Septembre 5, 2019
Par Paris Luttes
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Dans une rĂ©gion surexposĂ©e Ă  la pollution industrielle — qui se traduit notamment par une surmortalitĂ© des cancers du poumon — la nouvelle carriĂšre serait une lourde menace pour l’eau et l’air, d’autant plus que la zone exploitable pour le cimentier s’étale en fait sur 550 hectares. C’est donc pour des raisons vitales que des habitant·e·s sont organisé·e·s contre ce vieux projet, avec le soutien rĂ©cent de plusieurs dizaines de Gilets jaunes. Ce combat ne s’embarrasse pas de joindre « le climat Â» et « le social Â», mais exprime simplement la nature de l’autodĂ©fense Ă©cologique : sauver l’organisation du territoire dont nous dĂ©pendons pour vivre et le droit d’en dĂ©cider. Nous appelons toutes les personnes en rĂ©sistance contre le capitalisme Ă©cocidaire Ă  lui apporter leur soutien.

Calcia, propriĂ©tĂ© du deuxiĂšme plus gros groupe cimentier au monde, HeidelbergCement, s’acharne depuis presque quarante ans Ă  imposer une nouvelle carriĂšre dans le Vexin, dont les sols sont riches en calcaire, un composant essentiel du ciment. Multipliant les opĂ©rations de lobbying et les pseudo-concertations, soutenue par des responsables politiques biberonnĂ©s Ă  l’idĂ©ologie du dĂ©veloppement industriel, l’entreprise n’a pas rĂ©ussi Ă  dĂ©faire l’opposition des habitant·e·s. Depuis 2018, trois votes consultatifs ont contestĂ© son projet : un vote exprimĂ© par une majoritĂ© des Ă©lus de la communautĂ© urbaine GPSEO (qui reprĂ©sente 410 000 habitants), une motion de plus de 45 maires du territoire concernĂ© et l’avis nĂ©gatif de plus de 2 500 citoyen·ne·s [1]. MalgrĂ© cela, Calcia a finalement profitĂ© de l’accĂ©lĂ©ration du calendrier du Grand Paris et obtenu le 30 juin dernier l’autorisation de dĂ©marrer les travaux de la part de François de Rugy et de Bruno Le Maire.

Cet appui de l’État ne date pas d’hier puisque celui-ci avait dĂ©jĂ  empĂȘchĂ© la Charte du parc naturel du Vexin, fondĂ© en 1995, de bloquer tout projet de carriĂšre sur le territoire protĂ©gĂ©. Ses services avaient alors instituĂ© la zone 109 — de l’article 109 du Code minier — sur 550 hectares de terres agricoles pour garantir le droit d’exploitation de Calcia. Le feu vert donnĂ© par le gouvernement ouvre donc la voie Ă  une carriĂšre bien plus importante que celle des 100 hectares immĂ©diatement menacĂ©s.

Face Ă  l’entreprise et face au Grand Paris qui impose son hĂ©gĂ©monie mĂ©gapolitaine Ă  la rĂ©gion, des habitant·e·s se dĂ©fendent depuis prĂšs de quarante ans. OrganisĂ©s Ă  travers l’Association vexinoise de lutte contre les carriĂšres cimentiĂšres (AVL3C) et le collectif Non aux projets inutiles en Val-de-Seine (Nopivals), il·elle·s ont Ă©tĂ© rejoint·e·s par des Gilets jaunes le 6 juillet dernier, lors d’une occupation Ă©phĂ©mĂšre de la zone 109.

Une nouvelle grande marche est organisĂ©e le 14 septembre 2019, autour de deux sites emblĂ©matiques [2] : un projet de viaduc routier qui ressurgit tous les vingt ans et le projet de carriĂšre. Celle-ci se fera au dĂ©part de la mairie de Gaillon-sur-Montcient.

À l’heure oĂč les travaux de Gonesse ont dĂ©marrĂ©, pour installer une des gares du Grand Paris et prĂ©parer le bĂ©tonnage de 680 hectares de terres cultivĂ©es, malgrĂ© le mouvement d’opposition, il est essentiel que les ennemi·e·s du Grand Paris, de l’écocide et de l’oppression capitaliste se rencontrent. Il est essentiel qu’une alliance se dessine en vue de dĂ©noncer et de combattre ensemble les anachronismes et la voracitĂ© de la mĂ©gapole, puis de construire d’autres espaces communs que ceux qui nous sont imposĂ©s pour nous gouverner par la prĂ©caritĂ©, la surveillance et la consommation.

Visuel : Claadel




Source: Paris-luttes.info