Mai 14, 2016
Par Squat.net
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La façon de comprendre un squat, a été, est et doit rester un outil puissant dans les mains des compagnons(gnes). Cet outil évolue dans l’espace-temps, et donc nous pensons qu’il est nécessaire d’en présenter quelques « points » historiques. Le squat, comme infrastructure stable, fait sa première apparition en Grèce, mais aussi dans de nombreux autres pays d’Europe et au-delà au cours des années 1970.

En Europe en général et en Grèce en particulier, une série d’occupations qui ont eu lieu tout au long des années ont été bien plus que des lieux utilisés pour le logement ou pour accueillir des formes de divertissement alternatif. Ils étaient, au contraire, des cellules politiques vivantes et respirantes prenant parfois des caractéristiques offensives.

A Barcelone, nous trouvons le squat Can Masdeu dans lequel les occupants ont fait face durant une année à une dure répression. Seuls, onze occupants ont résisté contre 100 flics à qui l’on avait ordonné d’expulser les squatteurs, qui refusaient de livrer le squat sans combattre. L’un des mouvements les plus vigoureux fut également celui de Copenhague. Durant mars 1982, et alors que le mouvement squatter grandissait de plus en plus, l’affrontement avec les autorités a grandi proportionnellement.

Cette même année a eu lieu le premier affrontement violent entre police et squatters. Cet acte a été le début de la fin de la résistance pacifique contre l’expulsion. De plus en plus de squats de Copenhague allaient suivre. Au cours de juin 1986, le conseil municipal a décidé d’expulser le squat Ryesgate 58 et les occupants commencèrent à préparer leur défense. Ce qui arriva ensuite fut la plus grande confrontation entre squatters et forces de police qui avait eu lieu. Environ 200 compagnons(gnes) se sont rassemblé(e)s devant le squat et firent des barricades. Sur une grande banderole, ils ont écrit: «Nous préférons mourir debout que vivre à genoux». Cinquante flics reçurent une pluie de pierres et de boules de pétanque tirées par des catapultes. La bataille a duré 9 jours sans que la police ne puisse vaincre la résistance des squatters, jusqu’à ce que finalement, une opération de grande envergure fût organisée avec quelque 1500 flics et des bulldozers pour détruire le bâtiment. L’un des symboles les plus importants du mouvement des squatters fût également Ungdomshuset. Ses occupants résistèrent vaillamment contre les forces de l’Etat qui tentaient de déloger les squatters. Ils déclarèrent: «Nous n’avons pas d’autre choix! Il faut défendre ce que nous avons créé au cours des 24 dernières années! Ungdomshuset perdurera – Qu’ils expulsent la mairie !», et ils se battraient jusqu’à la fin pour transformer ces mots en réalité.

1981 serait l’année d’ouverture pour les squats en Grèce. Quelques jours après que le parti PASOK est arrivé au pouvoir, s’est ouvert le premier squat en Grèce, à Exarchia, plus précisément dans la rue Valtetsiou. Le squat Valtetsiou fit face à la répression quelques mois plus tard avec l’expulsion opérée par la police, alors que les squatters étaient frappé(e)s et arrêté(e)s. Il s’en est suivi d’autres ouvertures de squats, tous faisant face au même sort. Le 15 avril 1988, un groupe de personnes décide d’occuper un bâtiment abandonné dans les rues Drosopoulou et Lelas Karagianni, une propriété de l’Université d’Athènes et du ministère de l’Éducation. A partir de ce jour et depuis 28 ans, le squat connu comme Lelas Karagianni continue de faire partie du monde des occupations. En 1989, sur la place Victoria, une ancienne école à l’intersection des rues Heyden et Acharnon est convertie en squat et prend le nom de Villa Amalias, ce sera la deuxième occupation la plus longue en Grèce. Finalement il est expulsé après 23 ans d’existence le 20 décembre 2012, environ au même moment que le squat Skaramaga (janvier 2013). Malheureusement, notre réponse à ces expulsions ne fût pas aussi vigoureuse que dans les squats Ryesgate 58 et Ungdomshuset dans lesquels les occupants résistèrent à l’oppression et combattirent pour protéger ce qu’ils considéraient comme faisant partie de leur vie.

