Mai 9, 2021
Par ZEKA
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La région du Tigré, en Éthiopie, est un territoire où vivent de nombreux peuples autochtones dont la minorité ethnique éponyme, actuellement victimes d’un véritable génocide entamé par l’État Éthiopien.

Le 4 novembre 2020, le Premier ministre non élu de l’Éthiopie Abiy Ahmed a déclaré une guerre génocidaire contre le Tigré, l’État régional le plus septentrional d’Éthiopie, en collaboration avec le président totalitaire de l’Érythrée Isaias Afwerki. Depuis lors, son administration a bloqué l’accès à l’électricité, à toutes aides extérieures, à la nourriture et à l’eau potable pour des millions de civils Tigréens. Sous la direction d’Abiy et d’Isaias, les troupes éthiopiennes, les troupes érythréennes et les milices amhara ont commis d’importants crimes de guerre et de nettoyage ethnique, en massacrant des civils, en affamant les populations locales et en utilisant comme arme la violence sexuelle et sexiste contre les femmes et les jeunes filles.

Autrefois, la région du Tigré était recouverte de forêts, dont une grande partie ont été détruites au profit notamment de la culture du café, exposant les sols à l’érosion et à la désertification. Le Tigré est également l’une des régions les plus riches en métaux d’Éthiopie. On y trouve, entre autres, de l’or, du minerai de cuivre, du minerai de fer, du zinc et du plomb.

L’exportation la plus importante pour l’État éthiopien demeure néanmoins le café, qui se vend un milliard de dollars par an, alimentant en même temps la machine génocidaire. L’un des acheteurs les plus importants de café éthiopien est Starbucks, corporation qui possède pas moins de 16 858 boutiques implantées dans près de 50 pays à travers le monde. Une partie de leurs revenus alimente directement les fonds de guerre de l’État éthiopien.

En dehors de la région, les Tigréens sont confrontés à une escalade de violence et de discrimination en raison de leur appartenance ethnique. Ils ont perdu leurs emplois et leurs passeports ont été annulés. Internet et les médias sont envahis d’un cocktail de fausses rumeurs et de mensonges propagandiste en faveur du régime génocidaire.

En réponse aux appels des Tigréens et d’autres groupes confrontés à une violente répression de la part de l’État éthiopien, un effort mondial décentralisé est essentiel pour mettre fin à ce conflit génocidaire. Cela signifie construire une véritable solidarité, au-delà des frontières et des nations.

Nous devons également détruire la capacité de l’État éthiopien à mener cette guerre. L’un des moyens consiste à réduire la plus grande source de financement direct et de revenus en devises de l’État : le café. Starbucks est actuellement l’un des principaux acheteurs de café au niveau mondial. La société s’engage régulièrement dans des négociations directes avec l’État éthiopien, dont le contrôle direct des licences de marques et l’accès aux marchés enrichi de millions de dollar les coffres du gouvernement. Les solidaires du monde entier doivent prendre des mesures pour interrompre ce flux alors que le génocide se poursuit.

Solidarity with Tigray

Une histoire d’empire

Le peuple Tigréen n’est pas le premier à faire face à une répression sanglante au sein de l’empire éthiopien. Les frontières de l’Éthiopie moderne abritent des dizaines de minorités autochtones. La formation d’États centraux pendant des centaines d’années a provoqué des conflits ; les groupes dominants cherchant à imposer leur culture plus largement. L’Empire éthiopien qui a résisté à la plupart des empiétements coloniaux européens aux XIXe et XXe siècles était lui-même dominé par une élite ethnique amharique.

Neuf États ont été créés sur la base de l’autodétermination ethnique. Mais une plus grande égalité entre les groupes ethniques n’a pas mis fin aux conflits. L’incapacité à représenter la géographie désordonnée de divers groupes, ainsi que les nombreuses ethnies trop petites pour recevoir leur propre région, a alimenté de nouveaux conflits. Les conflits ethniques sont devenus intimement liés aux conflits politiques.

Les Oromo, le plus grand groupe ethnique d’Éthiopie, sont confrontés à une discrimination systémique depuis des décennies. Malgré une nouvelle autonomie au sein du système fédéraliste ethnique, la discrimination reste répandue et des protestations massives ont fait l’objet de violentes représailles l’année dernière. De nombreux Oromo politisés plaident aujourd’hui pour la fin de l’empire éthiopien.

La construction par le gouvernement d’Abiy Ahmed d’une base nationaliste dans son pays a été complétée par ses efforts pour obtenir un soutien à l’étranger. Dans une ironie amère, le dictateur a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à un conflit de plusieurs décennies avec le gouvernement voisin totalitaire de l’Érythrée. La présence de réfugiés politiques érythréens dans le Tigré, et le ressentiment continu face à la guerre précédente ont fait des partenaires de paix d’Abiy les collaborateurs idéaux dans le génocide Tigréen. Ainsi, les forces terrestres érythréennes ont été responsables de certains des massacres, pillages et destructions les plus horribles de ces derniers mois.

Le café, source de l’empire génocidaire

Tout projet de construction d’empire actuel en Éthiopie a besoin d’une base nationaliste fervente. Pourtant, dans le système mondial moderne, l’empire éthiopien n’est qu’un petit acteur de peu de poids. Drones de guerre, armement de pointe, infrastructures médiatiques de propagande, etc. Une telle politique nécessite des capitaux et des soutiens étrangers importants.

Une partie des fonds peut provenir d’une aide étrangère ou de prêts contractés auprès d’institutions néo-coloniales. Actuellement, le gouvernement éthiopien est soutenu et financé par certaines banques occidentales. La Banque mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) sont également en pourparler avec l’État éthiopien à ce sujet ! Pour l’État éthiopien, cependant, une grande partie de son argent provient de l’exportation de produits de base, principalement le café, exporté dans quatre-vingts pays à travers le monde, dont 30% aux États-Unis, générant un bénéfice net de près d’un milliard de dollars par an.

L’État éthiopien gère les marchés boursiers des matières premières, menant lui-même les négociations avec les principaux acheteurs. À ce titre, l’État éthiopien détient plusieurs marques internationales de cafés éthiopiens notables. Les entreprises qui vendent du café sous ces noms doivent payer au gouvernement des frais de licence. Starbucks est l’un des acheteurs les plus importants de café éthiopien au monde. L’entreprise achète chaque année des dizaines de millions de dollars de café éthiopien, dont seule une fraction des bénéfices est acheminée aux producteurs.

Nous pouvons donc affirmer que Starbucks alimente la machine de mort de l’État éthiopien et que quiconque boit un café chez Starbucks se rend ainsi complice, même involontairement, du génocide en cours…

Contre l’injustice, plaidons pour la paix !
Amplifions les voix des habitants du Tigré !





Source: Zeka.noblogs.org