Un camarade du Collectif a récemment eu la chance de passer au Loco Local, un espace social autogéré situé dans la ville de Bonaventure, dans la baie des Chaleurs, en Gaspésie. Il s’agit de l’un des seuls espaces de ce type à subsister dans cette région et cela en fait un lieu important de rassemblement et de socialisation pour les milieux alternatifs du secteur. Le local n’est pas toujours ouvert. Par chance, lors de mon passage, un sympathique participant venait y faire un tour. L’endroit est très vaste et comprend une cuisine, un coin bibliothèque « La Page pourpre », une aire de rassemblement et un coin pour la vente en libre-service de produits ménagers écologiques en vrac. Le fonctionnement est assuré par un bassin de personnes qui se maintient bien dans le temps après plus de 4 ans d’existence et malgré un coût de location du local qui demeure assez élevé. Tel que nous l’avons expérimenté localement avec la défunte Espace social libre à Chicoutimi (2016-2017), la pérennisation de ces projets autogérés demeure un défi de tout instant – un défi qui apparaît particulièrement difficile dans nos contextes de région périphérique (nous avions dressé un petit bilan de notre expérience locale). Le Loco Local fonctionne par autofinancement grâce aux contributions volontaires des membres, à la location du local à d’autres organismes et par la vente des produits ménagers écologiques en vrac.

La bibliothèque La Page pourpre, qui se désigne comme féministe, trans, queer et inclusive, est un nouveau projet qui a été lancé le 3 avril, cette année. C’est un espace en dehors des codes normatifs pour discuter et lire et il est possible d’emprunter des livres portant notamment sur le féminisme, le queer, l’anarchisme, l’intersectionnalité et les luttes sociales. Des permanences à la bibliothèque ont cet été lieu les mercredis soir à partir de 18h. Vous pouvez contacter la bibliothèque via courriel à l’adresse [email protected]. Comme nous le relevions dans notre dernier bulletin régional Le Pic-Bois, consacré à la L.G.B.T.Q.phobie, malgré certaines avancées, l’oppression est persistante et demeure très vive pour les personnes. Des personnes genderqueer et non binaires de la Gaspésie (respectivement à Chandler et dans la baie des Chaleurs) en témoignaient dans deux entrevues réalisées dans les dernières années (voir ici et ici). La réflexion intersectionnelle nous appelle à abattre l’ensemble des systèmes d’oppression. Une telle bibliothèque offre un lieu essentiel pour permettre aux personnes LGBTQ+ de se rencontrer, discuter, se réseauter et s’auto-organiser avec les complices jugé-e-s pertinent-e-s. Face aux agressions, au harcèlement, aux discriminations et à l’invisibilisation que nous observons dans notre région, nous ne pouvons qu’espérer que ces lieux se multiplient et tendre solidairement la main pour offrir du soutien à leurs activités.
 

Salut aux autogéré-e-s du coin de Bonaventure! (je vous ai laissé des copies de notre dernier journal Cause Commune Express portant sur la lutte pour le Fjord du Saguenay).

Alan


Article publié le 22 Juil 2019 sur Ucl-saguenay.blogspot.com