Pour interrompre toute activité productive et reproductive, formelle et informelle, rétribuée et gratuite, pour se réapproprier tous les espaces publics, pour bloquer tous les domaines dans lesquels les violences et les oppressions se reproduisent, nous appelons à la grève :

  • du travail productif,
  • du travail du soin,
  • du travail étudiant,
  • de la consommation.

Nous, féministes intersectionnel·les, décolonial·es et anti-capitalistes, utilisons la grève comme un instrument de lutte contre :

  • Le système capitaliste patriarcal hétérocentré et ses rapports de domination ;
  • Tous les préjugés, les stéréotypes, les rôles et les hiérarchies de genre et notre exclusion de la sphère publique ;
  • Les oppressions et discriminations racistes, islamophobes, transphobes,homophobes, lesbophobes, putophobes, validistes, grossophobes et classistes ;
  • Toutes les violences qui en découlent : physiques, sexuelles, sexistes, économiques, psychologiques et politiques.
  • Parce que ces violences sont transversales, nos revendications le sont aussi et concernent le travail, la précarité, l’écologie, le racisme, les politiques migratoires, le corps, la santé et les institutions.

    Nous sommes solidaires et allié·es de toutes les luttes féministes dans le monde et de nos camarades militant·es, harcelé·es, mutilé·es, agressé·es et enfermé·es.

    Construisons alliances, réflexions et mobilisations permanentes, occupons tous les espaces, soyons uni·es, visibles et solidaires et, le 8 mars, arrêtons tout !

Si on arrête, tout s’arrête ! Le 8 mars #OnArrêteToutes #OnArrêteToustes

.

Rejoignez-nous au Vieux Port !!

14h : Marche

16h30 : Occupation

Signataires : Les collectifs organisateurs de Marseille 8 mars



Les revendications

TRAVAIL et PRECARITE

Parce que nous, les femmes et les minorités de genre, représentons la majorité de la population pauvre dans le monde, parce qu’en France nous avons les carrières les plus précaires et les moins rémunérées,

Parce que nous continuons à prendre en charge gratuitement le travail domestique, notamment parental, et le soin des personnes dépendantes,

Parce-que nous subissons davantage les inégalités, la dépendance financière et la précarisation,

Parce que nous sommes les premières victimes de la réforme des retraites,

Parce que nous, travailleur·ses du sexe, sommes stigmatisé·es et fragilisé·es par un cadre juridique discriminatoire,

Nous exigeons l’égalité professionnelle de fait, le droit au travail pour toustes et la fin de l’exploitation des travailleur·ses, des précaires, des indépendant·es et des étudiant·es.

Nous luttons pour que le travail domestique et de soin soit reconnu, partagé et valorisé.

Nous réclamons de véritables politiques de solidarité, une assurance chômage et des prestations sociales inconditionnelles, individuelles et protectrices de toustes ainsi que des services publics gratuits et accessibles.

Nous exigeons le retrait de la réforme des retraites et des retraites dignes pour toustes.

Nous revendiquons la reconnaissance du travail du sexe et l’accès au droit commun.

RACISME

Parce que nous, femmes et minorités de genre racisées, sommes touché·es par le racisme tous les jours, que les médias nous caricaturent et nous stigmatisent, que les politiques gouvernementales néolibérales nous nuisent en particulier, que le racisme institutionnel nous empêche de travailler, de trouver un logement, d’aller à l’école, d’accéder aux soins, de nous déplacer dans la rue ou d’aller à la plage,

Parce que nous subissons des humiliations quotidiennes, le dénigrement de nos revendications, l’invisibilisation de nos luttes, la silenciation de nos voix et lesoppressions systémiques.

Nous nous opposons à toute forme de racisme et d’oppression liées à la race ou la religion.

Nous luttons pour l’abolition du privilège blanc qui discrimine les personnes selon leur race ou religion supposée et particulièrement les femmes et minorités de genre.

Nous sommes solidaires des luttes des femmes afro descendantes et racisées.

Nous exigeons l’abolition des lois islamophobes, comme la loi du 15 mars 2004, qui empêche les femmes voilées d’accéder à leurs droits.

Nous dénonçons l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et

impérialistes sous prétexte d’universalisme.

POLITIQUE MIGRATOIRE

Parce que nous, femmes et minorités de genre exilées et expatriées, constituons plus de la moitié des flux migratoires,

Parce que nous faisons face à de nombreuses violences physiques et sexuelles,

pendant nos parcours,

Parce que nous sommes aussi les premier·ères à souffrir des multiples oppressions et violences dans le pays d’arrivée (violences administratives, physiques et sexuelles, rétention, exploitation au travail, protection sociale absente ou menacée…),

Parce que nous, personnes LGBTQI+ en migration, sommes directement impacté·es par les lois et circulaires qui empêchent de faire valoir notre état de santé, notre orientation sexuelle ou identité de genre comme motifs de séjour, nous rendant expulsables vers des pays où nous sommes en danger de mort,

Nous luttons pour la libre circulation de toustes et des conditions d’accueil dignes

pour les exilé·es, quelles que soient leurs motivations à migrer.