En ce qui nous concerne, l’occupation est un point de référence parce que c’est là que nous façonnons nos objectifs d’offensive et que nous organisons notre résistance contre toute forme d’autorité. Les attaques contre les squats sont une pratique inter-temporelle, à la fois de l’Etat et de divers groupes fascistes.

Dernièrement ce type d’attaques ont été fréquentes et de diverses formes. Le rôle clé dans ces attaques appartient à l’Etat et ses institutions, qui, sous le prétexte de l’utilisation de la propriété publique sont constamment en train de menacer d’expulsion, comme cela est arrivé dans le cas du Squat 111 ou Squat Orphelinat ou même en rendant réelles les menaces comme dans le cas du Squat Centaure qui fût littéralement démoli. Nous devons également garder à l’esprit les cas de Acta & Verba à Giannena et Dougrou à Larisa (lors de la première tentative d’occupation) qui ont tous deux été expulsés. Cependant, ces derniers temps les attaques qui ont eu lieu contre les squats proviennent principalement de groupes fascistes opérant pour l’Etat. L’explosif posé dans le Squat Kouvelou, l’invasion de Elaia, les attaques incendiaires sur Agros, les doubles-attaques incendiaire sur les Squat Zaimi, Squat Terra Incognita et Squat Vancouver, l’attaque du squat Analipsi et du squat Strouga et même les attaques sur le centre social autogérré K*Vox. Ces attaques peuvent avoir été un échec total et absolu, prouvant encore une fois la stupidité de cette racaille fasciste, cet échec ne nous calmera pas mais au contraire nous donnera l’opportunité d’attaquer ceux-là mêmes qui nous ont attaqués. Avec les exemples récents s’est développée l’oppression étatique contre les squats et également contre les infrastructures de solidarité autogérés.

Le 19 avril, tôt dans la matinée, la police a envahi à Chios le Soli-Café, infrastructure de solidarité avec les migrants, arrêtant également les migrants et celleux qui expriment leur solidarité. En outre, 3 jours plus tard, ils y ont aussi mis le feu.

Le 20 avril au « Camp sans frontières » à Mytilène, fût mise en œuvre une expulsion. 384 migrants furent detenu(e)s et conduit(e)s au centre de détention de Moria, tandis que 19 individus qui exprimaient leur solidarité furent detenus au poste de police local pour quelques d’heures avant d’être finalement liberés.

Le 21 avril, ils envahirent et expulsèrent le squat Persiadou 8. Trois personnes furent arrêtées pour des infractions mineures pour «dommages, perturbation de la paix intérieure et installation illégale de l’électricité».

Le 22 avril au matin, la police a expulsé le squat Coin Tortuga à Thessalonique.

En tant qu’activistes anarchistes de Réthymnon, nous avons décidé il y a sept mois d’occuper un bâtiment privé dans la vieille ville de Réthymnon. Notre objectif est de répandre la lutte anarchiste polymorphe (de la façon dont nous la définissons dans notre contribution au Décembre Noir). Après avoir participé à l’appel de la coordination des actions pour le Décembre Noir, et après s’être rendu compte du résultat de nos actions, nous reconnaissons leur influence positive et donc nous voulons les maintenir et les développer au fil du temps.

Nous proposons que notre prochaine étape soit un appel à l’importance du mouvement des squatters. En tant qu’anarchistes nous considérons les squats comme des atteintes directes à la structure socio-économique de la propriété et de ses produits.

Nous, comme Déconstruction Continue, bien que nous ne soyons pas un squat, soutenons, faisons avancer et défendons tous les aspects de la lutte anarchiste. Nous comprenons donc les occupations comme un outil important de la lutte anarchiste, comme des lieux dans lesquels les compagnons(gnes) peuvent se rencontrer ou parler entre elleux et comme des espaces libres qui produisent de la théorie et de l’action, une autre étape vers la libération totale. La bibliothèque anarchiste Teflon participe également à l’appel, bibliothèque où depuis le 29 octobre 2015 les compagnons(gnes) occupent l’ancienne cuisine du sous-sol de Géographie et lentement mais sûrement sont en train d’y construire une bibliothèque qui aspire à être le début d’un rejet généralisé de l’existant et de la destruction de l’État pourri.

