Décembre 9, 2020
Par Squat.net
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Erol, compagnon de nationalité française, a été arrêté dans le quartier d’Exarcheia à Athènes le 6 décembre 2020 en raison de l’interdiction des rassemblements. D’abord emmené au commissariat central (GADA), il a ensuite été transféré dans l’enfer de Petrou Ralli (centre de détention pour étranger.e.s) où il est actuellement détenu.

Ils qualifient notre compagnon de danger public, s’appuyant sur de précédentes arrestations lors de sa participation à d’autres luttes, notamment le mouvement des squats (Vancouver, Koukaki, Polytechnio, etc.), alors même qu’il n’a encore jamais été condamné. Par le passé, il a également été sérieusement poursuivi pour sa participation à la lutte contre la mine d’or de Skouries. En Grèce, il est inscrit dans la loi qu’une personne peut être expulsée si reconnue comme «danger pour la santé publique». La situation du COVID plaçant la santé publique comme priorité qui vient justifier toute répression étatique, l’État grec y a vu une occasion en or pour se débarrasser de lui. Il est clair que la seule raison pour laquelle ils tentent d’expulser Erol est son engagement politique contre l’État et le capital, et non pas parce qu’il est un danger pour la population.

Ce qui est à la fois ironique et tragique c’est que notre compagnon s’est occupé d’un jeune de 18 ans qui a failli perdre la vie à cause d’une crise d’épilepsie lors de la garde à vue. Alors que ce jeune était en crise, qu’il convulsait au sol, les autres arrêté.es le regardaient pétrifié.es, et les flics, fidèles à leur réputation de meurtriers, n’ont apporté aucune aide à un moment où la vie et la santé de cette personne était sous leur responsabilité. Lorsque ses amis ont demandé de l’aide, les flics ont répondu qu’« ils étaient au milieu d’une procédure » et qu’ils ne pouvaient pas intervenir. La crise a été si intense que son pouls s’est arrêté et ce sont Erol et son avocat qui ont dû procéder aux mesures nécessaires pour le garder en vie et le réanimer.

Bien sûr, pour l’État, seul un médecin légiste pourrait déterminer que ce jeune était vraiment sur le point de mourir. Il nous semble néanmoins important de rendre publique l’expérience de notre compagnon et des amis du jeune concerné, il est clair que sans cette intervention il serait mort. Le fait qu’Erol soit menacé de déportation parce que l’État le considère comme un danger pour l’ordre, la santé et la sécurité publique est tristement cynique puisque, sans lui, la police grecque aurait de nouveau tué un jeune un 6 décembre.

Notre compagnon est maintenant dans l’enfer de Petrou Ralli, une prison notoirement connue pour tortures et assassinats sur d’innombrables réfugié.e.s et sans papiers. Il y restera jusqu’à ce qu’un tribunal administratif décide d’approuver ou d’annuler sa déportation.

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Source: Fr.squat.net