Mai 19, 2016
Par Renversé (Suisse Romande)
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Au lieu de fermer les bunkers, l’Hospice général veut détruire un foyer d’hébergement

A partir de lundi 23 mai 2016, une partie des habitant.e.s du foyer Frank-Thomas, qui compte 135 places d’hébergement, doivent quitter leur logement pour emménager dans le nouveau foyer ouvert à l’avenue Appia. D’autres sont sommés de quitter les lieux sans aucune solution de relogement.

Le foyer Frank-Thomas se trouve sur la parcelle du chantier de la nouvelle gare des Eaux-Vives. Une parcelle propriété de l’Etat et un chantier dont la Ville de Genève est le maître d’oeuvre, notamment pour la construction de logements qui remplaceront à terme le foyer. L’Hospice général a intimé l’ordre aux habitant.e.s de vider les lieux moins d’un mois avant la date fatidique, et d’y abandonner la majeure partie de leurs affaires, prétextant la destruction de leur lieu de vie courant 2016. Hors, la Ville de Genève a d’ores et déjà invité l’Hospice à conserver l’usage du terrain pour plusieurs mois voire pour plusieurs années encore. En outre, le service de communication du CEVA affirme que le foyer ne sera pas démoli dans le cadre des travaux de construction de la ligne ferroviaire.

Tout porte donc à croire que l’Hospice général ment, quand il affirme que le bâtiment doit laisser place au chantier de la Nouvelle Comédie alors que celui-ci se trouve à l’exact opposé de la parcelle, et quand il affirme aux habitant.e.s que le foyer doit sans délai être rasé.

Pour s’opposer à ce transfert qui va péjorer leurs conditions de vie, les habitant.e.s ont écrit une lettre collective adressée au Conseiller d’Etat en charge de l’hébergement des requérants d’asile Mauro Poggia, ainsi qu’au directeur de l’Hospice général, Christophe Girod. Sans réponse de leur part, les habitant.e.s se préparent à lutter contre la destruction de leur lieu de vie.

Fermons les bunkers, pas les foyers d’hébergement

Le premier pas dans l’espoir de s’intégrer dans une société d’accueil, c’est de pouvoir se loger dans un endroit stable et digne. Rares sont à Genève celles et ceux qui ont cette chance, qu’il.elles soient débouté.e.s ou détenteur.trice.s d’un permis de séjour. Le déménagement du foyer Frank-Thomas signifie pour ses habitant.e.s une détérioration de leurs conditions d’existence, un nouveau déracinement, un retour en arrière.

L’absence d’anticipation et de planification des autorités en matière d’accueil des personnes en exil continue de plus belle. Suite à l’occupation du Grütli et au mouvement No Bunkers de l’été 2015, le Conseil d’Etat par la voix de Mauro Poggia s’est engagé à fermer les bunkers d’ici à la fin de l’année 2016. A ce jour, aucun abri PCi n’a été fermé, leur nombre ayant au contraire augmenté, et le seul nouveau foyer aménagé est le bâtiment Appia, ouvert grâce au mouvement No Bunkers. L’Hospice général déracine les personnes plutôt que de les intégrer, les déplaçant régulièrement d’un foyer ou d’un bunker à un autre dans un terrible jeu de chaises musicales, où le chantage de perdre sa place et de finir sous terre plane en permanence sur les personnes en exil.

Aujourd’hui, les autorités veulent vider un foyer pour remplir le seul nouveau lieu d’hébergement ouvert, plutôt que de le destiner aux personnes survivant dans les bunkers. Ils péjorent les conditions de vie de personnes logeant depuis plusieurs années à Frank-Thomas, plutôt que d’améliorer celles des personnes en abris PCi.

Avec les habitant.e.s du foyer de Frank-Thomas, nous exigeons que les personnes en exil soient traitées en êtres humains et pas comme problèmes à gérer et qu’on leur propose des solutions de logement dignes.

Pas de fermeture de foyers tant qu’il y aura des bunkers !

Pour des conditions d’accueil et de vie dignes pour les personnes en exil !

Nous convions la population à les soutenir ces lundis et mardis 23 et 24 mai à 8 heures devant le foyer Frank-Thomas, heure annoncée par l’Hospice général pour leur évacuation, et lundi soir à 18 heures pour un banquet où chacun.e est invité.e à amener à boire et à manger.

Le Collectif Perce-frontières, contact : [email protected]




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