Quelques jours après l’ouverture du Grenelle sur les violences conjugales organisé par le gouvernement de M. Macron, la secrétaire d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Mme Schiappa, en présence des ministres concernés, nous sommes indignés de la mise à l’écart d’associations telles l’AVFT, du CNDF et de dizaines d’autres associations engagées quotidiennement dans l’accompagnement des femmes, ainsi que la mise à l’écart d’élu.e.s, de professionnel.les comme Muriel Salmona connues pour leur expertise dans le traitement des violences.

104. C’est le nombre de féminicides recensés à ce jour par le Collectif Féminicides par compagnons ou exs à ce jour [1]. 30. C’est le nombre de féminicides recensés depuis l’annonce d’un Grenelle contre les violences conjugales, début juillet.

Le Réseau féministe 37 déplore les effets d’annonces et fake news budgétaires du gouvernement qui dit mettre 5 millions pour créer 1000 places d’hébergement alors qu’avec cette somme 100 places seulement peuvent être créées. Les associations féministes demandent d’urgence 1 milliard pour s’attaquer au fléau des féminicides, des violences conjugales, sexistes et sexuelles. Le Réseau féministe 37 s’associe à cette exigence. Les féminicides ne sont pas des « drames familiaux » à traiter comme des « faits divers ». Les femmes sont tuées par des hommes parce que femmes. Le Réseau féministe 37 combat le système patriarcal qui dicte aux hommes de dominer et de posséder les femmes.

Le Réseau féministe 37 demande la mise en place de centres d’hébergement pour accueillir, éloigner les femmes de leurs agresseurs, la création d’unités pluridisciplinaires pour toutes les femmes victimes de violences pour accéder dans un même lieu à la justice, la police, pour l’aide médico-juridictionnelle pour les constats et prélèvements, avec la présence d’une association habilitée.

Le Réseau féministe 37 exige l’application stricte des lois existantes, l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale de la loi CADRE contre les violences faites aux femmes, écrite par le CNDF, des élu.e.s, et associations multiples. Les coupables de féminicides et de violences doivent être sanctionnés conformément aux lois, celles-ci devant être appliquées sans délai. Le réseau féministe exige l’enregistrement de toutes les plaintes des victimes, la mise en œuvre des ordonnances de protection pour toutes les victimes de violences, femmes, enfants, ainsi que des dispositifs de soins aux agresseurs. Le réseau apporte son soutien aux familles de victimes.

Le Réseau féministe 37 prend acte de la campagne de communication autour du 3919. Il rappelle que le gouvernement doit redonner les moyens financiers supprimés aux associations telles l’AVFT ou le Planning Familial. Le 3919 n’est pas un numéro d’urgence. C’est un numéro vert, une ligne d’aide et d’écoute destinée aux victimes de violences conjugales. En situation d’urgence, toute victime ou témoin de violence doit appeler le 17 et porter plainte auprès d’un commissariat.

Le Grenelle sur les violences conjugales se tient jusqu’au 25 novembre 2019, Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux Femmes. Le Réseau féministe 37 est partie prenante chaque année de la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes. Il invite les tourangelles et tourangeaux à participer massivement à la Marche contre les violences sexistes et sexuelles avec le collectif Nous Toutes à Paris le 23 novembre 2019.

Nous ne nous tairons pas et attendons que l’État débloque les moyens à la hauteur de la tâche. Que l’État fasse de cette cause, sa cause nationale, comme il l’avait annoncé.


Article publié le 19 Sep 2019 sur Larotative.info