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le samedi 22 février 2020 à 08:10 |

« Goulag : une histoire soviétique »


 Fort heureusement, des historien.ne.s dignes de ce nom font depuis pas mal d’années maintenant un travail formidable pour nous révéler l’atrocité des régimes s’étant réclamé de cette idéologie mortifère.

  • On a déjà pu prendre en partie connaissance des abominations perpétrées au nom de l’avenir radieux communiste au Cambodge et bien sûr en URSS. Espérons connaître un jour plus complètement la triste vérité sur des pays où la dictature rouge sévit toujours, comme la Chine et la Corée du Nord, ainsi que Cuba.

J’ai donc regardé le très bon documentaire sur le Goulag diffusé mardi 11 février 2020 au soir sur Arte ( remarquables images d’archives ), en notant quelques chiffres au passage.

–    La création des camps date de 1918, une période où Staline ne compte encore guère mais où tout est l’œuvre de Lénine et de ses complices, dont Trotski.

–   18 millions d’individus y furent déportés, dont 10% de femmes (transformées pour la plupart en « bétail sexuel »), soit un adulte sur six !

–   Entre 1932 et 1934, de 6 à 7 millions de morts de famine en URSS, dont évidemment une énorme quantité dans les camps.

–   A la Kolyma, bagne rendu célèbre grâce aux écrits de Varlam Chalamov, la mortalité fut de 10% parmi les détenus.

–   La construction du canal Moskova-Volga fit 30.000 morts parmi les prisonniers, qui travaillaient de 12 à 14 heures par jour.

–   Sous le règne de Iejov, grand chef du NKVD, la police politique, de septembre 1936 à novembre 1938, on compta 1.600 exécutions par jour.

–   Au cours de l’hiver 1941-42, un quart de la population du Goulag meurt.

– Parmi les centaines de milliers de Russes qui avaient été faits prisonniers par les Allemands et qui seront rendus à leur pays par les Alliés après la Libération, 360.000 seront condamnés à la déportation.

–   En 1947, 6.000 des 15.000 enfants présents dans les camps meurent.

–   En 1949-50, on compte 2.750.000 prisonniers dans les camps.

–   En 1952, on y compte 35.000 enfants (envoyés en camp en même temps que leurs parents ou nés en déportation).

Il serait bon qu’un jour soit réalisé un documentaire sur la négation de l’existence de ces camps, à travers écrits et déclarations, par les représentant.e.s des partis communistes des pays où ces partis existaient sans exercer le pouvoir, notamment le Parti communiste français.

Dans le documentaire, il est fait allusion au procès intenté par Victor Kravchencho, ancien dignitaire du parti communiste d’URSS passé à l’Ouest, contre Les lettres françaises, hebdomadaire du PCF, qui l’avaient calomnié.

Mais il n’est pas fait mention, en revanche, du procès qui opposa un an plus tard cette même publication mensongère à David Rousset, écrivain, qui fut militant trotskiste, résistant, torturé rue des Saussaies sous l’Occupation, puis déporté à Buchenwald, à Porta Westfalica et Neuengamme, et qui avait demandé que soit constituée une commission d’enquête sur la réalité de l’univers concentrationnaire soviétique.

Au cours de ce procès, le Parti communiste français fit venir à la barre des témoins Marie-Claude Vaillant-Couturier, membre du Parti, qui avait été elle-même résistante et déportée à Auschwitz puis à Ravensbrück, ce qui ne l’empêcha nullement d’être une stalinienne jusqu’à la moelle.

Extrait :

David Rousset. – Je voudrais demander au témoin si elle était convaincue par les faits, les faits qu’elle aurait elle-même observés, qu’il existe quelque part en Union soviétique un camp de concentration comme celui dans lequel elle a vécu, si elle le condamnerait ?

Mme Vaillant-Couturier. – Mais je ne peux pas… la question ne peut pas se poser parce que je sais qu’il n’existe pas de camps de concentration… (Rires dans la salle.) en Union soviétique, et que je considère le système pénitentiaire, puisque c’est à cela que vous pouvez faire allusion, le système pénitentiaire soviétique comme indiscutablement le plus souhaitable dans le monde entier. (Rires dans la salle.)  Je crois que c’est le seul pays où les condamnés quels qu’ils soient, que ce soit des condamnés de droit commun ou que ce soit des condamnés politiques, touchent un salaire égal à ce qu’ils toucheraient s’ils étaient à l’extérieur, peuvent acheter ce qu’ils achèteraient à l’extérieur, sauf des boissons alcooliques, ce qui est évidemment désagréable pour ceux qui aiment boire, et peuvent se payer, avec leur salaire, une chambre individuelle s’ils en ont le désir et la possibilité, qui ont la possibilité de lire, d’écrire, de voir des films, de faire de la musique.
Je considère, par conséquent, que la question ne peut pas se poser.


Article publié le 24 Fév 2020 sur Nantes.indymedia.org