Dans une tentative d’être plus spécifiques, il est à noter que les raisons et la façon dont nous devenons dangereux(ses) se définissent par nos propres désirs et pratiques, et non par un raisonnement systémique. Dans le cadre de la poursuite de la lutte anarchiste multiforme nous choisissons et nous espérons que nos squats soient des barricades qui propagent et aiguisent tout conflit contre le système. Nous pouvons y arriver si nos squats sont des foyers de lutte et de diffusions des idées radicales, des lieux qui produisent la théorie insurrectionnelle et des lieux de rencontre, de réunion et de connexion, ainsi, en développant des compagnonnages la théorie peut se convertir en action. Les squats sont pour nous des points focaux de liberté occupant le temps et l’espace à l’intérieur même de la structure sociale pourrie. Nous voulons que ce soient des outils pour le développement ultérieur de la lutte, par tous les moyens disponibles, sans se couper des caractéristiques violentes qui peuvent être présentes dans la conception d’un squat ou dans le mouvement anarchiste en général. En ce qui concerne les affirmations au sujet des «points focaux d’illégalité» nous voulons signaler à celleux qui sont encore enfermé(e)s dans la dichotomie systémique de légalité, que nous sommes et demeurerons défenseurs de l’illégalité. Nous sommes contre tou(te)s celleux qui tentent de présenter les squats comme de simples lieux inoffensifs de rencontre et de divertissement alternatif.

Le monde corrompu et imaginaire de la culture dominante est dédiée à la promotion des relations éphémères, une répétition sans fin d’information erratique à travers les médias et le divertissement plastique grâce à des modèles de conduite que très peu peuvent atteindre mais qui pourtant sont présentés comme une nécessité absolue. D’autre part, nous nous engageons à favoriser la contre-information, la contre-culture et les expressions autogérées de création et d’art. Grâce à ce cadre, nous nous organisons pour exprimer et satisfaire à nos besoins, avec des exemples basiques tels que les stations radio auto-organisées, les collectifs typographiques, les bibliothèques autogérées, les concerts sous la logique de « Fais-le toi-même » [DIY] et de nombreux projets similaires qui ont lieu à l’intérieur des squats. De cette façon, nous nous considérons consciemment comme les moutons noirs de leur civilisation commercialisée et corrompue.

Pour toutes ces raisons et possibilités évoqués, et puisque nos squats existent comme terrains solides à l’intérieur même de la structure sociale, nous attendons la répression qui sera menée contre nous de pied ferme. Un rôle crucial dans cette répression sera joué par l’Etat et ses mécanismes. Il ne pourrait pas en être autrement puisque nous nous battons pour sa disparition.

L’objectif des procédures répressives de l’Etat est d’éloigner les squats de leur sens véritable, ainsi que de la lutte anarchiste opérante en leur sein, en ciblant constamment les compagnons(gnes) qui en font partie. Dans le même temps, les groupes fascistes dirigés par les mafias et les voyous organisés des présidents des sociétés anonymes de football, assument la tâche de nous attaquer en marge des mécanismes institutionnels normaux. Ce type d’attaque, qu’il soit méticuleusement organisé ou aléatoire, ne doit en aucun cas rester sans réponse.

Il est évident que la plupart de ces groupes sont des fascistes orthodoxes ou autonomes qui, en parfaite collaboration avec les forces gouvernementales, assument la tâche de nous attaquer en marge de la «loi». Il s’agit d’une réaction normale de la part de cette racaille fasciste puisque nous nous positionnons contre tout ce qu’ils représentent.

Dernièrement ces attaques sont devenues plus fréquentes. La plupart d’entre elles furent des échecs totaux et absolus, cependant, nous ne pouvons pas nous calmer ou le prendre à la légère. Au contraire, nous devons nous organiser et défendre nos structures encore mieux afin de pouvoir préparer nos « réponses ».

