Août 2, 2016
Par Squat.net
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Mercredi 27 juillet à l’aube, les chiens policiers de Syriza ont perquisitionné et expulsé simultanément trois squats hébergeant des migrants à Thessalonique. Parmi eux, il y a le squat “Orfanotrofio”, ancien orphelinat appartenant à l’Eglise [1],  la communauté “Hurriya” de la rue Karolou Diehl (propriété privée) et d’autres squats situés sur la Nikis Avenue, dont l’université est propriétaire [2].

Plusieurs dizaines de personnes vivant à l’intérieur ont été arrêtées. Celles dépourvues de papiers ont été très probablement enfermées en centres de rétention. Un bon nombre de militants “no border” vont être renvoyés devant le tribunal pour passer en procès.

Le 28 juillet, certaines personnes du bâtiment “Nikis” arrêtées ont écopé de 6 mois de prison avec sursis. Les personnes arrêtées du squat Orfanotrofio et d’Hurryia passeront respectivement en procès les 3 et 5 août. Tous les militants arrêtés ont été libérés.

Ce qui suit est le communiqué du squat de migrants Orfanotrofio à la suite de l’expulsion et de la démolition du bâtiment:

Le 27 juillet, vers 05h45, le squat de migrants Orfanotrofio a été expulsé sous le prétexte d’une plainte déposée par l’église. Peu de temps après, la démolition complète du bâtiment a débuté.

Deux autres squats qui abritaient des migrants ont été expulsés en même temps (celui de l’Avenue Nikis et de la communauté K.Diehl-Hurriya).

Du coup, un total de 74 personnes ont été arrêtées dans l’ensemble des trois squats.

Ce qui devient vraiment évident est la criminalisation de la solidarité et, bien sûr, le choix politique de l’Etat de cibler les structures auto-organisées de solidarité et les communautés de lutte. Le fait que ces structures soient prises pour cible est aussi évident quelques heures après les trois expulsions à Thessalonique, lorsque le maire d’Athènes, Giorgos Kaminis, a annoncé qu’il portera plainte par rapport au fait que des migrants vivent dans des bâtiments appartenant à la municipalité, déclarant “qu’ils salissent la ville d’Athènes”. […]

Plusieurs actions ont été menées en représailles à cette opération répressive dès le jour même: les bureaux de Syriza de la rue Egnatia à Thessalonique ont été occupés, tout comme ceux de Larissa; une action de solidarité avec les trois squats expulsés a été réalisée devant la mairie de la ville de Veroia. A Thessalonique, les locaux de l’entreprise qui a oeuvré à la démolition du squat Orfanotrofio ont été ravagés par une attaque incendiaire [cf. photo ci-contre]. Dimanche 31 juillet, au nord de Thessalonique, des anarchistes ont fait irruption dans une cathédrale orthodoxe en pleine messe en balaçant des tracts en solidarité avec les migrants expulsés de leurs squats [cf. article de l’AFP en fin d’article].  Dans les premières heures du 1er août à Heraklion en Crète, l’église St-Dimitris a été attaquée avec un engin incendiaire déposé dans l’édifice. L’attaque a été revendiquée par la “Cellule Guerilla Urbaine” des CCF/FAI-FRI en réponse aux expulsions de squats à Thessalonique.

Occupation des bureaux de Syriza à Thessalonique

Occupation des bureaux de Syriza à Thessalonique.

Rasemblement solidaire devant la mairie de Veroia

Rassemblement solidaire devant la mairie de Veroia.

Banderole suspendue au local de Syriza à Larissa, qui dit “Bas les pattes des squats – Liberté pour les personnes arrêtées”:

A Turin (Italie), le consulat grec a été repeint en solidarité avec les compagnons de Thessalonique en proie à la répression. Les slogans peints sur le consulat situé corso Galileo Ferraris 65 disent “Contre les expulsions et les déportations / Solidarité avec les compagnons grecs”. Le local de Rifondazione Comunista [PCI, appartenant au Parti de la Gauche européenne, dans le sillage du Parti de Gauche en France ou de Syriza en Grèce] a aussi été tagué: “Contre les expulsions et les déportations / Solidarité avec les Grecs en lutte / Tsipras = Salvini [politicard italien, député européen depuis 2004 et secrétaire fédéral du parti d’extrême-droite de la Ligue du Nord]”.

Notes du Chat Noir Émeutier:
[1] Ce squat a été expulsé à plusieurs reprises au cours des cinq dernières années et à chaque fois réoccupé. Il a été directement démoli après la dernière expulsion du 27 juillet. L’entreprise qui a mené la démolition du lieu a été visée par une attaque incendiaire peu de temps après (cf. ci-dessus).
[2] La salle “Mandalideio” est une propriété de l’université Aristote, dans laquelle était installée l’institut de journalisme et la fondation des médias dans les années 1990.

[Résumé de Contra Info et Open-Border par le Chat Noir Émeutier.]


Article de l’AFP, le 31 juillet 2016:

La police grecque a arrêté dimanche 26 anarchistes, qui avaient interrompu la messe dans la cathédrale orthodoxe de Thessalonique (nord) pour protester contre l’évacuation de bâtiments squattés par des réfugiés, selon une source policière.

“Solidarité avec les réfugiés”, était inscrit sur les tracts que les militants ont jeté dans l’église avant de sortir quelques minutes plus tard, selon la même source.

Les forces anti-émeutes se sont rendus sur place et ont procédé à 26 arrestations, dont neuf étrangers, quatre Allemands, un Suisse, un Autrichien, un Espagnol, un Britannique et un Marocain.
Ils ont été poursuivi pour “perturbation d’une réunion religieuse”, selon la même source.

La police n’exclut pas que les étrangers arrêtés aient participé il y a une semaine à une réunion “No border” qui avait eu lieu à l’université de Thessalonique. Ce mouvement paneuropéen rassemble de militants de diverses organisations qui militent pour les droits des réfugiés et l’abolition des frontières.

Les autorités grecque ont fait évacuer la semaine dernière trois bâtiments de Thessalonique, squattés par des réfugiés et dont l’un, qui était un ancien orphelinat, appartenait à l’évêché.

Un engin incendiaire a explosé dimanche matin devant l’entreprise qui a démoli cet orphelinat après son évacuation au début de semaine dernière.

De nombreux bâtiments abandonnés à Athènes et Thessalonique ont été occupés ces derniers mois par des militants en faveur de l’autogestion ou de l’anarchie pour loger des réfugiés. Selon les estimations officielles, plus de 2.000 réfugiés habitent dans ces squats, notamment dans des écoles désaffectées.

Si le gouvernement de gauche tolère pour le moment ce genre de mouvement, les autorités locales ont mis en garde contre “les conditions insalubres” de ces logements. “Les occupations de bâtiments ne peuvent pas résoudre le problème des migrants et des réfugiés”, a récemment indiqué le maire d’Athènes, Georges Kaminis, menaçant de porter plainte contre les occupants d’une vingtaine de squats de la capitale.

Depuis la fermeture des frontières en Europe pour les réfugiés, le gouvernement a mis en place des dizaines de centres d’accueil à travers le pays pour abriter les 57.000 personnes bloquées en Grèce.
Toutefois, ces centres sont souvent isolés et surpeuplés et les conditions ne sont pas “adéquates”, a récemment prévenu le centre national de prévention des maladies, les réfugiés préférant plutôt se loger dans des grandes villes pour avoir accès aux services d’asile.




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