Juillet 7, 2021
Par Lundi matin
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Les 29 et 30 juin dernier, les Soulèvements de la terre et Extinction rébellion lançaient l’opération Grand Péril Express, « une semaine d’actions radicales et d’ampleur, au coeur des ravages de l’industrie de la construction en Île-de-France ». Sa cible logique, le bétonneur français Lafarge. Nous publions ici un reportage photo « embedded » qui retrace les deux principales journées d’action.

Lire le communiqué que nous avons publié jeudi dernier : Industrie du Béton : 4 sites mis hors d’état de nuire pour une durée indéterminée

Jour1

Après un déploiement par groupes de 10 à 20 personnes, nous arrivons sur le port de Gennevilliers. Des chaînes et des cadenas servent pour bloquer les camions, tout en laissant sortir les ouvriers.
Première mission : redécorer les sites, se rendre visible. Des grimpeurs montent sur les malaxeurs qui fabriquent le béton. Ils vont accrocher des banderoles et repeindre les silos.
Les banderoles se déploient du haut des 50 mètres de la cimenterie Lafarge. Ce site high-tech est l’un des fleurons de l’industriel. La cible est logique, Lafarge en possède moins de 10 sur tout le territoire alors que les centrales à béton pullulent.
Tout le long de la cimenterie des banderoles sont déployées : “Désarmons le béton”, “Les soulèvements de la terre”.
Du haut des centrales à Béton d’Eqiom, autre acteur majeur de la construction : “Qui sème le béton aura bientôt la dalle”.
Pendant ce temps, nous discutons avec les camionneurs. Tous sont des sous-traitants. Ils ne semblent pas surpris, presque habitués ; ils comprennent et parfois soutiennent les blocages.
Premier signe de victoire, des fumigènes sont déclenchés en même temps du haut des 4 sites que nous bloquons. Ici sur la centrale à béton de Lafarge…

(Crédit – Léo Baudel)
…et là sur le centre de retraitement de Lafarge.
Après les banderoles, les grimpeurs commencent le rappel. On a rarement l’occasion de faire des tags de plus de 10 mètre de haut : “Désarmons le béton”.
Des lettres de plus de 2 mètres de haut pour que l’on puisse voir des très loin nos messages sur ces installations gigantesques “La colère des terres” répond au soulèvements de la terre.
Des seaux de peinture rouge sont versés sur les machines de cette industrie écocidaire.
En bas pendant ce temps, on découvre les lieux. Le paysage est parfois très lunaire. On se ballade entre les tas de sable, de granulats, de graviers, comme ici sur le centre de retraitement de Lafarge.
On repeint aussi en bas.
« Lafarge + daech = coeur » rappelle que Lafarge a continué à faire fonctionner son usine en Syrie quand le territoire était sous contrôle de l’état islamique. Pour obtenir des laisser-passer pour les camions, ils ont versé des sommes monumentales à Daesh et ont ordonné à leur employés de rester sur le site alors que celui-ci était entouré de combats. Ils sont actuellement accusés de financement de terrorisme et de complicité de crimes contre l’humanité en Syrie.
Les jeux de mots fleurissent : « bloquer çafarge la jeunesse ».
« C’est le nous le grand péril ».
Vue depuis le haut de la cimenterie.

(crédit – Le Duq)
Vue d’ensemble. Au second plan à gauche, la cimenterie Lafarge. Au second plan à droite, la centrale à béton Lafarge. Au premier plan, la centrale à béton Vicat qui sera bloquée quelque heures grâce à un débarquement par voie fluviale.

(Crédit – Léo Baudel)
En temps normal, les tractopelles déchargent le sable qui arrive par barge depuis la seine. Ce mardi, elles sont en grève.
L’occupation prend vie. Certains ont même apporté un filet et un ballon de volley.
D’autres jouent aux cartes.
Certains occupants ont apporté une embarcation et décident de traverser un des bras du fleuve pour bloquer un nouveau site. L’opération fonctionnera durant plusieurs heures.
Symboliquement, une opération « Sable à la mer » commence. L’idée est de déverser dans la seine le sable extrait des fonds marins.
Le temps avançant, les grilles sont barricadées.
Les sacs de ciment trouvent un nouvel usage.

Jour 2

Après une nuit à veiller sur les barricades ou dormir sur les tas de sables. Les 4 sites décident de se rejoindre et de partir à l’assaut d’une nouvelle centrale à béton Lafarge au cœur de Paris, le long des quais de la Seine, près du Pont Mirabeau.

Même rituel, les grimpeurs montent pour accrocher les banderoles.
« La colère des terres »
« Construire à en crever »
Les peintures et les jeux de mots refleurissent : “Ici c’est blafarge”
« Encombrants (flics, patrons, macrons…) »
« Le ciel nous est béton sur la tête »
La façade entière est refaite : “désarmons le béton”
Le logo des soulèvements de la terre.
Encore des coulures de peinture sur une industrie mortifère.
Aux alentours de midi, après avoir tout repeint, l’assemblée décide de lever le camp.

Bonus




Source: Lundi.am