Les imbéciles des médias sont un catalyseur de ce mécanisme bien organisé. Une de leurs tactiques les plus courantes consiste à désinformer, ce qui a pour résultat le signalement des compagnons(gnes) ou des infrastructures, en plus de séparer la lutte anarchiste de sa signification. Les récepteurs passifs de cette propagande sont les civils domestiqués qui, à cause de leur indifférence d’à peu près tout, légitiment et très souvent même applaudissent de telles attaques contre les migrants, les squats, les anarchistes et quiconque voudrait mettre en danger leur paix et leur uniformité. A tous ceux-là nous devons répondre par une constante guerre ouverte; rien ne restera sans réponse.

Nous considérons que la question de l’occupation de squats est très vivante et qu’en faire le tour pourrait prendre beaucoup plus d’un mois. Toutefois, ce délai peut être bénéfique à la densité et au niveau des actions directes, et donc nous proposons la coordination de l’action anarchiste multiforme sous cette thématique tout au long du mois de mai.

Notre choix de lancer cet appel à ce moment particulier a été déclenché par la dynamique du Décembre Noir, qui a revu le sens de l’organisation en mettant en place un réseau informel de coordination et de contraste contre le formalisme et la «pureté» idéologique. Cette coordination a grandi et a dépassé les frontières grecques et a également dépassé les obsessions idéologiques puisque des individus ou des groupes avec des différences idéologiques ont répondu à l’appel du Décembre Noir. Cette diversité fût l’amplificateur de la dynamique expérimentale.

Une autre raison pour laquelle nous avons décidé de lancer cet appel maintenant est la recrudescence de la répression contre les squats et les compagnons(gnes) évoluant en leur sein. De telles tentatives, réussies ou non, ne doivent pas nous laisser indifférent(e)s ou inactifs(ves). Aspirant à créer les événements plutôt que de subir leurs directives, nous pensons que l’action agressive et immédiate contre l’État doit remplacer notre position défensive. Ces attaques doivent également être dirigées contre les groupes fascistes et contre tout type de mafia ou tout groupement qui se positionne contre nous.

Dans la période de temps choisie, nous pouvons élever le rôle des squats dans le mouvement anarchiste à travers des activités, des débats, des distributions de tracts, des manifestations et de tout instrument à notre disposition, que nous fonctionnions comme individus, squats ou groupes. Dans le même temps, ce sera l’occasion pour nous-mêmes d’entamer un dialogue sur les caractéristiques des squats en les redéfinissant de façon offensive et en aiguisant nos propositions, ainsi qu’en diffusant nos coordinations et réseaux. Notre objectif fixé est de ne jamais laisser tomber un squat sans le combat, fait de résistance collective et d’attaques, mais aussi fait du dépassement de la logique ancrée dans les squats qui ne visent qu’à la longévité de leur existence. Nous espérons que cet appel permettra d’élever le niveau de nos défenses et sera le point de départ d’un certain nombre de débats et d’actions directes, coordonnées ou non, et qu’à partir de maintenant elles soient des caractéristiques permanentes de notre tactique. Nous espérons que cet appel soit soutenu et amplifié par chaque squat, groupe ou individu qui choisira d’agir par rapport à ce sujet sans ménagement, ayant déjà participé au Décembre Noir ou décidant de participer à l’Articulation Insurrectionnelle de Théorie et de Pratique.

Positionnons clairement les squats une fois de plus en public comme des lieux dans lesquels nous « vivons » et « respirons » en les défendant en tant que tels, par tous les moyens possibles.

Squat Papamixelaki, partie prenante de l’Articulation Insurrectionnelle de Théorie et Pratique.
Déconstruction Continue, partie prenante de l’Articulation Insurrectionnelle de Théorie et Pratique.
Bibliothèque Anarchiste Teflon, partie prenante de l’Articulation Insurrectionnelle de Théorie et Pratique.
Radiofragmata, station radio auto-organisée.


– [Chili] Réponse de Sin Banderas ni Fronteras à la campagne internationale « Nique les nations, squatte le monde »

Dans le contexte de circulation des débats et des propositions sur les squats et espaces antiautoritaires, nous partageons quelques réflexions, expériences et propositions dans le cadre de la campagne « Nique les nations, squatte le monde! ». Proposé par des compas de Grèce, en essayant de propager la critique et l’auto-critique dans la lutte contre le pouvoir, sept ans après la mort du compagnon anarchiste Mauricio Morales.

