Novembre 3, 2020
Par Le Poing
310 visites




Queue devant la cantine le lundi 2 novembre au lycée Mendès France à Montpellier.

Aujourd’hui mardi 3 novembre, une quarantaine de professeurs du lycée Pierre Mendès France, à Montpellier, se sont mis en grève pour dénoncer le non-respect du nouveau protocole sanitaire imposé par Jean Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale. Dans une motion qu’ils ont rédigé, ils revendiquent plus de moyens pour l’établissement et annoncent qu’ils vont exercer leur droit de retrait.

« Il n’y a aucun changement sanitaire entre cette rentrée et celle de septembre »

Si Jean-Michel Blanquer a annoncé le 29 octobre dernier un durcissement du protocole sanitaire dans les établissements scolaires pour la rentrée du 2 novembre (réservation de salles pour éviter les déplacements, un mètre de distance entre chaque élèves à la cantine, récréation en groupe…), dans les faits, rien a réellement changé pour les enseignants du lycée Pierre Mendès France.
«  Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a aucun changement entre cette rentrée et celle de septembre au niveau sanitaire ! », nous raconte une enseignante, contactée par la rédaction.

Ce matin, ce sont donc une quarantaine de professeurs qui se sont mis en grève pour dénoncer les manquements au protocole sanitaire.
Dans une motion, signée par une cinquantaine d’enseignants du lycée, le personnel en lutte déplore « devoir assurer des cours dans des conditions qui ne respectent pas les nouvelles exigences » du ministère de l’Education nationale : manque de matériel sanitaire dans les salles de classe et les sanitaires (savons, gels, essuie mains….), non-nettoyage quotidien des locaux, classes aux effectifs importants dans des salles inadaptées, gestes barrières très difficiles à appliquer, cantine surchargée, et évidemment, manque de personnel d’encadrement et d’entretien pour gérer tout ça.

Revendications multiples et recours au droit de retrait

Face à cette incurie, ils ont dressé une liste de revendications et sollicité la direction pour les faire appliquer, parmi elles : la réduction du nombre d’élèves par classe, la mise en place de cours en distanciel alterné, des moyens humains et matériels supplémentaires (agents, AED, personnel médical) pour assurer le protocole sanitaire, des masques et du matériel informatique pour les profs.

Ils dénoncent également une rétention d’information de la part de leur direction et réclament « Une information claire de la part de la Direction pour les collègues en situation de vulnérabilité et sur le nombre de cas positifs dans l’établissement ». La direction justement, a reçu une délégation de profs grévistes ce matin, et renvoie chacun à sa prise de responsabilité individuelle. Bref, rien n’a prévu de changer, si bien que des profs ont annoncé à la fin de cette motion qu’ils allaient exercer leur droit de retrait.

L’enseignante contactée par la rédaction a également rapporté des pressions exercées sur le personnel de vie scolaire pour écrire une liste des profs en débrayage et la faire remonter à la direction. Un propos confirmé par un AESH -comprenez pion ou surveillant- du lycée en question, qui affirme que la vie scolaire a refusé de le faire.

Encore une fois, face à l’incompétence du gouvernement pour gérer cette crise, l’arbitraire et la répression semblent être les seules réponses face aux travailleurs en lutte pour des conditions de travail dignes et sécurisées. Heureusement, ces derniers semblent bien déterminés à se faire entendre !




Source: Lepoing.net