Mars 21, 2017
Par Brèves du Desordre
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La permanence Les Républicains de Grenoble saccagée

Le Monde | 21.03.2017 à 13h29

Aucune interpellation n’a été réalisée par les policiers. Le président de la fédération du parti en Isère a dénoncé un « climat malsain ».

La permanence du parti Les Républicains (LR) à Grenoble a été la cible de dégradations et de tags dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 mars, selon des sources policières. Vers 4 h 30, une patrouille de police a constaté que le local du parti avait été fracturé. Les vitres de la devanture étaient brisées, le mobilier et le matériel informatique dégradés et des inscriptions et des insultes avaient été peintes en rouge sur les murs. Aucune interpellation n’a eu lieu, selon les policiers.

Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains, a condamné mardi matin sur Twitter « l’acte de vandalisme commis cette nuit contre la permanence Les Républicains à Grenoble ». Le président de la fédération LR de l’Isère, Thierry Kovacs, a dénoncé un « climat malsain » à Grenoble, la permanence de son parti ayant subi des dégradations « pour la quatrième fois en quelques mois ».

Celle du Parti socialiste a elle aussi été prise pour cible à plusieurs reprises. M. Kovacs n’a pas pu préciser dans l’immédiat le montant des dégâts. « Tout le matériel de campagne a été souillé avec de l’ammoniaque, cela va nous immobiliser pendant plusieurs jours », a déploré le conseiller régional et maire de Vienne.


Lettre aux républicains sur le saccage de leur local

Indy Grenoble, mardi 21 mars 2017

Chers Républicains,

En découvrant votre local redécoré, vous aurez sûrement l’audace, ou l’indécence, de vous demander ce qui a bien pu motiver cet acte. Si cela ne semble pas assez clair que des gens puissent éprouver du dégoût à l’égard de votre politique et de vos discours, espérons que ces quelques lignes éclaircirons quelque peu la question.

Effectivement, il s’agit en premier lieu de dégoût. Nous n’oublions pas que vous êtes l’un des tenants de la politique de l’austérité, celle qui met les gens sur la paille, qui pousse au suicide ou à la dépression. Que vous étiez dans la rue, dans les « Manif pour tous », afin de défendre un ordre moral et catholique profondément réactionnaire.

Que vous vous accommodez fort bien de l’état d’urgence, qui vous offre l’opportunité de laisser aller vos relents racistes en défendant des politiques toujours plus sécuritaires (légitime défense des policiers, fermeture des frontières, on en passe et des malheurs). Que votre moralisme sur la délinquance nous fait bien rire, quand on voit le nombre d’inculpés qui composent vos rangs. Que l’idéologie que vous incarnez, c’est la mort de la diversité. Nous ne nous retrouvons pas, comme tant d’autres, dans votre schéma colonisateur et capitaliste de « la vie » : une famille blanche hétéro’ et ses enfants, une existence à travailler, et surtout fermer sa gueule et accepter l’ordre établi.

Nous ne sommes pas dupes du fait que votre politique n’est pas bien différente de celle d’autres partis : comme eux, vous êtes les sentinelles d’un ordre marchand où c’est le fric qui régule les rapports humains ; comme eux, vous contrôlez le pouvoir de l’appareil d’état pour assurer vos petites magouilles sordides.

Mais alors, nous direz-vous, pourquoi ne pas exprimer ces désaccords dans le cadre réglé et traditionnel du jeu « démocratique » ? Parce que nous sommes du côté des précaires, des chômeurs, des sans- voix, des exploités, des sans-papiers, des dégenrés, et que nous avons d’autres formes d’action et d’organisation que les vôtres.

Le sabotage et la destruction matérielle ne sont que des formes parmi d’autres que nous employons chaque jour pour tenter de survivre ou de s’opposer au rapport de force que vous contribuez à imposer au quotidien à travers l’économie, le sexisme, le « racisme décomplexé », et votre monde sécuritaire et identitaire. Là où vous réduirez certainement cet acte à de la pure violence gratuite, nous y voyons un geste émancipateur, une manière d’exprimer notre colère et de soulager symboliquement une part de l’oppression vécue chaque jour. Au contraire, la violence, c’est votre ordre, votre mépris, votre indifférence.

Là où vous appelez à voter pour nous déposséder une fois de plus de notre capacité à agir, nous répondons que nous refuserons de déléguer une part de notre liberté, de nous soumettre à votre mascarade. Nous appelons plutôt à un renversement du rapport de force pour cesser de subir l’état des choses présentes. Cette nuit, nous nous en sommes pris à un parti, mais c’est tout l’appareil politique qui est visé. Nous appelons à la multiplication d’autres formes d’organisation et de ces gestes pour que la peur change de camp.

Merde à toute forme de gouvernement.

Pas d’élections sans révolte.




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