Au fil des ans, nous avons été de nombreux(ses) à développer une partie importante de notre maturité politique en participant à diverses activités dans des espaces autonomes anarchistes / anti-autoritaires. Des espaces squattés comme La Krota, Sacco et Vanzetti, La Idea, et d’autres centres sociaux autonomes ont été depuis des années des clefs pour le développement, l’approfondissement et la diffusion des idées et des pratiques insurrectionnelles dans le contexte local de la ville de Santiago. Celleux d’entre nous qui ont participé à des rencontres, débats et agitations développés dans ces espaces, se souviennent de ces expériences comme si c’était hier, avec les souvenirs frais d’un contexte d’effervescence insurrectionnelle qui n’est pas passé inaperçu du pouvoir et de la société.

Ce fût avec le temps que le pouvoir a vu dans ces espaces une menace pour la paix sociale, car en eux s’était développé un potentiel de révolte qui coexistait avec des attaques incendiaires / explosives et d’agitation anarchiste de la rue. Après la mort du compagnon Mauricio Morales en mai 2009, la répression augmenta contre les squats et les centres autonomes anti-autoritares. La réponse collective fût courageuse, défendant les espaces et même s’affrontant à la police désireuse de les envahir, comme ce fut le cas de la tentative de raid sur le squat Sacco et Vanzetti après la mort du camarade Mauricio Morales.

Un an plus tard, en 2010, plusieurs de ces espaces étaient à nouveau envahis et fermés par le pouvoir, arrêtant plus de 10 compagnons(gnes) accusé(e)s d’avoir participé à des attaques incendiaires/explosives. L’affaire a été appelée le « Caso Bombas« . On a remarqué, lors de différentes analyses et comptes-rendus, que la réponse collective qui fit face à l’attaque du pouvoir en 2010 n’a pas été aussi combative que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre, et que beaucoup de gens préféraient «méditer», «se réinventer», idéologisant ainsi une crainte qui nous a tou(te)s envahi(e)s mais qui ne nous a pas tou(te)s paralysé(e)s, car un certain nombre décidèrent de continuer à propager ouvertement l’insurrection dans ces moments d’adversité. L’histoire a ensuite parlé pour elle-même.

Les propositions d’organisation basées sur l’affinité, l’organisation informelle et l’offensive permanente, sont quelques-uns de nos piliers forgés -dans notre cas- principalement à la chaleur de discussions et de rencontres entre compagnons(gnes) dans les espaces autonomes. Et tandis que la diffusion de ces idées n’a plus la force et la présence qu’elle avait avant les arrestations du « Caso Bombas », demeurent les éléments structurels de notre vie de lutte, sans céder à la repentance et à la relativisation de nos principes. Affirmons nos convictions – au lieu de les retirer de notre quotidien – dans toutes les tempêtes il y eu des rochers solides auxquels s’agripper qui nous ont permis de continuer le combat, avec des blessures, des cicatrices, mais intègres et sur le pied de guerre contre le pouvoir.

Aujourd’hui, il y a encore des squats et des espaces autonomes. Le bilan est un peu semblable à celui fait par les compagnons en Grèce : la plupart d’entre eux -au moins à Santiago- sont des espaces d’hébergement et de divertissements alternatifs. Cependant, dans d’autres espaces, des projets anarchistes continuent d’exister et d’y être gérés, en affinité et sur le pied de guerre contre le pouvoir, cherchant à être des lieux de rencontre, débat et d’articulation informelle de la lutte pour la libération totale.

Nous espérons que de tels projets acquièrent encore plus de visibilité et de puissance, mais il est également important que la tension anarchiste contre l’autorité se développe de tous les côtés.

