Juin 30, 2022
Par Marseille Infos Autonomes
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Aujourd’hui, nous marcherons pour obtenir la rĂ©quisition de deux bĂątiments oĂč logent maintenant les familles expulsĂ©es d’abord du 1 place Sadi Carnot puis du 100 rue de la RĂ©publique. La PrĂ©fecture leur avait laissĂ©, par promesse orale, la fin de la trĂȘve scolaire. Les habitant.es ont prĂ©fĂ©rĂ© trouver un autre lieu afin de ne pas s’exposer Ă  une expulsion souvent violente et humiliante des forces de l’ordre.

Aujourd’hui, 1 an aprĂšs l’expulsion de 1 place Sadi Carnot, le bĂątiment est toujours vide, qu’adviendra-t-il du 100 rue de la RĂ©publique ? Alors que cette rue est connue pour avoir Ă©tĂ© l’objet d’un “plan de requalification” sous Gaudin, vidĂ©e de ses habitant.es et laissĂ©e aux mains d’investisseurs sans scrupules, la nouvelle Mairie et la PrĂ©fecture prĂ©fĂšrent encore voir cette rue vide plutĂŽt que de prendre des dispositions pour y laisser les personnes qui, sans ressources, y ont trouvĂ© refuge.

Pourtant, la deuxiĂšme ville de France n’a pas Ă  ĂȘtre fiĂšre : Au dernier comptage, 14 000 personnes Ă©taient Ă  la rue. Et 30 000 logements sont vides ! Et pourtant on nous dit qu’il n’y a pas de places. Seuls 0.4% des appels au 115 aboutissent Ă  une place en hĂ©bergement d’urgence et ce chiffre risque d’empirer avec la suppression de 700 places en 2022.

Il n’y a pas de place en CADA ou en foyer alors que moins d’un.e demandeur.euse d’asile sur 4 est hĂ©bergĂ©.e, ni de place pour les mineurs non-accompagnĂ©s. Alors que la tension locative ne cesse d’augmenter au Centre Ville, dans un contexte de touristification croissante oĂč le AirBNB rĂšgne en maĂźtre, le logement social reste dĂ©faillant dans tous les quartiers de la ville.

PlutĂŽt que de n’avoir d’autre choix que de dormir Ă  la rue ; d’ĂȘtre au prise de marchands de sommeil, de squatter sans relĂąche et de parfois “bĂ©nĂ©ficier” de nuits d’hĂŽtel qui ne nous permettent pas d’avoir une vie de famille, de cuisiner, de nous reposer. Nous exigeons le droit Ă  un toit qui sort des logiques de l’hĂ©bergement d’urgence ou de l’hĂ©bergement prĂ©caire et insalubre, de ces dispositifs qui ne nous permettent pas de prendre soin des autres aspects de nos vies, qui ne permettent pas Ă  nos enfants de grandir sereinement, qui nous laissent Ă©puisĂ©.es.

Aujourd’hui nous demandons Ă  la Mairie et Ă  la PrĂ©fecture d’arrĂȘter de se renvoyer la balle et de se dĂ©douaner de leurs devoirs notamment en sollicitant des rĂ©seaux de solidaritĂ© pour pallier leur propre inaction. Nous leurs demandons de sortir de leur torpeur et d’assumer leurs responsabilitĂ©s. Nous demandons au Printemps Marseillais de tenir la promesse faite en 2020 qui s’engage, dans son programme (p. 9), Ă  : « identifier, remettre en location ou aider Ă  la remise en location des logements vides, sous peine de mise en Ɠuvre des procĂ©dures lĂ©gales de rĂ©quisition Â».

Nous demandons la réquisition des deux nouveaux bùtiments que nous occupons.

Signataires :

El Manba, Collectif St Just, Squat 113/115 , Cimade , Un centre ville pour tous, Collectif 5 Novembre, Assemblée de la Plaine




Source: Mars-infos.org