Mercredi, le soutien que nous avons voulu apporter à cet acteur indispensable de la vie culturelle toulousaine a vite été dissout par une cohorte d’amendes onéreuses. Deux heures plus tard, la mairie impose la fermeture administrative de Mix’art Myrys.

Face à une telle démonstration de pouvoirs, nous appelons à un rassemblement en ce dimanche 24 Janvier autour d’un cortège extravagant et indigné, joyeux et révolté. En tant que public, sympatisant.e.s ou ami.e.s, retrouvons nous pour apporter notre soutien, pour manifester notre colère quant à la condamnation de la culture, de la liberté et de la capacité à tout un chacun de penser, créer et construire ensemble.

Depuis plus de 25 ans Mix’art Myrys fait vibrer la ville de Toulouse. C’est un espace d’expérimentation humaine et collective, de démocratie directe et inclusive. Un projet artistique, politique et social. Le lieu s’est affirmé comme un laboratoire de recherche artistique, dans la création comme dans la diffusion et il ne cessera de prôner l’accès à la culture. De visibiliser celle qui est fragile, celle qui ne nourrit pas les élites, qui dérange et bouleverse, celle qui émeut sans rassurer ni endormir, ni égayer le paysage morne qui nous entoure aujourd’hui.

De quoi sera fait demain sans Mix’art Myrys ? De quoi sera fait Toulouse sans le lieux le plus emblématique de sa culture alternative ? Quel avenir veulent ils offrir à la métropole, quand tout ce qui n’est pas conventionnel est écrasé à coup de pelleteuse, viré par des politiques fascinantes et violemment balayé par la police. Le Pacifique, le Bleubleu, le DAL, maintenant Mix’Art… Que va t il rester de la ville “rose” ? Une Tour monstrueuse, des allées sans âme, des logements de luxe, des universités gérées par une compagnie d’autoroutes… Quel est ce tableau aseptisé que l’on nous impose sans la moindre considération ?

On peut se douter que le même sort attend les petits lieux, les bars et restaurants associatifs, les espaces culturels ; toutes les petites flammes qui naissent du cœur des personnes qui visent l’entraide, le partage, et choisissent la poésie malgré l’austérité d’un monde qui ne nous ressemble plus.

Le diagnostic est à déplorer. La crise n’est pas seulement sanitaire, elle est politique.

En ce dimanche 24, nous voulons déplacer l’énergie qui habite l’un des derniers lieux de culture autogéré, dans la rue, l’espace d’un temps. Pour y proclamer ensemble, la profonde conviction que l’expression est une liberté qui ne peut être évincée.

Retrouvons nous avec calme et dignité, joie et détermination, dans le respect de cette crise sanitaire qui ne cesse de nous étouffer.

Exigeons que les travaux de mise en conformité aux normes ERP dans le respect du projet (maîtrise d’usage) soient enfin réalisés par Toulouse Métropole (maîtrise d’ouvrage) !

Exigeons que puisse être pérennisé cet espace d’expérimentation artistique, culturelle, démocratique, sociale et sociétale. Cet espace de liberté, de mutualisation, de coopération, d’autogestion !




Source: Iaata.info