Pour cela, on a besoin d’activer les initiatives individuelles et promouvoir des projets de diffusion et d’action anti-autoritaire, allant au-delà du copinage, de l’immédiateté activiste, en intensifiant un élan multiforme qui remplisse les rues de propagande incitant au conflit avec le pouvoir, que de nouveau les squats et les espaces de rencontre se transforment en bastions insurgés d’interaction anti-autoritaire et de génération de débats pour la lutte, qui organisent des rassemblements indomptables et des interventions de rue qui perturbent le fonctionnement normal de la routine des citoyens, et qui frappe les centres de la domination avec tous les moyens possibles.

Seule l’activation de ces initiatives contribuera à positionner de nouveau la tendance anarchiste insurrectionnelle comme un réel danger pour les plans du pouvoir, comme une toile d’araignée dispersant le chaos dans la métropole du monde civilisé, en visant toujours la libération humaine, animale et de la Terre.

Pour briser avec le conformisme et la commodité d’une rébellion vécue comme une mode juvénile. Propageons l’anarchie. Soyons dangereux(ses) pour le pouvoir…

AVEC MAURICIO MORALES DANS NOTRE MEMOIRE INSURGEE… IMPULSONS, MULTIPLIONS ET AIGUISONS LES ESPACES, PROJETS ET INITIATIVES DE GUERRE CONTRE LE POUVOIR !

Sin Banderas Ni Fronteras, cellule d’agitation antiautoritaire.
Mai 2016.
[email protected]@@riseup.net


Communiqué de Nikos Romanos pour la campagne internationale « Nique les nations, squatte le monde »

Quatre mois environ sont passés depuis la fin de la campagne du Décembre Noir. L’expérience subversive du Décembre Noir et le développement de l’action anarchiste constante furent une des plateformes de lancement des formations et discussions visant à la reconstruction des méthodologies anarchistes dans leurs formes informelles. Les actions faisant référence au Décembre Noir se poursuivent encore aujourd’hui, tandis que les cycles de débat à l’intérieur et l’extérieur des prisons sont arrivés à un certain nombre de conclusions, propositions et points de vue dont le point commun est le désir d’escalade dans notre vengeance contre les organes du pouvoir.

Une partie de ces discussions tourna autour de la proposition d’une plateforme informelle anarchiste qui pourrait asseoir les bases d’une coordination informelle de l’action anarchiste polymorphe, nous permettant de mettre en œuvre des campagnes autonomes de lutte avec nos propres initiatives et forces, créant ainsi pour nous-mêmes les thèmes et les stratégies que nous considérons comme nécessaires aujourd’hui. Un choix qui reflète notre désir de créer des foyers autonomes de penser et d’agir pour celleux qui défient le système social existant.

Après une initiative des compagnons(gnes) de Réthymnon il y eu une proposition pour que cette plateforme informelle anarchiste soit nommée « Articulation Insurrectionnelle de Théorie et Pratique », une proposition qui a été acceptée par quelques compagnons(gnes) comme une structure de coordination réceptive et en même temps informelle et qui encore constitue un sujet en cours pour quelques compagnons(gnes) intéressé(e)s.

Après avoir été convaincu(e)s par les faits que la campagne Décembre Noir a libéré les potentiels, a déclenché des épidémies de dérégulation de l’ordre existant dans de nombreuses régions du monde et a contribué aux efforts des réseaux et à la coordination des projets anarchistes, nous continuons à chercher les outils adéquats afin de mettre en œuvre les campagnes respectives de lutte qui sont connectées directement aux questions et aux circonstances actuelles dans les milieux subversifs.

Avec cette conception comme force motrice de nos pensées s’est ouvert une nouvelle série de conversations entre prisonier(e)s anarchistes, squats, individus et projets dans le but de mesurer les élans pour échanger des points de vue sur les conditions actuelles, pour analyser la situation et ainsi pouvoir faire une répartition efficace des forces au niveau des points où nous pensons que nous devrions concentrer notre contre-attaque.

A ce propos, nous avons reçu la proposition des compagnons(gnes) du Squat Papamixelaki, qui est partie prenante de l’Articulation Insurrectionnelle de Théorie et Pratique, de mener à bien une campagne coordonnée durant la période du mois de mai afin de fournir une réponse organisée aux attaques fascistes et aux expulsions des squats.

Dernièrement les attaques répressives de l’Etat contre les squats ont augmenté, tandis que les fascistes, en parfaite harmonie avec le modèle étatique de l’appareil répressif ont intensifié leurs attaques.