Nous exigeons des politiques migratoires sensibles au genre qui passent par une protection et une prise en charge des besoins spécifiques des femmes et des

personnes LGBTQI+.

Nous nous revendiquons d’un féminisme décolonial, antiraciste et anticapitaliste.

ECOLOGIE

Parce que, nous les femmes et les minorités de genre, sommes les premier·ères pénalisé·es par les conséquences du changement climatique entretenu par le système néolibéral : les désastres naturels impactent et tuent principalement les femmes, personnes racisées et précaires,

Parce que l’injonction écologique alourdit notre charge mentale et participe à augmenter notre temps de travail domestique,

Parce qu’il y a une superposition des systèmes de domination, que nous, femmes et minorités de genre précaires et racisées, sommes particulièrement ciblées par les risques industriels, les pesticides et les pollutions,

Nous sommes solidaires des luttes autochtones contre l’accaparement des ressources par les puissances coloniales.

Nous faisons converger justice climatique et justice sociale pour défendre une écologie décoloniale, non culpabilisante pour les personnes déjà les plus discriminées.

Nous demandons un accès plus juste aux ressources naturelles et aux moyens de productions confisqués par le système capitaliste patriarcal et condamnons ses conséquences délétères sur l’écosystème.

Nous réclamons l’égalité d’accès à des produits écologiques sans discrimination de

genre, de race et de classe.

CORPS, DESIRS ET SANTE

Parce que nous, femmes et minorités de genre, voyons nos corps et nos désirs faire l’objet d’un contrôle institutionnel et structurel,

Parce que le corps médical ne respecte ni nos corps, ni nos genres, ni nos choix, ni notre consentement,

Parce que nos désirs et nos vies sont invisibilisées et niées,

Parce que nous, personnes LGBTQI+, subissons des violences en raison de nos identités de genre et de nos orientations sexuelles,

Parce que celles-ci sont médicalisées et formatées par une grille normative,

Parce que l’accès à un parcours de transition est conditionné par nos ressources et nos privilèges de classe et de race.

Nous exigeons l’autodétermination et la liberté de disposer de nos corps.

Nous soutenons un accès libre à des transitions dépsychiatrisées et non-pathologisantes et, plus largement, un accès non-discriminé aux soins et autres services publics pour les personnes trans ainsi que l’accès libre et remboursé aux opérations et traitements pour les personnes souhaitant transitionner.

Nous exigeons un meilleur accès aux soins et nous luttons pour :

  • L’ouverture de la PMA remboursée et l’accès à la parentalité quand nous le désirons, quels que soient notre genre, notre handicap, et nos revenus,
  • L’arrêt des mutilations et des traitements sans nécessité vitale sur les personnes

    intersexes,
  • L’arrêt de toutes les violences médicales, notamment gynéco-obstétricales,
  • Le remboursement total de l’ensemble des moyens de contraception et d’hygiène

    intime de qualité,
  • Un meilleur accès à l’IVG pour toustes,
  • L’accès à une vie autonome et au respect du consentement médical quel que soit notre

    handicap ; nous nous positionnons contre l’internement forcé, pour l’aménagement des

    espaces de vie et la facilitation administrative.

INSTITUTIONS

Parce que nous, femmes et minorités de genre, subissons les violences institutionnelles,

notamment policières, judiciaires, sociales et médicales,

Parce que les institutions ne reconnaissent pas les torts spécifiques qu’elles nous font,

Parce que les réformes néolibérales actuelles restreignent notre accès aux droits,

Parce que nous subissons les violences sexistes, sexuelles et les féminicides dans l’indifférence généralisée ou la complicité active des institutions censées nous protéger,

Nous demandons la reconnaissance et la fin de toute forme de violence institutionnelle.

Nous exigeons la reconnaissance des violences policières et judiciaires faites notamment aux personnes racisées et précaires.

Nous réclamons de réelles mesures contre les violences sexistes et sexuelles, notamment en termes de soins, de protection et d’accès aux droits.

Nous demandons la facilitation du choix et de modification de l’état civil pour toustes.

Nous exigeons le respect et la reconnaissance de la parole des victimes et la fin de la culture du viol.

Nous demandons l’accès à des services publics efficients et gratuits.




Article publié le 24 Fév 2020 sur Mars-infos.org