Chaque 9 novembre est l’occasion de se souvenir de la nécessité de se mobiliser et de se battre contre la montée de mouvements populistes et xénophobes.

S’il est important de faire de chaque 9 novembre un moment de rassemblement contre les dangers du fascisme et des mouvements d’extrême-droite, il faut également se souvenir de l’attitude des autorités avant et aux lendemains de la fusillade : armée déployée dans la ville, interdiction de rassemblement, suspension de la liberté de presse, arrestations… Tout avait été mis en place, non pour contrer l’avancée des forces d’extrême-droite mais pour restreindre les droits fondamentaux des victimes de la fusillade !

Aux lendemains de la fusillade du 9 novembre, devant la crainte d’une remise en cause de l’ordre établi, les autorités procèderont en Suisse à plus de 200 arrestations dans les milieux ouvriers. Des troupes seront de piquet dans les cantons de Genève, Vaud, Berne et Zürich. Les distributions de tracts et manifestations seront interdites dans la plupart des villes du pays. Les journaux ouvriers seront empêchés de publication, d’autres soumis à relecture.

Se rappeler ces événements, c’est se donner les moyens de comprendre dans quel contexte et pour quelles raisons les gouvernants d’aujourd’hui restreignent systématiquement nos droits fondamentaux à utiliser l’espace public, à contester des politiques autoritaires et anti-sociales.
De la répression des gilets jaunes en France, aux difficultés récentes à exercer notre droit de manifester en lien avec la nouvelle Loi cantonale sur les manifestations (LMDPu), des décrets de l’ancien ministre de l’intérieur Salvini contre les navires venant en aide aux migrant·e·s, aux émoluments demandés à Solidarité Tattes pour la marche en mémoire du jeune mineur non accompagné qui s’est suicidé l’été dernier, il y a une continuité certaine.

Ces volontés d’empêcher et de réprimer toute résistance à un ordre social fondamentalement injuste et destructeur nourrissent et vont de pair avec un développement des mouvements populistes quand bien même nos autorités prétendent parfois combattre la montée de ces forces.

Fidèles aux valeurs qui ont porté les manifestants du 9 novembre 1932, nous réaffirmerons le 9 novembre 2019 que la réponse aux mouvements populistes ne saurait se donner sans conquérir de nouveaux droits pour toutes et tous, quitte pour cela à bouleverser un ordre économique qui nous mène à la ruine et nous prive d’avenir, quitte pour cela à devoir faire face à des autorités souhaitant réduire au silence toute contestation sociale.

Face à la précarisation des conditions de travail, les travailleur·euse·s ont besoin de plus de droits (pour protéger leurs salaires, pour empêcher des licenciements,…). Les propositions de l’UDC, localement du MCG, visant à donner une priorité à l’embauche de travailleur·euse·s suisses/résident·e·s n’offrent aucun droit au monde du travail, elles divisent les travailleur·euse·s entre suisses et étranger·ère·s et renvoient la responsabilité de la sous-enchère salariale des patrons aux travailleur·euse·s. La libre circulation doit être un droit de tout être humain, pas une condition d’exploitation au service d’entreprises n’ayant aucune limite à l’accumulation de leurs profits.

S’il existe un lien unissant la politique migratoire de Salvini à la politique économique de Macron en passant par celle de nos autorités, il est de notre devoir de créer une opposition reliant mouvements pour la justice climatique, organisations du monde du travail, organisations d’aide aux migrant·e·s, mouvements antifascistes et partis politiques pour créer une alternative face à ce monde en crise.

Texte et chronologie des évènements :

Genève : 9 novembre 1932 – Rassemblement et commémoration

Article publié le 09 Nov 2019 sur Lahorde.samizdat.net