Grand Bal masqué du 1er mai

Nous sommes de fins stratèges, nous avons lu Tintin.

Quand Hergé n’est pas occupé à se vautrer crassement dans le sexisme, l’antisémitisme ou le racisme, il peut se révéler habile. Il a été établi un plan victorieux que nous proposons de reproduire pour le 1er mai : transformer le chaos en quelque chose de beau, balayer les images du pouvoir dans la joie.

Tels les Picaros, il nous faut profiter de la fête dévoyée et aseptisée du 1er mai pour la faire nôtre et la transformer en grand bal masqué offensif. La fin est déjà connue d’avance : Macron disparaitra aussi facilement que le général Tapioca, et au détour d’un carnaval, même sa destitution sera une farce.

Depuis le 17 novembre, chaque samedi, nous avons vu la joie s’immiscer dans Paris, subjuguant la colère. La fête est puissante et, face à elle, l’ordre ne peut rien. Il en est à son 23e échec, et bientôt ses derniers. Il nous faut maintenant franchir une étape supplémentaire pour répandre la fête dans la manifestation, et partout où elle ne pourra aller. Faire en sorte qu’avec une journée masquée, nous ne reprenions plus jamais le cours normal de nos vies.

Le black block n’est pas le salut. Il peut beaucoup de choses, mais il ne peut pas tout. Il lui manque le principal, il manque de la couleur. Le pouvoir ne sera pas renversé que par la force, car ce sont ici des techniques qu’il maitrise tellement mieux que nous. Non, le pouvoir disparaitra par sa dissolution : quand nous vivrons en oubliant même qu’il a pu un jour exister. Et quand Paris sera enfin devenue une immense fête, nul besoin de prendre l’Élysée. Les palais brûleront dans l’indifférence générale.

Quand nous fêterons, nous verrons que les gouvernants sont comme les mauvais rêves, puisque dès que l’on cesse de penser à eux ils disparaissent. Il nous faut donc des masques de toutes les couleurs et de toutes les formes, des cotillons et des feux d’artifice pour partir à l’assaut du ciel, des paillettes sur nos gilets jaunes et de la peinture à mettre sur les murs. Il nous faut aussi des chars et des chants. De la musique et de la danse. Des chants et des rires. Tout pour rendre inoubliable ce 1er mai.

La victoire n’a jamais été si proche, et bientôt nous danserons sur les ruines de leur monde.

Soyons des Picaros,

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