La boîte mail [email protected] se réjouit de toute contribution d’action contre les décideur·euse·s de tout genre et promoteur·rice·s, et, durant ce week-end fort venteux, les joueur·se·s étaient de sortie ! En effet, ce week-end la boite mail a reçu trois magnifiques retours d’actions dont nous allons tenter d’éclaircir les motivations…


Voici une charmante villa tâchée de peinture au bord de la mer au 583 Avenue du Prado. Elle sert de domicile à une agence immobilière, mais elle est aussi le siège de la la Fédération des promoteurs immobiliers de Provence, nom qui ne laisse aucun doute sur la pourriture que cette structure fédère.

En septembre cette chère fédération a élu son nouveau président Jean-Noël Léon. Quelques petits détails sur le parcours de ce vieux baroudeur de la crapulerie laisse douter sur les bonnes intentions du personnage… Jean-Nono s’est effectivement investi avec application dans le sale secteur de la promotion immobilière [1].


Pour sa nomination Jean-Nono se paye un petit article dans La Provence où il assure quant aux élections « être force de propositions et de solutions pour l’ensemble des candidats ». Il continue en disant « La sonnette d’alarme, c’est le constat du PLUI [2] de Marseille, trop restrictif, un véritable frein qui impacte le déploiement économique. » Il ne semble par contre pas avoir entendu la sonnette d’alarme des morts de Noailles et des 4000 délogé·e·s. Le déploiement économique est apparemment prioritaire pour Jean-nono qui doit habiter une bien charmante villa loin de toutes les possibilités d’effondrement, de punaises de lit ou autres conséquences de la misère locative de nos quartiers. Il conclue par : « Nous devons retrouver des outils pour rester agiles afin de construire la Métropole de demain. » S’il pense être le bâtisseur de la métropole de demain il paraît important de lui faire part de nos critiques quant à celle d’aujourd’hui.

Jean-Nono, retourne jouer au Monopoly avec tes petits camarades et laisse nos villes ainsi que nos vies tranquilles.


Après c’est Rue Ste Cécile que le jeu OVCCE a matché : le local Les Républicains a été pris pour cible. Nul besoin de chercher trop loin ou de rentrer trop dans les détails car leur culpabilité n’est plus vraiment à prouver, eux qui se complaisent à être les représentant·e·s ou décideurs·euse·s. Nous jugerons plutôt qu’ils sont responsables de toute cette ségrégation sociale. Eux et elles-mêmes qui le 6 novembre dernier accusaient presque ironiquement la pluie comme raison des effondrements alors qu’ils et elles avaient des mort·e·s sur leurs consciences, eux et elles mêmes qui ouvrent grand les portes aux groupes de promoteurs qui détruisent nos villes et notre environnement à coups de paquebots de croisiéristes, de centres commerciaux et de grandes tours de bureaux…

Pour les ceux et celles qui s’opposent à cette politique, ce sera la répression : on se rappelle de la férocité de l’action policière contre la Marche de la colère et les contestations qui l’ont suivie ; des ratonnades de la BAC dans Noailles jusqu’à l’assassinat de Zineb Redouane, elle qui ne faisait que fermer son volet lorsqu’un policier la visa et lui tira une grenade lacrymogène dans la mâchoire. On se souvient que toute cette violence ordonnée par la préfecture défendait la mairie assassine. On se souvient du passage en force du projet à 20 millions de la Plaine, une muraille de béton, des dizaines de camions de police et des milices armées surveillant le chantier. On se souvient de la Corderie où ont été enfoui les vestiges d’une cité antique du 5ème siècle avant J-C pour un immeuble. Les exemples sont nombreux ; après 25 ans de règne sur Marseille, le vieux sénile laisse derrière lui une ville qui s’effondre, livrée au clientélisme.


Au Boulevard des Dames, plus exactement au 36, c’est la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement qui a été prise pour cible. Elle est censée « prévenir des nuisances à l’environnement quand aux installations industrielles ». Il paraît évident de la juger inopérante et sûrement corrompue dans une ville entourée d’Eurocoptère et de Lafarge, de l’aéroport et du port industriel et croisiériste, des industries pétrochimiques de Fos, de la centrale de Gardanne et de Cadarache… En vérité, ces institutions sont des illusions qui prétendent à un capitalisme mesuré et contrôlé par les structures d’État. Mais le constat parle de lui même : l’air est de plus en plus irrespirable et notre environnement se dégrade a vue d’œil. C’est de leur capitalisme que nous étouffons, qu’ils arrêtent de nous servir leurs vieilles soupes fades.

Aujourd’hui, d’une part les GJ en France mais aussi en Algérie, Hong-Kong, Équateurs, Chili, Liban, des gens se soulèvent contre les abus des dirigeant·e·s. C’est une vague de révolte dans laquelle il serait légitime de s’inscrire ici a Marseille, ville phare du clientélisme et de la mafia démocratique contemporaine.

Tout Marseille dans la rue le 9 novembre pour réaffirmer notre colère et notre soutien indéfectible aux familles des victimes du 5 novembre dernier ainsi qu’aux nombreux·se·s expulsé·e·s.

A nous de jouer, OVCCE c’est pas comme les jeux a gratter, plus on est a jouer, plus on a de chance de tous gagner !


Article publié le 23 Oct 2019 sur Mars-infos.org