances vécues par le prolétariat.

L’abstention, toujours le premier parti de France

Car une fois encore, l’abstention témoigne que les projets proposés dans les urnes ne lui conviennent pas, malgré une légère baisse par rapport au second tour en 2017 (53,77% contre 57,36%). Difficile pour les partis à l’Assemblée de se féliciter de leur score quand ce ne sont qu’à peine 22,4 millions de personnes sur 48,7 millions d’inscrit·es sur les listes électorales, et surtout sur 67 millions d’habitant·es, qui ont voté pour eux. Ce score encore une fois historiquement haut de l’abstention confirme une tendance lourde à la défiance envers les institutions et le personnel politique, en particulier dans les classes populaires, et ce malgré les tentatives appuyées de mobilisation de la jeunesse et des quartiers populaires par la NUPES.

Pas de résignation… on s’organise !

Si le résultat affreusement trop élevé du RN fait le douloureux effet d’une claque, l’heure ne peut pas être au défaitisme. Plus que jamais, renverser la table au plus vite devient impératif. L’urgence est à l’auto-organisation et à la mobilisation générale de notre classe pour renforcer nos contre-pouvoirs que sont les syndicats de lutte, les collectifs écologistes, anti-racistes et féministes. Ce ne sont qu’avec ces derniers que nous pourrons instaurer un rapport de force contre l’État et le Capital, et les renverser.

L’envie d’un autre monde est réelle, débarrassé de la course au profit et de la violence. Celle-ci s’incarne dans les nombreux mouvements de revendications qui fleurissent loin des dimanches électoraux : salariales dans de nombreuses entreprises, féministes, LGBTI, antiracistes, écologistes… Notre rôle en tant que militant·es communistes libertaires est d’aider à la coordination et l’extension de ces luttes. Il n’est jamais trop tard pour rejoindre la lutte, camarades !

Pour débarrasser la société du patriarcat, du racisme et du capitalisme mortifère qui nous empoisonnent la vie, ce n’est pas par les urnes que nous pourrons imposer un véritable rapport de force mais bien par la lutte ! Une seule consigne à suivre pour les cinq prochaines années et toutes celles à venir jusqu’à la victoire de notre classe : organisons-nous et syndiquons-nous !

Union communiste libertaire, le 21 juin 2022




Source: Unioncommunistelibertaire.org