Depuis No Bunker et ses manifs énergiques jusqu’au mouvement de grève des maçon-nes et des fonctionnaires en passant par les conflits qui ont agité le paysage culturel genevois, (offrant au passage la plus belle décoration saisonnière que la facade du grand théatre ait jamais connue). Cette année, Genève l’aura vécue au fil de nombreux mouvements sociaux et contestataires.

On aura eu le plaisir de participer à des manifs de plus de 10’000 personnes, à un blocage massif du pont du mont-blanc, à des dizaines de manifs sauvages, dont une qui a laissé quelques traces et fait couler beaucoup d’encre. On a assisté à l’émergence d’un mouvement de migrant-es, s’opposant à l’hébergement en bunker, ou on a pu redécouvrir ou découvrir, les cantines quotidiennes, les assemblées en plein air, le frisson de l’occupation d’un bâtiment public et des manifs dansantes. Malgré la stratégie déprimante des syndicats des services publics lors des grèves de novembre, malgré la réaction frileuse d’une partie de la culture « alternative » genevoise aux jets de peinture du 19 décembre, on ne peut plus le nier, le vent se lève. Tous ces mouvements sont symptomatiques d’un réel mécontentement populaire et d’une nécessité urgente de bouleversement.

Nous sommes nombreux-ses à être de toutes ces manifs, nombreux-ses à vouloir soutenir les migrant-es emprisonné-es mais pas les policiers en grève. Nombreux-ses à ne pas avoir quitté la manif du 19 décembre lorsque les vitrines de quelques banques ont volé en éclats car ce n’est pas cette violence là qui nous dégoute. Dans ces différentes luttes, nous ne voyons pas seulement des individu-es qui défendent leurs propres intérêts. Même si des victoires partielles sont indispensables à la création d’une culture de lutte forte, elles ne représentent ni une fin en soi ni notre objectif. Nous luttons au quotidien pour la constitution d’une force.

Une force qui ne vise aucune conquète éléctorale et qui est capable de soutenir des luttes sociales de façon effective sans tenter de les récupérer.

Une force qui veut donner la parole aux premier-es concerné-es plutôt que de parler à leur place, car personne ne peut mieux parler d’une oppression que la personne qui la subit.

Une force qui prend parti pour les personnes qui sont au plus bas de l’échelle sociale.

Une force qui sait être invisible si il le faut car elle est un outil et pas une fin en soit.

Une force qui sait penser stratégiquement et qui adapate ses actions a la situations.

Une force qui ne se limite pas aux cadres légaux et institutionnels imposés par les grandes organisations, les syndicats et les partis.

Le 1er mai, journée de lutte des travailleuses et des travailleurs, est l’occasion de se rencontrer et de tisser des liens entre celles et ceux qui désirent construire cette force.

La lutte paie, rejoins le bloc révolutionnaire !