La politique qui a été mise en pratique dans ce contexte particulier n’est pas accidentelle. Le fait que le pays soit submergé par un nouveau cycle d’instabilité politique avec Syriza, qui sera cette fois la ligne politique directrice de la réalité sociale, le fait que des efforts considérables soient réalisés par les compagnons(gnes) afin de mettre fin à l’introversion du mouvement et de produire des actions qui sont la clé de la dérégulation de la normalité, le fait qu’un ennemi intérieur plus fort soit un problème essentiel du régime puisque le risque pour lui sera que les compas dévient toute agitation sociale et se constituent comme un pilier de déstabilisation dans une période où les troubles causés acquièrent de multiples dynamiques en raison de l’incapacité du système politique à gérer les conséquences sociales des politiques économiques imposées par les gouvernements respectifs. Le fait que la répression contre les prisonnier(e)s anarchistes se développe de façon simultanée, par des verdicts sévères ou en essayant de consolider un modèle de gestion militarisée des prisons par la police et l’Unité spéciale antiterroriste (EKAM), lesquels ont effectivement reçu les clés du bordel pénal afin d’y aller et venir sans être dérangé.

Tous ces faits sont les pièces d’un puzzle qui représente les conditions dans lesquelles se déroule le plan suppressif de l’Etat. Le fait que maintenant la pointe de ce plan soient les attaques contre les squats ne peut pas être une coïncidence.

Les squats sont les forteresses de la lutte anarchiste dans la guerre contre les autorités; ils sont des points de rencontre entre compagnons(gnes), des centres de diffusion de la propagande anarchiste et des foyers dans lesquels une expérimentation des relations anti-autoritaires évolue sur la base quotidienne d’une vie libérée des carcans du complexe autoritaire, avec toutes les contradictions possibles contenues dans une telle expérience.

Les attaques contre les squats ont pour objectif de lisser les potentialités croissantes de la lutte anarchiste diverse en frappant les lieux où le mouvement anarchiste vit et devient une proposition concurrentielle au système existant et qui en même temps propagent le virus de la liberté aux nouveaux(elles) compagnons(gnes) qui entrent en contact avec l’anarchie.

Le choix de nous coordonner de façon horizontale et informelle et de passer à l’offensive en mettant en place des barrières contre les activités répressives de l’Etat et des groupes para-étatiques est une tentative stratégique relative à la propagation insurrectionnelle de l’anarchie dans les villes et au rôle intégral joué par les squats dans ce contexte pour entrer conflit avec la stratégie d’Etat mentionnée ci-dessus.

Le mois prochain, nous allons mettre en œuvre une nouvelle campagne de coordination informelle de l’action anarchiste. Bien que les intentions et les objectifs de l’Etat aient été analysés dans une certaine mesure, il est important que nos propres points de vue soient clairs : il est une priorité de défendre les squats. Pourquoi notre vengeance et attaque pour la défense des squats est-elle une priorité? Pourquoi les structures de lutte que nous construisons sont des expressions vitales de l’action anarchiste diverse? Ce sont des questions qui sont juste le début d’un dialogue qui a vocation d’évoluer dans les squats, les prisons, les groupes d’action directe et finalement les conclusions seront exprimées à travers de l’action, qui est le seul allié fiable pour le développement dialectique des points de vue radicaux.

La campagne « Nique les nations, squatte le monde » est une occasion unique d’envoyer un message clair à la fois à l’Etat et aux fascistes, en leur disant que le choix qu’ils ont fait en visant les squats anarchistes est un choix auquel nous répondrons de manière appropriée, par l’attaque, le sabotage, la lutte polymorphe, par tous les moyens.

« Donc, la vitalité de l’Anarchie doit cesser d’être un produit agréable au palais, et devenir au contraire, un pincement aigu et réflexif dans le système » (Mauricio Morales)

Pour organiser notre contre-attaque contre l’Etat et les para-étatiques.
Par la coordination informelle de l’action anarchiste
Par l’Articulation Insurrectionnelle de Théorie et Pratique

Nikos Romanos




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